• Lettre A
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  • Acide folique

    C’est l’une des vitamines* B, apportée dans l’alimentation par les végétaux verts et le foie des animaux. Il joue un rôle-clé dans les reproductions cellulaires au niveau d’enzymes-cibles de certains médicaments* anticancéreux. Il est transformé en une forme active, l’acide folinique, grâce à une enzyme*, la dihydrofolate réductase (DHFR). L’acide folinique active une autre enzyme, la thymidylate synthétase, qui assure la production de thymine, base* azotée indispensable à l’ADN*. Des médicaments anticancéreux comme le méthotrexate* sont des antifolates : en inhibant la DHFR, ils empêchent l’acide folique de se transformer en sa forme active. D’autres antifolates, comme le raltitrexed, sont des inhibiteurs de la thymidylate synthétase et s’opposent également à la formation de thymine. Dans les deux cas, la cellule se trouve privée de cette base azotée, matériau essentiel à la fabrication de son ADN, et ne peut plus se multiplier. Jacques Robert

  • Acide homovanillique

    (HVA). Dérivé de la dopamine, hormone* des glandes surrénales*, également produite* par les cellules* d’un cancer de l’enfant*, le neuroblastome*. Pour cette tumeur, c’est un marqueur* que l’on dose dans les urines et qui contribue au diagnostic* et à la surveillance* pendant et après le traitement.

  • Acide nucléique

    Voir ADN* et ARN*.

  • Acide ribonucléique

    Voir ARN*.

  • Acide vanylmandélique

    (VMA). Dérivé des catécholamines normalement produites par les glandes* surrénales*. Il est aussi produit par les cellules du neuroblastome*, tumeur maligne* développée chez l’enfant* à partir de tissus* voisins. Il est présent dans les urines où on peut le doser, comme un marqueur*, pour le diagnostic* de cette tumeur, puis pour surveiller les effets du traitement et l’évolution ultérieure. L’acide vanylmandélique est parfois augmenté en cas de phéochromocytome*, tumeur surrénalienne de l’adulte. Nguyen Binh Bui

  • Actinomycine D

    Voir Dactinomycine*.

  • Acupuncture

    Venant de la médecine chinoise ancienne, cette méthode a une place encore discutée en Occident et mal précisée dans le traitement des cancéreux. Consistant à piquer avec de fines aiguilles stériles certains points de la surface du corps, situés le long de « méridiens » censés conduire un « flux énergétique », l’acupuncture a été proposée pour contrôler les douleurs* ou les nausées* et vomissements*. Ses effets ont été insuffisamment évalués et ses indications sont controversées.

    Bernard Hœrni

  • Acutisation

    Voir Transformation* aiguë.

  • Adamantinome

    L’adamantinome, ou améloblastome (ancien épithélioma* adamantin), est une tumeur née du revêtement (épithélium*) embryonnaire de la gencive. Il reproduit l’organe de l’émail des dents*. Dans 90 % des cas, il se développe sur la mandibule (maxillaire inférieur, Figure in Ganglions*), le plus souvent sur sa portion horizontale, en avant de l’angle de la mâchoire. Il se révèle par une irrégularité de la gencive (soufflure) que découvre le patient lui-même ou un dentiste à l’occasion de soins dentaires, à la suite d’une extraction qui ne cicatrise pas ou par radiographie*. L’image radiologique est une opacité bosselée à centre clair, parfois avec de multiples kystes*. Cette tumeur évolue lentement. Elle s’étend sur place (malignité* locale) et donne exceptionnellement des métastases* à distance. Le traitement est chirurgical : la résection osseuse large corrigée par greffe* osseuse immédiate donne un bon résultat fonctionnel et esthétique. La radiothérapie* n’est plus utilisée. Jacques Brugère

  • Adaptation

    L’adaptation du patient et de sa famille* (ou de son milieu) à la maladie cancéreuse est un domaine de recherches privilégié et controversé, depuis de nombreuses années, en oncologie* psychosociale (science qui étudie les aspects psychologiques et sociaux des cancers). En effet, si la situation psychologique, médicale et sociale de chaque patient est unique, un cadre de référence global est nécessaire pour comparer entre elles les réactions et les expériences des malades. Que ce soit au moment du diagnostic*, durant les traitements*, lors d’une récidive* ou à un stade* plus avancé de la maladie, il existe des moments-clés où l’intervention des soignants peut renforcer ou au contraire affaiblir un mécanisme adaptatif. Il est donc utile d’avoir un modèle, rendant compte d’un processus dynamique : l’adaptation – ou le coping* pour les Anglo-Saxons – est un rééquilibrage permanent de la personne, en réponse aux événements et aux stress* imposés par la maladie ou ses conséquences. L’objectif est de définir : 1) les réponses adaptatives « normales » qui aident à supporter une maladie grave et ses traitements ; 2) l’origine des mauvaises réponses ; 3) les interventions psychosociales préventives utiles à chaque étape, pour améliorer le coping et corriger les adaptations erronées. Si on détermine à quel modèle un individu ou un système familial se réfère, et l’impasse ou la mauvaise adaptation dans laquelle il se trouve, on peut réorienter le malade sur une piste plus adéquate, en fonction des circonstances et des comportements de l’être humain en général. Les écoles qui se sont penchées sur ce problème ont divers modes d’approche : enquêtes de terrain, questionnaires d’évaluation, études de cas… Issues d’horizons différents (psychanalyse*, psychologie* cognitive, approche systémique), elles cherchent toutes à développer une théorie des attitudes de l’être humain à l’égard de la maladie. L’adaptation est un phénomène complexe, multidimensionnel, composé à la fois d’éléments intrapsychiques inconscients (les mécanismes de défense du MOI), cognitifs conscients (centrés sur une tâche à accomplir, la recherche de solutions à des problèmes spécifiques), enfin relationnels (utilisation du « réseau social » des soignants et des proches, pour renforcer la personne menacée par le cancer). Selon Lazarus, le coping est ainsi un processus émotionnel, cognitif, comportemental et relationnel, qui tend à maîtriser ou à élaborer les épreuves, présentes ou à venir, liées à la maladie. La réaction à toute maladie se fonde d’abord sur le modèle que l’individu a de l’affection (la théorie subjective de la maladie), c’est-à-dire le résumé de toutes les expériences, et de toutes les représentations, qui correspondent à un vécu personnel ou socio-culturel. Elle dépend aussi du stade* de la maladie, des circonstances (prises en charge ambulatoires*, hospitalières, situations familiales, professionnelles ou financières) et des ressources personnelles (caractéristiques de la personnalité, contexte social). Tout cet édifice est un équilibre entre les mécanismes classiques de défense* (déni, négation*, évitement, suppression ou rationalisation) et un besoin de maîtrise plus conscient, orienté sur les ressources disponibles, pour valoriser un projet (compréhension, action, collaboration, etc.), celui de faire que les choses se passent le mieux possible. Il existe, à l’heure actuelle, une volonté commune aux associations* de patients et aux organismes de santé* publique, de favoriser la prise de pouvoir du patient aux différents niveaux de sa prise en charge. Il s’agit du concept de capacitation (empowerment), terme hérité de la militance féministe et qui suggère une attitude moins passive dans la relation médecin-malade. Si cette attitude garantit un plus grand sentiment de contrôle, elle peut d’un autre côté produire un excès de responsabilité* qui peut être source d’anxiété. Ce modèle intégré résume donc deux tâches contradictoires pour le patient. D’une part, il s’agit de maintenir l’équilibre émotionnel (le sentiment de sécurité intérieure), en contenant l’angoisse (anxiété*) et les images parfois obsédantes (de mort*, de perte et de séparation) qui menacent son intégrité. D’autre part, cela doit permettre d’avoir l’esprit aussi clair que possible afin de développer, avec l’aide des autres, les ressources nécessaires pour affronter la situation présente ou l’avenir. Voir aussi Ajustement* Patrice Guex

  • Adénectomie

    Intervention chirurgicale limitée qui consiste à enlever un ganglion* lymphatique. Elle se distingue de l’évidement* ganglionnaire qui enlève un ou plusieurs groupes de ganglions. L’adénectomie est une biopsie* permettant l’examen anatomo-pathologique* du ganglion et le diagnostic*.

  • Adéno-

    (du gr. adên, glande). Cette racine qui entre dans la constitution de nombreux termes médicaux a deux significations : elle désigne soit une glande*, à sécrétion* externe ou interne, soit un ganglion* lymphatique, longtemps considéré comme une « glande ».

  • Adénocancer

    Ce terme peu utilisé désigne un cancer ou carcinome*, développé à partir du revêtement ou épithélium* d’une glande*, qui est dit bien différencié* parce qu’il reproduit de près le tissu glandulaire d’origine.

  • Adénocarcinome

    C’est un cancer ou carcinome* développé à partir du revêtement ou épithélium* d’une glande*. L’adénocarcinome se distingue du carcinome pavimenteux développé à partir d’un épithélium du même nom. Un adénocarcinome peut être bien ou peu différencié* selon qu’il reproduit de près ou de loin le tissu* glandulaire d’origine. Les adénocarcinomes les plus fréquents correspondent à des muqueuses* (tube digestif*) et à des glandes* à sécrétion* externe (seins* ou glandes mammaires, prostate*) ou interne (glandes endocrines, à l’origine d’hormones*, comme la thyroïde*). Ce sont les cancers les plus fréquents qui représentent plus de la moitié des cas, surtout chez la femme à cause du cancer du sein, tandis que les carcinomes pavimenteux sont relativement plus fréquents chez l’homme en raison de la fréquence* (incidence*) des cancers respiratoires, de ce type, favorisés par le tabac*. Bernard Hœrni

  • Adénofibrome

    Tumeur* bénigne* d’une glande* dans laquelle les cellules glandulaires sont mélangées à du tissu* conjonctif*. L’adénofibrome s’observe particulièrement dans le sein* de la femme jeune. Malgré l’absence de risque de transformation* maligne*, il justifie une ablation* chirurgicale limitée pour établir la nature exacte de la tumeur et en débarrasser la malade.