• Lettre A
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  • Améloblastome

    Voir Adamantinome*.

  • Aménorrhée

    Voir Règles*.

  • Ami Pierrot

    (Mon, Paris, Seuil, 1993). Dans ce récit intitulé « roman », l’écrivain et critique Michel Braudeau relate les derniers mois de la vie de son père, atteint d’un cancer qui a entraîné des hémorragies* urinaires et s’accompagne de métastases* osseuses. Le diagnostic est tu : le malade déclare une fois à son frère : « J’ai un cancer » mais « le crabe* à six lettres » est mis de côté « comme une monnaie empoisonnée ». Ayant « déjà un pied dans l’au-delà », soulagé par de la morphine*, se détériorant irrégulièrement, avec une fois « un regain d’énergie inespéré » qui perturbe son entourage, Pierre présente aussi une dégradation mentale. À la différence de Philip Roth dans Patrimoine*, ce dernier désordre prive le fils d’ultimes échanges et la reconstitution de sa vie est livrée aux seuls souvenirs de son fils. Bernard Hœrni

  • Amiante

    Groupe de substances minérales (silicate de calcium ou de magnésium) faites de fibres très fines dont la principale caractéristique est de résister au feu et qui favorisent l’apparition de certains cancers. Aussi appelé asbeste (du gr. incombustible), l’amiante est utilisé comme isolant et ignifuge (flocage des immeubles). Il entraîne communément une fibrose* pulmonaire ou asbestose, dont l’intensité est proportionnelle à l’importance et à la durée de l’exposition professionnelle. C’est à partir des années 1960 qu’on a reconnu sa responsabilité dans des tumeurs particulières de la plèvre*, du péritoine* ou du péricarde (tunique enveloppant le cœur), les mésothéliomes*. Ces tumeurs s’observent chez les ouvriers travaillant dans les mines d’où il est extrait (en Afrique du Sud, à Asbestos au Canada), dans l’industrie de transformation, dans le bâtiment et les constructions navales où l’amiante est largement utilisé. Il présente plusieurs variétés dont le rôle cancérogène varie : les amphiboles (crocidolite, amosite, anthophyllite, actinolite) sont beaucoup plus toxiques* que le chrysotile (ou amiante blanc, qui représentait 90 % de l’ensemble) et interdits en France depuis juillet 1994. Ce rôle est dû à une stimulation des divisions cellulaires (mitoses*) par l’intermédiaire de proto-oncogènes*. Les mésothéliomes se développent après 30 à 40 ans d’exposition aux poussières d’amiante et sont reconnus comme cancers professionnels*. L’amiante favorise aussi l’apparition de tumeurs bronchiques* (adénocarcinomes* ou carcinomes* épidermoides), deux à cinq fois plus fréquents que chez des personnes non exposées, après seulement 10 à 20 ans d’exposition. Cette dernière influence est renforcée par un tabagisme* concomitant ; le risque de cancer est alors multiplié par 50 à 90. La connaissance de ces risques conduit à des précautions pour la protection des ouvriers exposés (masques filtrants, tabac déconseillé, enceintes de travail épurées) et à une limitation de l’emploi de l’amiante toutes les fois qu’il peut être remplacé par une autre substance. Jean-Pierre Armand

  • Amiel

    (Jean-Louis, 1930-1985). Élève du Professeur G. Mathé, le Professeur J.-L. Amiel a été, en France, l’un des premiers médecins cancérologues qui a contribué à la naissance de l’oncologie* médicale. Licencié ès lettres et ès sciences, médecin brillant, infatigable et dévoué, il joue un rôle important à l’origine des greffes* de moelle* osseuse pour traiter les leucémies*, dans le développement de la chimiothérapie* anticancéreuse et des groupes coopérateurs de l’OERTC*. Bernard Hœrni

  • Amphétamine

    Médicament* stimulant le système nerveux, ainsi que les activités psychiques et physiques. Des amphétamines peuvent être prescrites à un malade cancéreux pour cet effet stimulant, comme antidépresseurs* ou pour contribuer à la sédation de douleurs* (co-analgésie*). Elles peuvent ainsi améliorer sa qualité* de vie lors d’une période difficile de l’évolution ou du traitement, ou en fin de vie (accompagnement*).

  • Ampullome

    Cette variété rare de cancer se développe sur l’ampoule de Vater, région anatomique où se réunissent le canal cholédoque, qui conduit la bile, et le canal de Wirsung, qui conduit les sucs digestifs du pancréas*, avant de déboucher dans la première partie de l’intestin* grêle ou duodénum.

  • Amputation

    Opération chirurgicale* qui retranche une partie de membre ou un organe important, elle s’impose pour traiter certains cancers localisés. Elle touche rarement une jambe ou une cuisse étant donné la rareté des cancers (en général des sarcomes*) de ce siège, sauf chez l’enfant* : les progrès des traitements « conservateurs » qui associent une chimiothérapie*, une radiothérapie* et une ablation chirurgicale limitée, en réduisent la fréquence. L’amputation du sein* (son « abattage » pour Saint-Simon*) est également moins fréquente grâce au diagnostic* plus précoce d’un cancer du sein, permettant de découvrir une petite tumeur* qui n’impose pas une opération aussi radicale. Une amputation est encore nécessaire pour traiter certains cancers de la verge* ou un cancer du côlon* : quand il siège sur sa partie terminale ou rectum*, l’amputation emporte l’anus* et impose une colostomie* sur la paroi de l’abdomen*. Selon son siège et son importance, une amputation peut être corrigée par une prothèse* : externe pour remplacer un membre amputé ou interne située sous la peau, par exemple pour reconstituer la saillie de la poitrine lors d’une reconstruction* mammaire. L’amputation du larynx*, qui prive des cordes vocales et de la voix, impose une rééducation* vocale. Toutes ces interventions modifient le schéma* corporel et l’image* du corps. À côté des troubles fonctionnels – pour un mouvement, la voix*, la défécation, etc. – elles ont aussi d’importantes conséquences psychologiques, surtout quand elles touchent des organes aussi chargés de symboles que le sein. Une atteinte aux possibilités de procréation (ablation de l’utérus* d’une femme jeune), une altération du visage (énucléation d’un œil*), une difficulté nouvelle pour éliminer les urines ou les selles, ne portent pas seulement atteinte à l’intégrité physique de l’individu. La mutilation correspondante détériore l’image de soi et ses conséquences peuvent être jugées « indignes ». Pour en accepter la réalité et s’y adapter, un processus de deuil* est nécessaire ; il est influencé par l’importance du corps et de la fonction, avant la maladie – pour le sujet, son entourage et son partenaire sexuel – par l’intervention de soignants (médecins, infirmières*, psychologues) et de bénévoles* comme les femmes de Vivre* comme avant pour l’ablation du sein (Tableau).

    La préparation à une opération mutilante est spécialement importante pour favoriser l’adaptation* ultérieure : elle demande du temps, l’intervention de plusieurs soignants ou d’anciens malades et la participation d’une ou plusieurs personnes de l’entourage, au choix du malade. Des informations concordantes, des explications et l’annonce des mesures de compensation ultérieures contribuent à dédramatiser l’opération, à réduire son poids émotionnel et à en faire accepter les conséquences de façon progressive. Bernard Hœrni

  • Amsacrine

    Médicament* anticancéreux, encore appelé m-AMSA, synthétisé en 1974 à partir de l’amino-acridine. Il agit sur l’ADN* nucléaire en s’intercalant entre les paires de bases* azotées et inhibe l’activité de la topo-isomérase* II. Il s’administre par voie veineuse stricte (risque de nécrose* locale) en perfusion* lente à la dose de 100 à 300 mg/m²/j pendant 4 à 5 jours toutes les 2 à 4 semaines. Il est surtout toxique* pour la moelle*, entraînant une baisse importante et rapide des globules blancs* et des plaquettes*, mais également pour le tube digestif* (vomissements*, colite hémorragique), le cœur* (troubles du rythme) et la peau* (alopécie*). Son action élective sur les lignées sanguines est à l’origine de son utilisation pour traiter les leucémies aiguës*, réfractaires ou en rechute (en association avec la cytarabine*). Jacques Chauvergne

  • Amsterdam

    Voir European* Cancer Centre.

  • Amygdale

    (Cancer de). L’amygdale palatine est un organe lymphoïde en amande (d’où son nom), situé de chaque côté en arrière de la bouche* (dans l’oropharynx), entre les deux piliers musculaires du voile du palais (Figure in Voies* aéro-digestives supérieures). L’amygdale est le siège de petites cavités ou cryptes qui s’infectent facilement, à l’origine d’angines. Les tumeurs de l’amygdale sont les plus fréquents des cancers de l’oropharynx. Environ 2 000 cas s’observent chaque année en France, dont 85 % chez l’homme. Les facteurs de risque habituels pour les muqueuses* respiratoires et digestives (tabac* et alcool*) manquent dans 20 % des cas. L’ablation* des amygdales dans l’enfance ou l’adolescence ne diminue pas le risque ultérieur de ce cancer. Il s’agit dans 90 % des cas de carcinomes* épidermoïdes et dans 10 % des cas de lymphomes* malins. Le symptôme* révélateur le plus fréquent est une gêne pour avaler (dysphagie*) d’un côté, accompagnée d’une douleur* irradiant vers l’oreille. Dans un tiers des cas, ce symptôme est absent ou négligé et le patient consulte pour un ganglion* situé sous l’angle de la mâchoire inférieure : la tumeur de l’amygdale est alors découverte par l’examen du médecin. Parfois elle est très petite et difficile à détecter au fond d’une crypte. Elle envahit fréquemment les piliers et la partie voisine du voile du palais, plus rarement la partie arrière (base) de la langue*. Des ganglions pathologiques (adénopathies*) sont palpés au cou dans la moitié des cas. Leur présence modifie le traitement. Le carcinome épidermoïde de l’amygdale est très sensible aux rayonnements* ionisants et la plupart des cas sont traités par radiothérapie* externe. Cette irradiation comprend la région amygdalienne et l’ensemble des ganglions du cou du côté de la tumeur. La chirurgie* se limite à l’ablation de résidus de tumeur ou de ganglions persistant plus de deux mois après l’irradiation. Les cancers épidermoïdes limités et sans envahissement des ganglions guérissent sans séquelles importantes. Trois quarts des patients traités sont en vie cinq ans après le traitement. Les tumeurs, profondément ulcérées et atteignant la langue*, sont traitées par une ablation large (avec ou sans interruption mandibulaire) qui est réparée immédiatement par un lambeau musculaire (transposition du muscle grand pectoral) suivie de radiothérapie postopératoire. La radiothérapie fragilise la mâchoire irradiée. Seules les dents* en parfait état peuvent être conservées. Leur émail risque de s’altérer en raison de la diminution de la salive* fluide. Les dents préservées doivent être soigneusement brossées et traitées par application quotidienne de gel au fluor* concentré pendant plusieurs années. Les lymphomes* malins de l’amygdale ne sont pas douloureux. Ils se révèlent par des symptômes* liés au volume important de la tumeur : le malade parle du nez (voix nasonnée), il est gêné pour respirer ou avaler, il perçoit lui-même une ou deux grosses amygdales au fond de la bouche* en se regardant dans un miroir ou se découvre des ganglions au cou. Avant le traitement, on cherche si d’autres organes lymphoïdes sont intéressés. La chimiothérapie*, associée ou non à la radiothérapie*, est l’essentiel du traitement. Voir aussi Ulysses S. Grant* Jacques Brugère

  • Analgésique

    Synonyme d’antalgique, qualifie des médicaments* ou tout autre moyen contre la douleur*. S’applique spécialement aux médicaments qui se distinguent en analgésiques antipyrétiques, qui ont aussi une action contre la fièvre* et l’inflammation* (comme l’aspirine*), et en analgésiques narcotiques qui agissent sur l’humeur (comme la morphine*).

  • Anaplasie

    Sorte de néoplasie*, ou tissu* nouvellement formé, où les caractères des cellules* ou du tissu sont très éloignés des cellules ou tissu d’origine. Une tumeur anaplasique ne présente aucune différenciation*, elle est indifférenciée. Elle est en général plus maligne* qu’une tumeur différenciée.

  • Anatomie pathologique

    L’anatomie pathologique ou pathologie (« pathology » des Anglo-Saxons) est une spécialité médicale méconnue du public et pourtant primordiale en cancérologie. Elle a pour objectif d’analyser principalement au microscope les prélèvements tissulaires* et tumoraux* réalisés chez les patients et d’en déduire le diagnostic* et les principaux facteurs de gravité de la tumeur, contribuant ainsi pour la plus grande part à la décision* thérapeutique. Les méthodes d’analyse réalisées par les pathologistes font appel à différentes techniques complémentaires : d’une part examen macroscopique, c’est-à-dire examen à l’œil nu, des prélèvements et pièces opératoires, tous confiés au laboratoire de pathologie et, d’autre part examen histologique* réalisé au microscope. Ces examens sont effectués sur tout prélèvement tumoral et constituent la base du diagnostic de cancer. Ils sont souvent complétés par une analyse immunohistochimique qui a pour objectif d’identifier des protéines* fabriquées par les cellules* tumorales, ce qui permet souvent de mieux classer la tumeur, d’en évaluer la gravité et de prédire l’efficacité de certains médicaments*, et de plus en plus, par des analyses moléculaires de l’ADN* et des ARN* des cellules tumorales. Ce dernier type d’analyses, récemment apparu, permet une étude structurelle et répertorie les anomalies du génome* de la cellule tumorale, anomalies souvent responsables de la cancérisation de la cellule, et complète ainsi les analyses morphologiques (macroscopie et histologie) et fonctionnelles (immunohistochimie) plus classiques. Toutes les informations ainsi recueillies sont consignées dans un compte rendu signé engageant la responsabilité du pathologiste. Ce compte rendu constitue l’élément le plus important du dossier* médical pour la prise de décision thérapeutique d’un sujet atteint d’un cancer. Il est de plus en plus standardisé répondant ainsi aux normes internationales en vigueur pour la tumeur analysée et est souvent enrichi d’images numérisées illustrant les aspects macroscopiques et histologiques. Toutes ces informations sont informatisées et conservées pour un accès facile et rapide. Tous les prélèvements confiés en pathologie sont préservés dans des petits blocs de paraffine. Une tranche fine de quelques microns d’épaisseur est réalisée sur tous les blocs, déposée sur une lame de verre et colorée pour être examiné au microscope. Les lames, blocs de paraffine et images peuvent facilement être échangés entre médecins pour une nouvelle interprétation si le patient est traité par une autre équipe médicale, ou pour un second avis auprès d’un collègue référent pour un type de tumeurs particulier en cas de difficulté diagnostique. Cette conservation permanente des informations recueillies, des lames et blocs de paraffine constitue l’une des missions importantes des laboratoires de pathologie. Ces laboratoires disposent souvent de centaines de milliers de tumeurs ainsi archivées permettant des analyses rétrospectives utiles pour une meilleure prise en charge des patients et indispensables pour faire progresser nos connaissances sur le cancer. Les laboratoires de pathologie des centres hospitalo-universitaires et des Centres* de Lutte Contre le Cancer ont également mis en place des tumorothèques* complétant les archives conventionnelles et permettant des analyses moléculaires plus élaborées. Jean-Michel Coindre

  • Anderson

    Voir M. D. Anderson* Cancer Center.