• Lettre A
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  • Aflatoxine

    C’est une des premières substances toxiques, apportée par l’alimentation*, dont le rôle a été montré dans les années 1960 à l’origine de cancers humains. Elle est produite par des moisissures ou champignons*, en particulier Aspergillus flavus. Ces micro-organismes se développent sur des aliments (céréales, arachides) conservés longtemps dans de mauvaises conditions, en milieu humide. Leur toxine est absorbée avec l’alimentation*. Chez l’animal comme chez l’homme, l’aflatoxine agit particulièrement sur le foie* et favorise le cancer du foie* (hépatome* malin), fréquent en Afrique* intertropicale et en Asie. Elle agit comme un cocancérogène*, facteur souvent associé au virus* de l’hépatite* B qui joue le rôle principal. Jacques Robert

  • Afrique

    Sur ce continent, les cancers sont fréquents et difficiles à traiter en raison de leurs caractères et de conditions précaires des systèmes de santé. Ils sont pour la plupart différents de ceux que l’on observe chez les sujets âgés des pays développés. Beaucoup sont en relation avec un agent infectieux. C’est le cas du cancer primitif du foie*, favorisé par le virus de l’hépatite* et l’aflatoxine*, de l’ulcère* phagédénique suivant l’infection chronique d’une plaie cutanée, du lymphome* de Burkitt* et du cancer du nasopharynx* liés au virus d’Epstein*-Barr, du cancer de la vessie* favorisé en Égypte* par la bilharziose*. L’extension de l’épidémie de sida* provoquée par le virus VIH* et qui prédispose à certains cancers étend encore la variété de ces tumeurs d’origine infectieuse. On peut y associer les cancers du col* utérin favorisés par de nombreuses grossesses* et une hygiène génitale défectueuse. Les cancers du sein* restent relativement rares bien qu’observés chez des femmes encore jeunes, de même que les cancers de l’intestin* comme l’a souligné Denis Burkitt*. C’est aussi le cas des cancers provoqués par le tabac* qui est encore modérément consommé, mais cela risque de changer si les fabricants réussissent à écouler dans les pays africains les cigarettes* qui se vendent moins bien en Amérique du Nord et en Europe. Voir aussi Algérie*, Maroc*. Bernard Hœrni

  • Agathe

    (Sainte). Considérée comme la patronne des femmes atteintes et amputées d’un cancer du sein*, elle est, selon la légende, une belle jeune fille vivant à Catane sous le règne de l’empereur Dèce qui déclenche les premières persécutions systématiques contre les Chrétiens en janvier 250. Après qu’elle ait décidé de consacrer sa vie au Christ, sa beauté retient l’attention de Quintanius, gouverneur romain de la Sicile. Comme elle refuse ses avances, il l’envoie d’abord dans une maison close dont elle réussit à sortir indemne. Quintanius lui fait alors amputer les deux seins à la tenaille et la jette en prison. Là, elle est visitée par Saint Pierre et se réveille avec ses deux seins restaurés. Quintanius décide alors de la brûler vivante mais un tremblement de terre la fait mourir avant le supplice. C’était en 251 de notre ère, le 5 février, jour de sa fête. Un an après sa mort, les habitants de Catane, menacés par une éruption de l’Etna, seraient allés sur sa tombe récupérer son voile pour le placer sur le chemin de la lave et détourner avec succès la coulée de leur ville. De nombreuses œuvres pieuses (La Vierge Marie, l’Enfant et les Saints de Christofero del Brescia à Berlin, Le martyre de Sainte Agathe de Sebastiano del Piombo à la galerie Pitti de Florence, Sainte Agathe de Véronèse au Prado, Sainte Agathe de Zurbaran à Montpellier, etc.) représentent l’héroïne faisant l’offrande de ses deux seins qu’elle porte souvent déposés sur un plateau. Le Zurbaran, provenant de la collection du maréchal Soult après la Guerre d’Espagne, avait retenu l’attention de Paul Valéry qui lui consacra, à vingt ans, un de ses premiers poèmes et prénommera sa fille Agathe. Bien d’autres saintes chrétiennes (Barbe, Christine, Julie, Martine, etc.) ont subi le même supplice de la mutilation des seins, par le fer ou par le feu. L’iconographie reproduisant leur supplice montre d’étranges ressemblances entre les instruments utilisés par les bourreaux et ceux des chirurgiens de l’époque. Dominique Gros

  • Agent orange

    Voir Armée*.

  • Aidant

    Ce terme commence à être usité en français, dans la foulée de son emploi en anglais (helping person) et en allemand (Helfer). Il illustre les mouvements modernes vers plus de partenariat dans les démarches thérapeutiques et de réadaptation* notamment, visant une autonomie* optimum du patient. Différent, stricto sensu, de la personne de confiance signalée dans la loi du 4 mars 2002, l’aidant fait référence aux diverses personnes et activités qui peuvent être à l’œuvre pour faciliter la vie du malade. Cette aide s’exerce pour les soins mais surtout pour la vie domestique (voir Domicile*), l’accompagnement*, le soutien social, psychologique et spirituel*, les loisirs*. Des professionnels, y compris du domaine social largement considéré, aussi bien que des bénévoles* peuvent être impliqués. On parle dans ce sens de démarche aidante, qui peut prendre place, entre autres circonstances, en fin de vie. Les proches sont des aidants potentiels, qu’ils soient biologiquement liés au patient (enfants, parents), juridiquement liés (conjoints) ou affectivement liés simplement (les proches les plus intimes sont parfois dans cette dernière catégorie). On voit bien leur apport, très fréquent, dans le soutien affectif et quotidien. Le succès de leurs contributions dépendra de la relation développée avec les professionnels actifs dans la prise en charge du malade. Il importe qu’il n’y ait pas une concurrence négative (contre-productive) ou trop coûteuse en temps et que se mette en place une complémentarité, une potentialisation même, entre les prestations des proches et celles des autres aidants. À noter que, dans certains pays, la mère ou le père peuvent bénéficier de congé (supplémentaire) pour s’occuper à domicile de leur enfant* malade. Certaines juridictions ont envisagé d’indemniser financièrement les proches prenant soin d’une personne dépendante (en particulier personne âgée) qui sinon devrait être hébergée en institution ; la concrétisation de tels systèmes est rendue délicate, dans le monde imparfait qui est le nôtre (s’agissant des citoyens comme des autorités), au vu de la problématique de la définition de limites, des coûts* impliqués et de la crainte d’une utilisation abusive du dispositif. S’agissant d’aidants non professionnels, proches ou bénévoles, la question du secret* médical doit être considérée : elle est régie par les principes usuels, ces aidants ne peuvent avoir accès à des données couvertes par ce secret que si le patient a donné son accord (ce qu’il fera généralement dans les situations courantes). Cela étant, il importe que les aidants, quels qu’ils soient, disposent d’une information* adéquate en rapport avec les prestations qu’ils prodiguent (et limitées à leurs besoins dans ce cadre). Par extension, le terme peut être appliqué à des enseignements (voir Éducation* des malades) ou à de la documentation écrite ou audio-visuelle ayant pour but d’aider la personne à faire face à sa maladie et à la gérer. Jean Martin

  • Aide mutuelle

    Que les cancers soient considérés comme fléau* des temps modernes témoigne de leur impact social. Celui-ci n’est pas seulement négatif, il suscite également des actions d’entraide qui ont pris une grande importance au cours des dernières décennies. Elles visent de plus en plus à préserver les individus plus qu’à se substituer à eux. Dans les relations entre bénéficiaires et fournisseurs (prestateurs) de soins, on met l’accent sur le dialogue, le consentement* éclairé du patient et donc sur une démarche de décision*. Ces expressions de l’autonomie* du patient sont d’autant plus importantes à considérer qu’elle est menacée par une maladie grave comme un cancer. La participation active du malade à sa prise en charge varie suivant les cas. Dans les maladies aiguës, on attend du médecin et de ses collaborateurs un traitement efficace dans les meilleurs délais et l’implication active du malade est secondaire. Elle prend plus d’importance dans des affections au long cours, qui connaissent des phases d’aggravation et de rémission* ou qui laissent des séquelles et handicaps. C’est là que l’aide mutuelle (self-help des Anglo-Saxons) est utile, pour les patients et leur entourage d’abord, mais aussi pour les personnels et structures de soins qui s’en trouvent aidés. On parle d’aide mutuelle quand des personnes touchées par un même problème se mettent ensemble pour en discuter, s’épauler, échanger leurs expériences, leurs difficultés, leurs échecs et leurs réussites, dans un but de soutien et de développement réciproques. Ces personnes vivent des situations comparables et en parler ensemble peut être d’une grande aide. Après une des premières démarches d’aide mutuelle, celle des Alcooliques Anonymes, et à côté de groupes de personnes luttant contre l’obésité ou une toxicomanie, poursuivant une réadaptation après un infarctus cardiaque, ainsi que des programmes pour autonomiser les diabétiques, ceux qui souffrent de la maladie de Parkinson ou de rhumatisme, etc., il existe aussi de tels groupes pour les cancers. Les principales associations* de malades sont actives dans les domaines suivants : le mouvement Vivre* comme avant réunit des femmes qui ont subi l’ablation d’un sein* pour cancer ; les laryngectomisés* ont perdu leur voix* à la suite de l’ablation* d’une tumeur de la gorge* (la rééducation* vocale se faisant avec une aide professionnelle experte) ; les stomisés* sont des personnes qui, à la suite d’une intervention chirurgicale motivée par leur cancer, portent un orifice artificiel (une stomie*). Il y a aussi des entraides entre les proches des patients, comme les parents* dont un enfant* souffre d’une tumeur maligne ou qui ont perdu un enfant de cancer. Ces groupes sont parfois accompagnés par des professionnels qui jouent un rôle de conseillers, sans apporter un encadrement trop directif ou paternaliste. Jean Martin

  • Aiguille radioactive

    C’est une aiguille creuse, de 2 à 5 cm de long et de 1 à 2 mm d’épaisseur, en acier inoxydable ou en platine*, qui contient une substance radioactive : le plus souvent du radium*, plus rarement du césium* 137 ou du cobalt* 60. Ces aiguilles sont implantées dans la tumeur à irradier, en curiethérapie*. Les aiguilles de radium (ou d’autre nature) ne sont plus guère utilisées car leur placement dans les organes est délicat et elles posent des problèmes de radioprotection* coûteux et difficiles à résoudre. Elles sont remplacées par les fils d’iridium* 192 qui permettent un chargement différé : on place d’abord sans aucun risque un petit tube dont on vérifie la position avant d’y glisser, rapidement, le fil radioactif ; cette technique a nettement amélioré l’efficacité et la sécurité des endocuriethérapies*. Jean-Pierre Gérard

  • Ail

    Ce condiment, abondamment utilisé dans certaines cuisines, semble, d’après des enquêtes épidémiologiques* analysant les relations entre l’alimentation et les cancers, en Chine* et en Italie, protéger du cancer de l’estomac*. Ces observations ont fait étudier les différents composants de l’ail, dont certains diminuent la prolifération de cellules* cancéreuses en culture* in vitro. Cependant les résultats obtenus sont fragmentaires et peu convaincants. Ils ne sont pas suffisants pour justifier des mesures de prévention du cancer de l’estomac avec l’ail ou certains de ses dérivés, à plus forte raison pour justifier un régime à base d’ail pour le traitement empirique d’un cancer. Ils incitent seulement à de nouvelles recherches*. Bernard Hœrni

  • Aine

    Région du corps un peu déprimée à la jonction de la cuisse et de l’abdomen*. Elle correspond à un triangle décrit par le chirurgien italien A. Scarpa (1752-1837), élève de Morgagni* et auteur d’un Traité des hernies (1814), qui lui a donné son nom. Elle est le siège de grosseur qui correspond le plus souvent à une hernie* (hernie inguinale) qui se résorbe à la pression et ressort à l’effort. Il peut aussi s’agir d’une authentique tumeur*, en particulier d’un ganglion* lymphatique ou adénopathie* (Figure in Abdomen*).

  • Airain

    (Loi d’). Voir Hamer*.

  • Ajustement

    L’annonce d’un diagnostic* de cancer, l’hospitalisation* durant laquelle des examens exploratoires déterminent le traitement, sont autant d’événements stressants qui, tour à tour et de façon cumulative, éprouvent lourdement les ressources d’un sujet. Pour mieux comprendre l’ajustement ou l’adaptation* des sujets à la maladie, il faut considérer le rôle de divers facteurs physiologiques, psychologiques et sociaux (mode* de vie, environnement*) et leurs interactions. Cette nouvelle approche biopsychosociale des mécanismes d’ajustement à la maladie a suscité de nombreux travaux. Dans ce contexte multifactoriel, l’ajustement est facilité par des caractéristiques stables de la personnalité, comme une anxiété* faible ou modérée et une image* du corps satisfaisante et structurée, ainsi que par différentes stratégies d’ajustement. Des réactions comme la négation*, l’isolation (le cours de la pensée se suspend, pour « ne surtout pas comprendre ») ou l’esprit combatif protègent mieux d’une anxiété qu’une tendance à la projection, au stoïcisme/fatalisme ou à l’agressivité/colère. Les travaux anglosaxons sont davantage orientés vers une approche « perceptivo-cognitive » où l’idée de coping* s’est substituée à celle de mécanisme de défense*. Le coping se définit comme « l’ensemble des efforts cognitifs, émotionnels ou comportementaux, destinés à maîtriser ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources d’un sujet ». L’aspect cognitif du coping se réfère aux représentations que le sujet a de la maladie et de l’hospitalisation*. L’importance qu’il leur accorde représente le stress* perçu : une trop grande « vigilance » et une perception négative des événements médicaux freineraient l’ajustement du patient. La façon dont l’individu perçoit et (s’)explique l’apparition de sa maladie (« contrôle perçu ») détermine son ajustement : ainsi, attribuer la survenue du cancer à des causes incontrôlables, non spécifiques et externes (« c’est la fatalité, je n’y peux rien »), réduirait ses possibilités d’ajustement. L’évaluation qu’il fait de ses propres ressources relationnelles et environnementales joue aussi un rôle : la perception d’un faible soutien social entraverait l’ajustement. L’aspect émotionnel et comportemental du coping correspond aux diverses stratégies effectivement mises en œuvre par le sujet : actives ou centrées sur la résolution du problème, passives ou centrées sur l’expression d’une détresse émotionnelle. Le recours à l’une ou l’autre de ces stratégies dépend de l’évaluation cognitive de la maladie et des stresseurs hospitaliers (hospitalisation*, traitements, soins…) : percevoir les événements comme incontrôlables renforcerait le recours à un coping émotionnel (sentiment d’impuissance, idées dépressives…), au détriment d’un ajustement comportemental (par exemple, une participation active aux soins). Certains sujets cancéreux s’adaptent remarquablement au cours de leur hospitalisation (absence de perturbation émotionnelle, relationnelle et comportementale) ; leur profil rappelle les analyses portant sur la personnalité de type C, décrite chez certains patients cancéreux : elle associe forte désirabilité sociale, faible émotivité (anxiété* et névrosisme bas) et incapacité d’exprimer des affects négatifs, notamment hostiles. Les sujets présentant une affectivité négative (réactivité émotionnelle négative aux stress*) élevée et une affectivité positive (degré d’extraversion) faible montrent plus de détresse et d’insatisfaction, même en l’absence de stress patent. Un profil inverse (affectivité négative faible, affectivité positive élevée) semble caractériser les sujets cancéreux et traduire un style de coping émotionnel « répressif », préjudiciable notamment à la guérison* ultérieure : les sujets les mieux ajustés, en apparence, à l’hospitalisation* présenteraient le plus de risques de récidive. Il semble donc qu’une absence de réactivité négative aux stress hospitaliers (répression émotionnelle) annonce une bonne adaptation à court terme (durant l’hospitalisation) mais expose, à moyen et long termes, à une aggravation du processus tumoral ; le style « évitement émotionnel » pourrait aussi masquer une dépression* sous-jacente. Bruno Quintard

  • Alcaloïde

    Substance azotée complexe produite par un organisme végétal*. La chimiothérapie* anticancéreuse en utilise plusieurs, dont les plus importants dérivent de la pervenche* ou de la mandragore. Les alcaloïdes de la pervenche* Vinca rosea ont été isolés à partir de 1957 pour être utilisés en clinique au début des années 1960 : vinblastine* et vincristine*, puis vindésine* et vinorelbine* qui en dérivent par modification chimique. Ils ont une affinité pour la tubuline* des microtubules intracellulaires qui constituent le fuseau* achromatique indispensable à la division cellulaire (mitose*), et les fibres des cellules nerveuses. Cette affinité explique que ces médicaments* bloquent la mitose* (antimitotiques* au sens strict) et ont une toxicité nerveuse, provoquant constipation* et troubles de la sensibilité. La podophyllotoxine est un alcaloïde extrait de la mandragore. On utilise en chimiothérapie deux de ses dérivés, isolés à la fin des années 1960, le téniposide* et l’étoposide*. Ils inhibent l’action de la topoisomérase* II et réduisent la multiplication des cellules. Le taxol (paclitaxel*) est extrait de l’écorce d’if. Comme son dérivé le taxotère (docétaxel*), il a une affinité pour la tubuline et stabilise les microtubules intracellulaires que les vinca-alcaloïdes déstabilisent. Ces deux dérivés de l’if ont un effet antitumoral important. La colchicine, alcaloïde extrait du colchique, est utile pour le traitement de la goutte. Elle n’est pas utilisée en cancérologie mais sert à bloquer les mitoses des cellules* en culture* pour étudier leur caryotype* et leurs chromosomes*. La morphine* et la codéine* sont des alcaloïdes, extraits du pavot, utilisés dans le traitement des douleurs* intenses. La nicotine* est un alcaloïde du tabac, qui a les propriétés d’une drogue*. Jacques Chauvergne

  • Alcool

    Fléau d’abord à l’origine de désordres nerveux et mentaux quand il est consommé en excès, ainsi que de cirrhose* du foie* à la suite d’un usage prolongé, l’alcool joue dans les tumeurs malignes un rôle suspecté dès la fin du xixe siècle et rendu aujourd’hui responsable de 3 % environ des cancers en Occident. Moins important que celui du tabagisme*, ce rôle accroît l’influence cancérogène* du tabac, en particulier pour les cancers de la bouche* et de la gorge* : les muqueuses de ces régions souffrent de la double influence de la fumée de cigarette* qui les imprègne d’autant plus que l’alcool favorise son contact et sa pénétration. La consommation élevée de tabac et d’alcool en France explique que ce pays détient le taux le plus élevé dans le monde de cancers des voies* aéro-digestives supérieures. L’alcool joue un rôle plus direct pour le cancer de l’œsophage*, en particulier sous forme d’alcool de pomme dans le Calvados*. La préparation artisanale de cet alcool, des propriétés particulières et mal définies dues à la pomme – et qui ne semblent pas exister dans l’alcool de raisin ou de céréales – un degré alcoolique très élevé entraînent une irritation chronique de la muqueuse* de l’œsophage et, après quelques décennies, un cancer parmi les plus graves. L’alcool favorise aussi les cancers primitifs* du foie pour lesquels la cirrhose* préalable constitue un état précancéreux*. La dégénérescence* maligne* de la cirrhose est en général tardive et modifie peu une évolution défavorable qui s’en trouve seulement précipitée. Enfin l’alcool intervient par les déséquilibres alimentaires* qui accompagnent sa consommation. Les buveurs excessifs d’alcool ont généralement une alimentation pauvre en fruits et légumes, c’est-à-dire en vitamine* A et substances voisines nécessaires à la bonne santé des muqueuses. Ce déficit entraîne des anomalies des muqueuses, expliquant qu’un défaut en vitamine A a été retrouvé dans plusieurs enquêtes chez des personnes présentant des années plus tard un cancer bronchique* ou ORL*. Quelques enquêtes ont également trouvé une consommation excessive d’alcool chez des femmes ayant un cancer du sein*. Jacques Robert

  • ALD

    (Affection de longue durée). Voir Sécurité* Sociale.

  • Alexis-Vautrin

    (Centre). Centre* de lutte contre le cancer de Lorraine ouvert par le Professeur Alexis Vautrin*, en 1924, dans le cadre des Hospices de Nancy et peu à peu agrandi. Dirigé successivement par son fondateur (1924-1927), par les Professeurs L. Hoche (1927-1945), P. Florentin (1945-1970), C. Chardot (1970-1991) qui l’a installé en 1975 sur le site de Brabois à Vandœuvre-les-Nancy, près de la Faculté de médecine et du Centre hospitalo-universitaire, puis P. Bey. Il a pris le nom de son fondateur en 1976. Le secteur d’hospitalisation compte 170 lits et 23 places d’hôpital de jour. Il comporte les services de chirurgie*, de médecine, de radiothérapie*, d’imagerie et de diagnostic des tumeurs. Une équipe d’une cinquantaine de médecins assure les missions de soins, d’enseignement* et de recherche* scientifique et médicale. Elle a notamment développé des programmes de dépistage*, de lutte contre le tabagisme* et d’oncogénétique*. Ses principales recherches de transfert et cognitives sont consacrées aux techniques de chirurgie (ganglion* sentinelle, chimio-hyperthermie intra-péritonéale peropératoire, ablathermie*, hyperfréquence) et radiothérapie (curie PDR, IMRT, gating respiratoire), à la photothérapie*, au traitement des douleurs* et au diagnostic biologique des tumeurs. François Guillemin