• Lettre A
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  • Adénolymphome

    Tumeur* bénigne* et rare des glandes* salivaires, aussi appelée tumeur de Warthin, où les cellules glandulaires sont mêlées à des lymphocytes*.

  • Adénome

    Tumeur* bénigne* d’une glande*, l’adénome peut intéresser une glande endocrine à sécrétion* hormonale interne comme la thyroïde* ou l’hypophyse*, une glande à sécrétion* externe comme le sein*, la prostate* ou les glandes sébacées de la peau*, ou encore une muqueuse* à cellules cubiques (cylindriques) comme la muqueuse* du tube digestif (dans ce dernier cas on parle aussi de polype* ou de polyadénome). De rares formes d’adénome dégénèrent pour se transformer en adénocarcinome*.

  • Adénomégalie

    Augmentation de volume d’un ou plusieurs ganglions* lymphatiques (voir Adénopathie*).

  • Adénomyome

    Tumeur* bénigne* d’une glande* où les cellules* glandulaires sont associées à des fibres musculaires, par exemple dans la prostate*.

  • Adénopathie

    Cette atteinte pathologique d’un ou plusieurs ganglions* lymphatiques est fréquente au cours d’une maladie cancéreuse. Elle est reconnue par l’examen clinique, au cou, dans les aisselles et les aines principalement (Figure in Ganglions), sur les caractères suivants : augmentation de taille par rapport aux ganglions normalement perceptibles dans ces régions anatomiques, avec de discrètes variations selon l’âge* et les individus, caractère douloureux alors que les ganglions normaux sont insensibles, dureté qui contraste avec une consistance habituellement ferme ou élastique, absence de mobilité par fixation aux tissus voisins superficiels (peau) ou profonds. Dans certains cas, l’adénopathie est inflammatoire*, éventuellement ramollie en son centre par suppuration due à une infection* (abcès*) ou par nécrose* tumorale. Une adénopathie est unique ou multiple, dans un seul ou plusieurs territoires. Une augmentation (hypertrophie) du tissu* lymphoïde ganglionnaire est parfois accompagnée d’une hypertrophie d’autres tissus lymphoïdes, des amygdales* ou de la rate*, plus rarement du thymus* ou du tissu lymphoïde digestif. Les ganglions profonds peuvent être visualisés et leur caractère pathologique affirmé ou suspecté par des explorations d’imagerie* médicale (radiographie simple, scanographie*, lymphographie* ou échographie*). La plupart des adénopathies sont secondaires à une maladie de voisinage – le plus souvent une infection*, mais aussi un cancer – située dans le territoire dont la lymphe (phlegme des Anciens) s’écoule vers le ganglion correspondant (Figure). La propagation aux ganglions voisins d’un cancer primitif représente l’étape régionale de la propagation tumorale (N de la classification TNM*), intermédiaire entre la tumeur initiale et la dissémination de métastases*. Elle témoigne de l’affinité des cellules cancéreuses pour les vaisseaux* lymphatiques. Ceux-ci sont plus empruntés que les vaisseaux sanguins en cas de cancer des revêtements (carcinome*) – plutôt que des tissus conjonctifs* (sarcome*) – et en cas de carcinome épidermoïde – plutôt que d’adénocarcinome*. Des ganglions envahis au voisinage d’une tumeur se traitent principalement par chirurgie* (évidement* ganglionnaire*) ou radiothérapie* externe. Il existe aussi des adénopathies cancéreuses primitives (lymphomes*) dues à la prolifération des lymphocytes* qui sont les principales cellules* d’un ganglion lymphatique. Bernard Hœrni

  • Adénosarcome

    Tumeur* composée de cellules glandulaires (adénome*) associées à une prolifération maligne* de tissu conjonctif* (sarcome*).

  • Adhérence

    Rapprochement, liaison ou accolement entre deux organes ou tissus* normalement distincts et indépendants. Ce mot est souvent employé comme un « euphémisme » pour désigner une invasion* et, par là, suggérer un processus cancéreux. Il permet en même temps d’expliquer qu’une ablation* chirurgicale n’a pas pu, de ce fait, être complète. Dans ce sens il s’emploie généralement au pluriel.

  • Adjuvant

    Cet adjectif qualifie un traitement anticancéreux complémentaire d’un traitement principal. Le traitement adjuvant s’applique généralement dans un deuxième temps quand, à la suite du traitement initial, on recueille des informations incitant à un supplément thérapeutique. C’est le cas pour un cancer du sein* après ablation* de la tumeur mammaire et évidement* des ganglions* voisins de l’aisselle : si l’analyse de ces prélèvements donne des arguments en faveur d’une dissémination microscopique dans l’organisme, un traitement général par chimiothérapie* ou hormonothérapie* se justifie pour traiter cette généralisation avant que ne se manifestent des métastases*. Il peut aussi s’agir d’une tumeur dont l’ablation chirurgicale n’a pas pu être assez large : les risques de persistance de cellules cancéreuses dans le « lit opératoire » sont élevés et une radiothérapie* adjuvante est justifiée pour achever de les détruire. Dans d’autres cas, les indications en faveur de ce traitement complémentaire sont connues d’emblée et il peut être appliqué en premier : on parle alors de traitement « néo-adjuvant ». On qualifie aussi d’adjuvant un produit qui accroît la réaction immunitaire déclenchée par un antigène* et sa capacité de vaccination* ou, d’une manière générale, tout traitement accessoire renforçant les effets d’un traitement principal. Bernard Hœrni

  • ADN

    L’acide désoxyribonucléique ou ADN est une structure complexe caractéristique de toute cellule*, normale ou cancéreuse. Il contient l’information* génétique* pour la fabrication de toutes les molécules nécessaires à l’activité de chaque cellule : protéines*, enzymes*, hormones*, facteurs* de croissance, etc. La majeure partie de l’ADN est contenue dans le noyau de la cellule où elle s’individualise en chromosomes* lors de chaque division cellulaire (ou mitose*). L’ADN est constitué de l’enchaînement linéaire de bases* azotées liées à un sucre, le désoxyribose. Ces complexes base azotée-sucre, appelés nucléosides, sont liés entre eux par des molécules d’acide phosphorique (Figure in Bases* azotées). C’est la séquence des bases azotées qui constitue l’information génétique de l’ADN. Quatre bases différentes seulement y sont rencontrées. L’information que porte ainsi l’ADN d’une cellule de mammifère peut être comparée à une phrase faite de 3 milliards de lettres venant d’un alphabet qui n’en comporte que quatre. Deux chaînes (brins) orientées en sens inverse sont associées l’une à l’autre grâce à l’affinité qui existe entre les bases azotées prises deux à deux ; les deux chaînes portent ainsi la même information. Elles sont associées en une structure hélicoïdale popularisée sous le nom de « double hélice » par les chercheurs qui l’ont découverte au début des années 1950, J. Watson* et F. Crick* (Figure). Comme il n’existe que quatre bases azotées et que les protéines contiennent 20 acides* aminés différents, il faut un « triplet » de trois bases successives, sur l’un ou l’autre brin de l’ADN, pour coder un acide aminé donné. Ce triplet porte le nom de codon. L’ADN sert de mémoire et de matrice pour la fabrication (synthèse) des protéines. Celle-ci s’effectue en deux temps : au cours de la transcription, l’information « codée » de l’ADN est copiée dans un autre acide nucléique, l’ARN* messager, qui passe du noyau de la cellule dans son cytoplasme ; au cours de la traduction, cette information va permettre l’élaboration des protéines. Lors de chaque division cellulaire, l’information de l’ADN est recopiée à l’identique et chaque cellule-fille dispose du même patrimoine héréditaire : c’est la réplication, en principe d’une fidélité absolue (Figure in ARN*). Le segment d’ADN qui porte l’information propre à la synthèse d’une protéine porte le nom de gène*. On évalue à 25 000 le nombre de gènes dans une cellule de mammifère : ils constituent le génome*. Certaines zones d’ADN ne codent pas pour des protéines, mais pour d’autres ARN (ribosomiques ou de transfert). D’autres zones servent à la régulation de l’activité des gènes (réplication, transcription et traduction). De longs fragments d’ADN ne codent pour aucune substance connue ; on ignore à quoi ils servent. Le remplacement, par erreur de copiage, d’une base par une autre peut conduire au remplacement dans la protéine d’un acide aminé par un autre, donc à une protéine anormale : ce phénomène, appelé mutation*, peut être à l’origine de graves anomalies ou de la mort de la cellule. Dans les cellules germinales (spermatozoïde, ovule), il peut déterminer une maladie congénitale. Dans une cellule d’un autre tissu*, il conduit à un cancer si la protéine anormale est impliquée dans la régulation des multiplications cellulaires. Jacques Robert

  • Adolescence

    Un cancer à l’adolescence accroît les bouleversements du passage de l’enfance* à l’âge adulte. Pour la plupart, ce sont des tumeurs* malignes* qui se rapprochent des cancers propres à l’enfant, évoluent rapidement, mais sont sensibles au traitement et guérissent le plus souvent. Il s’agit de maladie de Hodgkin*, de lymphomes*, de cancers du testicule*, de sarcomes* des os* ou des tissus mous*. Les traitements nécessaires à la guérison* sont intenses, mal supportés et responsables d’une mauvaise observance*. À cet âge, un cancer interfère avec les études (école*) et de nouvelles expériences comme la sexualité*. Il s’accompagne volontiers d’une hyperactivité qui traduit un appétit de vivre, accentué par la menace de mort* (voir Dominique Cacoub*). Après la guérison*, se manifeste parfois le syndrome* de Damoclès* qui correspond à une conscience aiguë de son caractère mortel. Dans les deux sexes l’ancien malade peut rencontrer des difficultés professionnelles pour sa titularisation* ou pour contracter une assurance*. Par rapport aux jeunes du même âge, on observe une diminution de la nuptialité et de la fertilité*. Les performances scolaires sont au contraire souvent améliorées par une volonté de compensation. Nguyen Binh Bui

  • Adriamycine

    Voir Doxorubicine*.

  • Adrien hors du silence

    (Presses de la Renaissance, 2000). Ce témoignage de Claude Couderc, journaliste et écrivain, porte plus sur son deuil* de père que sur la leucémie* aiguë qui a tué son fils de quinze ans. S’interrogeant sur les raisons de cette maladie et de cette injustice, « harcelé par des souvenirs de toi dans la douleur (comme par) les moments heureux » qui augmentent sa peine et sa révolte, le père est discret sur les « images d’un film d’épouvante » et ne peut s’interdire un sentiment de culpabilité* après que la greffe* de moelle* osseuse qu’il a donnée pour traiter son fils a échoué. Allant au cimetière tous les jours, secoué de sanglots et inondé de larmes à tout moment, hanté par des tentations de suicide* dont le détournera le reste de sa famille*, il survit avec les souvenirs omniprésents d’un enfant doué et gâté pendant sa maladie, photographié et filmé pour garder sa présence. Loin du silence, le père crie, hurle, écrit, inscrit le nom d’Adrien partout, dans la réalité comme dans ses rêves*. On est aux antipodes de la sobre réaction de Xenophon apprenant la mort de son fils à la guerre et maîtrisant sa douleur : « Je savais que le fils que j’ai engendré était mortel ». Bernard Hœrni

  • Adventistes

    Les Adventistes du Septième Jour sont un groupe religieux, né aux États-Unis à la fin du xixe siècle, qui attend un second avènement du Messie. Ils ne consomment ni tabac*, ni alcool* et sont soumis à un régime végétarien : aussi, comme les Mormons*, ils font l’objet d’observations épidémiologiques* destinées à préciser les relations entre alimentation* et cancers. Par rapport à une population américaine voisine et par ailleurs comparable, ils présentent deux fois moins de cancers. Cette réduction d’incidence* concerne les cancers du tube digestif*, des bronches*, des voies* aéro-digestives supérieures et de la vessie*, pour lesquels a été reconnue la responsabilité de facteurs alimentaires et du tabac. Pour les autres cancers, l’incidence est semblable chez les Adventistes et les autres Américains. Bernard Hœrni

  • AFEC

    (Association Française pour l’Étude du Cancer). Voir Société* française du cancer

  • Affection de longue durée

    Voir Sécurité* sociale.