• Lettre A
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  • Ascite

    Collection liquidienne dans l’abdomen*, dans l’espace entouré par le péritoine*. Elle se distingue de l’hémopéritoine (épanchement de sang) qui peut aussi survenir au cours de l’évolution d’un cancer. La survenue d’une ascite dépend de plusieurs causes. La greffe* de cellules* cancéreuses sur le péritoine aboutit à de véritables masses tumorales d’où s’échappe un liquide riche en protéines* qui contient des cellules cancéreuses. La tumeur peut être péritonéale primitive (mésothéliome*) ou siéger au niveau d’un autre organe abdominal ou du bassin* (tumeur de l’ovaire*). Elle peut aussi correspondre à la généralisation d’une tumeur située ailleurs (cancer du sein*, mélanome*). Ayant le plus souvent l’aspect de sérum*, l’ascite est gélatineuse en cas de tumeurs mucoïdes. Dans d’autres cas, l’ascite résulte de compressions vasculaires : celle des vaisseaux du foie par des métastases* hépatiques engendrent une hypertension portale et un tableau similaire à celui d’une cirrhose* (liquide pauvre en protéines et sans cellules malignes*) ; la compression des vaisseaux lymphatiques rétropéritonéaux ou abdominaux aboutit à l’extravasation* de la lymphe qui filtre hors des vaisseaux et se collecte dans l’abdomen (ascite chyleuse, d’aspect laiteux, riche en graisses et sans cellules malignes). Une ascite constitue généralement un facteur de mauvais pronostic* au cours de l’évolution tumorale. Le traitement dépend de la nature de la tumeur en cause et de son mécanisme d’apparition. René Brunet

  • Asparaginase

    Ce médicament* anticancéreux est une enzyme*, extraite du colibacille (Escherichia coli), qui détruit l’asparagine, acide* aminé indispensable à la fabrication des protéines* nécessaires à la vie cellulaire. Certaines cellules* leucémiques ne pouvant fabriquer elles-mêmes leur asparagine, l’asparaginase les prive de ce constituant, ce qui entraîne leur mort. Lorsqu’elle est isolée en 1963 à partir de sérum de cobaye*, qui a un effet antileucémique chez la souris*, on croit détenir un produit spécifique de cellules cancéreuses, mais cet espoir ne sera pas confirmé. Le mode d’action de l’asparaginase reste cependant original et il n’y a pas de chimiorésistance* croisée avec d’autres médicaments cytotoxiques*. Elle s’administre par voie veineuse, à la dose* de 8 000 à 35 000 unités par m² et par jour pendant 3 à 20 jours ou une fois par semaine. Elle a une toxicité digestive (vomissements*), hépatique (diminuant la synthèse du fibrinogène* dans le foie* et exposant à des hémorragies*) et pancréatique (augmentation du sucre sanguin ou glycémie), ce qui justifie une surveillance attentive. Elle détermine aussi de la somnolence* et, dans un quart des cas, des réactions allergiques* liées à sa source, le colibacille : on peut alors lui substituer une forme d’enzyme produite par une autre bactérie, Erwinia, avec la même efficacité. L’asparaginase n’est utilisée que pour le traitement de cancers des lymphocytes*, leucémie* ou lymphomes* lymphoblastiques. Jacques Chauvergne

  • Aspergillose, aspergillus

    Voir Champignons*.

  • Aspirine

    (Acide acétylsalicylique). C’est la principale des substances salicylées initialement isolées à partir de l’écorce de saule. Suivant des conceptions anciennes, cet arbre, qui pousse au voisinage des cours d’eau et des marécages, était supposé contenir le remède aux fièvres des marais. Découverte à la fin du xixe siècle, l’aspirine est un des premiers médicaments* de la thérapeutique moderne et elle reste l’un des plus utiles et des plus utilisés. Elle agit contre inflammation*, fièvre*, douleur* et contre l’agrégation des plaquettes* qui jouent un rôle dans la coagulation* du sang*. Ces propriétés expliquent son utilisation en cancérologie. Son action anti-inflammatoire réduit les réactions qui environnent une tumeur et entraînent fièvre et douleur. Parmi les traitements antalgiques*, l’aspirine représente le premier degré d’efficacité : elle suffit à soulager la moitié des douleurs observées chez les cancéreux. Une dernière indication de l’aspirine est apparue récemment : des personnes prenant régulièrement de l’aspirine pour diverses raisons, notamment cardio-vasculaires, décèdent moins souvent d’un cancer du côlon*. Cette diminution paraît due à la fois à une moindre fréquence de ces tumeurs (incidence* réduite) et à leur évolution plus favorable quand elles surviennent. De petites doses quotidiennes d’aspirine diminuent aussi l’apparition d’adénomes du côlon et du rectum chez des malades ayant déjà eu un cancer colorectal ou chez des patients jusque-là indemnes. Elles pourraient aussi diminuer le risque d’apparition d’un cancer du sein*. Faites chez plusieurs centaines de milliers d’Américains, ces observations demandent à être précisées, confirmées et, si possible, expliquées. L’importante activité de l’aspirine a pour contrepartie des effets toxiques qui ne sont ni rares ni négligeables. Certaines personnes présentent des troubles digestifs : brûlures d’estomac ou malaises vagues liés à l’alimentation. Ils sont en rapport avec une irritation de l’estomac* (gastrite) ou des ulcères* digestifs susceptibles de saigner. Ce risque d’hémorragie* est d’autant plus marqué que l’aspirine favorise les saignements. Aussi faut-il être prudent s’il existe d’autres risques d’hémorragie (diminution des plaquettes*), à plus forte raison si de petits saignements se manifestent. Enfin certaines personnes présentent des réactions allergiques* à l’aspirine. Bernard Hœrni

  • Assistante sociale

    Voir Travailleur* social.

  • Association d'anciens malades

    L’importance sociale des cancers, fléau* des temps modernes, a suscité, depuis le xixe siècle (voir Calvaire*) et surtout le début du xxe, des mouvements d’entraide qui ont été à l’origine de la Ligue* contre le cancer et du développement de l’activité des bénévoles* pour une aide* mutuelle. Cette tendance a aussi déterminé la constitution d’associations de malades. En France les principales regroupent les femmes opérées pour un cancer du sein* (Vivre* comme avant), les patients mutilés de la voix ayant eu une ablation du larynx* (laryngectomisés*) et ceux qui présentent un orifice artificiel (stomie*) à la suite de différentes amputations* d’organes digestifs ou urinaires (stomisés*). D’autres groupes rassemblent d’anciens cancéreux atteints d’une autre sorte de tumeur ou, dans le cadre d’une région, les malades guéris d’un cancer quel qu’il soit ou leurs familles. Ces associations se sont développées à la suite de besoins sociaux ou d’initiatives individuelles, mais elles ont des intérêts communs et leurs actions sont coordonnées, notamment par la Ligue contre le cancer, pour accroître leur efficacité. Leur premier objectif a été d’offrir une aide à de nouveaux malades en faisant intervenir des personnes ayant connu la même épreuve, l’ayant surmontée et apportant un témoignage vécu de grande valeur. Un tel témoignage* peut aider les patients dans leur décision*, avant d’accepter une opération mutilante, les motiver ensuite et les encourager pour leur réadaptation*, leur donner des renseignements pratiques. Ces interventions se font en accord et en liaison avec les médecins et autres soignants, mais indépendamment. Les associations d’anciens malades interviennent aussi pour défendre les droits de personnes ayant un handicap à la suite du traitement, dans leur travail ou pour le remboursement de prothèses* ou de petits matériels utiles aux soins d’hygiène. Déterminants dans la vie de tous les jours, ces accessoires sont régulièrement inscrits au Tarif interministériel des prestations sanitaires (TIPS) qui fixe leur prix et les conditions de leur remboursement par les caisses de Sécurité* sociale et autres organismes d’assurances*. L’action des associations est importante pour améliorer la qualité de prothèses, d’appareils, de poches de stomies et d’autres dispositifs qui contribuent au confort quotidien et à la qualité* de vie de cancéreux guéris. Elles peuvent aussi intervenir, parfois de manière déterminante, par une influence politique (lobbying) ou dans les médias. Jean Martin

  • Association française pour l’étude du cancer

    Voir Société* française du cancer.

  • Association pour la recherche sur le cancer

    Voir ARC*.

  • Associations thérapeutiques

    Pour la plupart des cancers il n’y a pas de traitement simple et anodin qui guérisse tous les malades. Les traitements anticancéreux sont agressifs, à la mesure de la virulence des maladies correspondantes, et leur efficacité est incomplète et inconstante. Cela conduit à associer plusieurs moyens thérapeutiques pour traiter un cancer, en offrant au malade le maximum de chances de guérison* et en l’exposant au minimum de toxicité*. Les inconvénients de l’évolution spontanée de la tumeur sont à confronter aux avantages et aux inconvénients des traitements pour fixer une politique dite « du risque calculé ». Cela revient à accroître ce qu’on appelle l’index thérapeutique, c’est-à-dire l’écart entre l’efficacité la plus grande et la toxicité la plus faible. Cet écart n’est jamais très important en cancérologie et les associations de traitements contribuent à l’élargir. Selon le cancer traité, l’objectif d’une telle association est donc d’accroître l’efficacité et d’améliorer les résultats pour un cancer au pronostic* médiocre ou de réduire la toxicité pour diminuer les désagréments d’un malade qui a beaucoup de chances de guérir. Ces deux objectifs sont souvent associés. Le principe des associations est de concentrer l’action des traitements sur le cancer et de disperser la toxicité sur différents tissus sensibles de l’organisme, pour la rendre plus tolérable et éviter qu’elle n’atteigne un seuil critique sur un tissu* donné. Ainsi va-t-on associer, en chimiothérapie* anticancéreuse, trois médicaments*, tous les trois actifs sur la tumeur traitée, mais l’un toxique pour les cellules* sanguines, l’autre pour la muqueuse digestive, le troisième pour la peau* : on obtient ainsi le maximum d’effet antitumoral tout en n’imposant au malade que des effets secondaires, certes gênants, mais tolérables. Ces associations reposent sur la distinction de traitements à action locale, dans le territoire envahi par le cancer, et de traitements à action générale, dans l’ensemble du corps. Les traitements locaux sont la chirurgie* et la radiothérapie*, les traitements généraux la chimiothérapie*, l’hormonothérapie* et les biothérapies*. Si un cancer est localisé, son traitement ne nécessite que des moyens à action locale. Il peut cependant bénéficier d’une association de chirurgie et de radiothérapie, pour réduire la toxicité ou les séquelles : une irradiation peut, en précédant ou en suivant une opération, lui permettre d’être moins étendue, moins mutilante ; de même une opération complémentaire permet de réduire l’importance d’une radiothérapie qui n’aurait guéri seule la tumeur qu’au prix de doses* de rayons et de complications élevées. Par exemple, un petit cancer du sein* peut être traité, avec le même résultat vital, par une ablation* du sein ou par un excision limitée de la tumeur suivie d’une irradiation du sein laissé en place. D’autres associations se complètent, par exemple pour un cancer de la langue* ou de la gorge*, en dirigeant la chirurgie sur la tumeur muqueuse primitive* et la radiothérapie sur les ganglions* voisins ou l’inverse, selon le siège et l’étendue du cancer. On associe parfois deux modes de radiothérapie : une curiethérapie* au sein ou au contact de la tumeur et une radiothérapie externe. Quand un cancer est généralisé, il justifie un traitement général. Pour un cancer sensible aux hormones comme celui du sein, l’association de chimiothérapie et d’hormonothérapie, simultanément ou successivement, renforce l’effet. Mais un cancer peut avoir dès le moment du diagnostic une double composante, une tumeur primitive et des métastases* : la première justifie un traitement local, les autres un traitement général. L’expérience acquise au cours des dernières décennies dans le traitement des cancers a conduit les équipes cancérologiques à mettre au point des protocoles* qui précisent les conditions optimales de ces associations, après confrontation des résultats à l’échelle internationale. Ces protocoles sont des guides qui donnent aux médecins les meilleurs repères pour déterminer le traitement optimal d’un patient, compte tenu de ses caractères particuliers et de ceux de son cancer. Ils aident à prendre une décision* en apportant au malade l’information* qui lui permet d’exprimer son consentement* éclairé. Une association thérapeutique n’est pas toujours nécessaire. Des petits cancers guérissent très bien avec un seul traitement, chirurgie ou radiothérapie, qui reste modéré, est bien supporté et laisse des traces minimes. Le déroulement du traitement et d’une association peut être nuancé avec le temps : l’application d’un deuxième traitement dépend des effets observés à la suite du premier ; la réponse du cancer peut être moins bonne ou au contraire meilleure que prévu ; le malade peut avoir mieux ou plus mal supporté le premier traitement ; dans tous les cas, la réalisation du deuxième et éventuellement d’un troisième traitement dépend des conditions observées à l’issue du premier temps. Bernard Hœrni

  • Assurances

    Un cancéreux traité rencontre des difficultés pour contracter une assurance, s’il souhaite emprunter pour acheter un logement ou pour organiser sa vie professionnelle : tout emprunt est assorti d’une assurance décès temporaire souvent couplée avec une assurance invalidité, celle-ci sous-traitée par l’organisme bancaire auprès d’une compagnie d’assurances. Lorsqu’une personne a eu un cancer, elle entre dans une catégorie dite de risque aggravé. Beaucoup de patients, à qui l’on a déclaré qu’ils étaient guéris*, sont surpris de la réponse des assureurs à leur égard. La Ligue* contre le cancer, alertée par des cas individuels et des études médicales, avait constaté, au début des années 1980, des variations dans les réponses des assureurs vis-à-vis de demandeurs entrant dans la catégorie des risques aggravés : des cancéreux guéris depuis de nombreuses années étaient refusés, d’autres plus atteints étaient acceptés. La situation a évolué favorablement grâce à une collaboration entre les compagnies d’assurance et la Ligue (voir infra). Tout dossier d’assurance demande au contractant de remplir un questionnaire médical, sans rien cacher (l’enquête de santé comprend souvent un questionnaire général donné par la banque puis un questionnaire plus détaillé). Toute omission ou inexactitude volontaire entraîne la nullité du contrat (art. L. 113-8 du code des assurances). Si les réponses sont imprécises, la personne risque de se voir refusée par un assureur qui ne veut pas courir de risque. La personne ne peut déléguer à son médecin la réponse à faire au médecin d’assurances. Le patient doit donc transmettre lui-même au médecin d’assurances les éléments de son dossier médical qui lui sont demandés. Le patient peut obtenir son dossier médical auprès de son médecin (loi du 4 mars 2002). Si une visite médicale est demandée, quand la somme empruntée est élevée, il est conseillé au patient de se munir de l’ensemble de son dossier*. Au terme du bilan médical, le médecin de la compagnie d’assurance transmettra aux services de tarification les éléments et son appréciation du risque, à l’exclusion de toute information médicale confidentielle. Le risque dépend de l’âge*, de l’état cancérologique, du pronostic* du cancer, des autres maladies, des séquelles du traitement et surtout du délai écoulé, car le risque lié au cancer diminue avec le temps. Quatre réponses sont alors possibles : 1) un refus justifié par un cancer évolué ou dont le traitement vient à peine de se terminer (lorsque pour des raisons humanitaires, le médecin a déclaré « guéri » un patient à haut risque métastatique, ce dernier ne comprendra pas le refus de l’assureur) ; 2) l’ajournement : l’assureur demande un délai de six mois à quelques années, laps de temps difficilement compréhensible par l’ancien malade à qui l’on a déclaré qu’il était guéri et qui souhaite réaliser rapidement ses projets ; 3) une acceptation avec surprime (100 à 400 %) qui tient compte des risques (le demandeur est alors libre d’accepter ou de refuser) ; 4) une acceptation sans surprime, après un délai suffisant entre la fin du traitement et la demande d’assurance. Les médecins-chefs des grandes compagnies d’assurances possèdent les statistiques récentes de survie* et tiennent compte de cas particuliers. D’après une grande compagnie de réassurance, le taux d’acceptation a été de 85 % chez les femmes et 76 % chez les hommes entre 1967 et 1981. Beaucoup de dossiers ont été refusés faute de renseignements complémentaires. Il est conseillé à la personne qui désire s’assurer de veiller à ce que son dossier soit examiné par le médecin-chef de la compagnie d’assurances, parfois plus sensibilisé à ce problème qu’un autre médecin. En cas d’ajournement, le patient peut soumettre à nouveau son dossier après un certain délai. Le patient peut demander que l’assurance qu’il demande soit couverte par une assurance de Groupe qu’il aurait souscrite. Si l’assurance n’est pas possible immédiatement, le patient peut demander qu’une assurance soit contractée par son conjoint*. Il est rare que l’assurance couvre le risque d’invalidité temporaire. Une convention (dite « Belorgey ») a été signée en 2001 entre la Ligue, d’autres associations, des assurances, des banquiers et les Ministères de la Santé et des Finances. Elle couvre le risque de décès (et non pas l’invalidité) des personnes présentant un risque aggravé. Elle permet pour une assurance des prêts au logement et des prêts professionnels (jusqu’à 200 000 euros, d’une durée d’au plus 12 ans, souscrits au plus tard à 60 ans), un examen individualisé de la demande dite de 2ème niveau. Pour l’assurance des prêts à la consommation affectés (jusqu’à 10 000 euros, durée inférieure ou égale à 4 ans, au plus tard à 45 ans, sans cumul), l’acceptation devrait être facilitée. Certains de ces chiffres seront probablement réévalués prochainement. Le Plan* Cancer et la Ligue Nationale contre le Cancer s’efforce d’améliorer l’accès des patients et de leur famille à l’assurance. Simon Schraub

  • Asthénie

    État d’affaiblissement des activités physiques, sexuelles ou psychiques, l’asthénie est spontanée et se distingue en cela de la fatigue* à laquelle elle peut succéder. Elle s’observe fréquemment chez un cancéreux, à cause de l’évolution tumorale ou des traitements. Son évolution dépend du contrôle du cancer, mais elle n’a pas de valeur pronostique* : une grande asthénie peut accompagner un traitement éprouvant et persister quelques semaines après sa fin chez un malade guéri, tandis que d’autres personnes gardent une activité substantielle malgré une tumeur parvenue à un stade* avancé. Elle est peu influencée par différents médicaments* dits « anti-asthéniants » qui agissent le plus souvent comme un placebo* (substance inerte qui a une action purement psychologique). Elle peut être temporairement améliorée par une cure brève de corticoïdes*. Quand l’évolution du cancer est favorable, elle régresse spontanément avec le temps et la réadaptation*. Bernard Hœrni

  • Astrocytome

    Tumeur du système* nerveux central qui entre dans le cadre des gliomes* ou tumeurs gliales, de grade* I et II, en principe bénigne* ou peu maligne*, souvent de pronostic* indéterminé. Les astrocytomes s’observent chez des sujets dont l’âge moyen est 40 ans. Ils se présentent comme des formations gris bleuâtre assez fermes, au sein de la substance blanche du cerveau*, affleurant souvent à sa surface. Les formes kystiques sont fréquentes. Une fois sur deux la tumeur est révélée par une épilepsie (crise comitiale), généralisée ou plus souvent localisée, dont les symptômes* particuliers évoquent l’irritation de telle ou telle structure cérébrale. Naguère ces crises se reproduisaient, plus ou moins contrôlées par des médicaments*, pendant des années, parfois des dizaines d’années, ces tumeurs pouvant évoluer lentement. Aujourd’hui une telle crise conduit aussitôt à faire une scanographie* et surtout un examen IRM* sur lequel l’astrocytome apparaît comme une zone plus ou moins nettement définie, moins dense (plus noire) que le tissu cérébral voisin. Le premier traitement est chirurgical. Les techniques opératoires d’aujourd’hui permettent d’aborder ces lésions dans des zones très actives (fonctionnellement) du cerveau et même au niveau du tronc cérébral. Certains astrocytomes sont parfaitement limités sur tout leur pourtour, ce qui se reconnaît facilement à l’intervention : leur ablation* (exérèse) est suivie d’une guérison* définitive ; c’est le cas des astrocytomes du cervelet chez l’enfant* ou le jeune. À l’opposé, on rencontre des astrocytomes des hémisphères cérébraux sans limite définie, les cellules* néoplasiques infiltrant sur plusieurs centimètres la substance blanche de vastes régions de l’encéphale : l’exérèse complète est alors impossible car elle exposerait à des séquelles fonctionnelles inacceptables. Dans ce cas, une radiothérapie* est en général appliquée. Cependant la radiosensibilité* de ces tumeurs est peu différente de celle du tissu* normal et, chez ces sujets qui peuvent espérer vivre longtemps, la radiothérapie* expose aux conséquences à long terme des rayonnements*. Aussi, même dans des cas non opérables, on préfère parfois surveiller l’évolution, sans traitement complémentaire spécifique. Le pronostic* des astrocytomes de bas grade reste médiocre pour des lésions histologiquement bénignes, la moitié seulement des malades vivant encore après 10 à 12 ans (médiane de survie*). Les astrocytomes de grade III, dits anaplasiques*, ont des caractères histologiques, cliniques et pronostiques intermédiaires entre ceux de l’astrocytome de faible malignité (grade I et II) et ceux des glioblastomes*. François Cohadon

  • Ataxie-télangiectasie

    Maladie génétique* très rare, décrite par Madame Louis-Bar en 1941 (on parle aussi de syndrome* de Louis-Bar), qui favorise les cancers. Elle est à transmission autosomique récessive, c’est-à-dire indépendante du sexe et devant être transmise par les deux parents pour s’exprimer. Elle est caractérisée par un déficit immunitaire, des petites varices (télangiectasies) sur le visage et des troubles de l’équilibre (ataxie) liées à des lésions du cervelet. Elle prédispose les sujets atteints à l’apparition de cancers touchant principalement des lymphocytes* (leucémies* aiguës et lymphomes*), et leur famille à des cancers du sein*. Elle est liée à un défaut de réparation* de l’ADN* qui corrige normalement des lésions minimes provoquées par les radiations*. Bernard Hœrni

  • ATLV

    Voir HTLV*.

  • Auto-examen

    C’est l’examen, par un patient lui-même, d’une partie du corps, malade ou susceptible de l’être. L’auto-examen a été surtout prôné pour le dépistage* des cancers du sein*. Comme ce cancer est le plus souvent découvert par la malade elle-même, sous forme d’une tumeur* dans un sein, et comme son traitement est plus simple et son évolution plus favorable s’il est reconnu tôt, la logique a fait proposer aux femmes d’examiner régulièrement leurs seins pour y chercher une anomalie pouvant correspondre à un cancer débutant. Mais l’expérience n’a pas démontré sa valeur et il n’est plus recommandé. La technique de cet auto-examen est bien codifiée. Il doit se faire une fois par mois, à la fin des règles* quand les seins sont moins tendus que pendant la deuxième partie du cycle* menstruel, ou à date fixe après la ménopause*. Il doit être appris, de préférence avec un médecin qui guide la femme et vérifie une fois par an qu’elle s’examine correctement. Cet apprentissage doit être précoce, même si la fréquence des cancers du sein augmente avec l’âge, pour profiter des dispositions à apprendre plus grandes dans le jeune âge et pour banaliser une pratique utile. Bien fait, l’auto-examen était censé découvrir de petites tumeurs, éviter d’amputer le sein et améliorer le pronostic des cancers ainsi découverts. Cependant, cet auto-examen est rarement régulier et durable, pour des raisons pratiques et surtout psychologiques. Beaucoup de femmes, même éduquées, hésitent à faire des gestes susceptibles de leur révéler qu’elles ont un cancer. Cependant, une étude randomisée* faite chez plus de 250 000 femmes à Shangai, de même qu’une vingtaine d’autres séries d’observation ou comparatives n’ont montré aucun avantage pour cette pratique qui semble même augmenter le nombre de biopsies inutiles. Les femmes ayant appris à s’examiner doivent en être informées. On a également proposé un auto-examen des testicules*, mais les cancers correspondants sont trop rares pour justifier un tel dépistage. D’autres examens, inopportuns, sont le fait de personnes cancérophobes*. Beaucoup de malades atteints d’un cancer apprennent eux-mêmes à examiner une partie de leur corps touchée par une tumeur pour y déceler de nouvelles modifications. Cet examen traduit souvent leur anxiété*, mais il peut être utile pour découvrir précocement une nouvelle manifestation de la maladie et la traiter de façon plus favorable. Bernard Hœrni