• Lettre A
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  • Antimétabolites

    Ces médicaments* anticancéreux cytotoxiques* inhibent la synthèse des acides nucléiques (ADN*, ARN*), indispensables pour la multiplication et la différenciation* des cellules*. Leur structure chimique est voisine de celle des composés naturels que les cellules utilisent pour synthétiser les bases* azotées (purine, pyrimidine), précurseurs des acides nucléiques. Les antimétabolites bloquent le fonctionnement de certaines enzymes* qui interviennent dans le métabolisme cellulaire. Ce sont des produits de synthèse, ayant subi des modifications de structure qui en font une « fausse clé » bloquant la « serrure » de l’activité cellulaire. Ils sont connus et utilisés depuis la fin des années 1940. Ils se répartissent en trois classes principales, selon qu’ils interfèrent avec l’acide* folique ou les bases puriques ou pyrimidiques.

    Classe Médicaments

    Antifolique Méthotrexate*, Raltitrexed* Antipurine Cladribine*, Fludarabine*, Mercaptopurine*, Pentostatine* Antipyrimidines Cytarabine*, Fluorouracile*, Gemcitabine*

    Les antimétabolites partagent de nombreuses propriétés biologiques. De faible poids moléculaire, ils pénètrent par transport actif ou passif dans les cellules où ils sont métabolisés, principalement dans le foie. Après activation, ces prodrogues se fixent sur différentes enzymes cibles comme la dihydrofolate réductase (méthotrexate), la thymidine synthase (fluorouracile, raltitrexed), la ribonucléotide réductase (cladribine, gemcitabine). Les antimétabolites agissent sur les cellules en phase de synthèse (phase S). Cet effet phase-dépendant suggère que l’administration du médicament en perfusion intra-veineuse continue pourrait être plus efficace. Mais les voies de synthèse des acides nucléiques sont nombreuses et chaque antimétabolite n’affecte en général qu’une voie métabolique. D’où l’idée d’associer à un antimétabolite d’autres agents susceptibles d’interférer simultanément avec d’autres voies métaboliques aboutissant à la synthèse des acides nucléiques. Se sont ainsi développées des associations visant à « moduler » l’action d’un antimétabolite, comme l’association au fluorouracile du méthotrexate, de l’acide folinique, d’un sel de platine*, de l’interféron*, de la radiothérapie*. À l’inverse, les processus conduisant à l’effet cytotoxique étant multiples, la résistance* aux antimétabolites est multifactorielle et fait intervenir, selon les cas, les processus de transport intracellulaire, le catabolisme ou l’anabolisme intracellulaire, les modifications génétiques par mutation ou amplification de gènes* et les processus de réparation de l’ADN* et d’apoptose*. Les antimétabolites diffusent bien dans l’organisme. Après administration par voie générale à dose élevée, ils traversent la barrière* hémato-encéphalique pour se retrouver dans le liquide* céphalorachidien à des concentrations cytotoxiques. Ils s’éliminent principalement dans les urines, sauf le fluorouracile. Les antimétabolites ont été les premiers médicaments dont le dosage dans le sang a permis une adaptation individuelle de dose, couramment utilisée pour le méthotrexate, le fluorouracile et la mercaptopurine. Cela évite les surdosages responsables des manifestations toxiques, optimise les doses et permet parfois d’augmenter l’efficacité du médicament. Se développent actuellement des recherches* sur le génotype et le phénotype de certaines enzymes cibles des antimétabolites, ce qui permettrait de prévenir certaines toxicités parfois graves et aussi d’adapter la dose au patient. Lésant également les cellules normales ayant une synthèse active d’ADN*, les antimétabolites sont responsables de complications diverses, dont les plus fréquentes sont hématologiques (neutropénie*, thrombopénie*), digestives (mucite*, nausées-vomissements*, diarrhée*), neurologiques (ataxie, leuco-encéphalopathie) et hépatorénales. Ils sont tératogènes et certains abortifs ; leur administration au premier trimestre de la grossesse* augmente le risque de malformations congénitales. Les antimétabolites sont largement prescrits pour le traitement des cancers et des leucémies*, chez l’enfant* et chez l’adulte. L’activité spectaculaire du méthotrexate dans les cancers du placenta* est malheureusement exceptionnelle pour les autres cancers. Mais en association à d’autres médicaments, les antimétabolites sont actifs dans le traitement de la plupart des tumeurs solides et des hémopathies malignes. À une phase avancée de la maladie, les antimétabolites en monothérapie peuvent parfois entraîner, au prix d’une faible toxicité*, une régression des manifestations fonctionnelles et améliorer le confort des malades. Paul Cappelaere

  • Antimitotiques

    La plupart des médicaments* de la chimiothérapie* anticancéreuse entravent ou interdisent la reproduction des cellules* et leur division, encore appelée mitose*. On parle donc d’antimitotique, au sens large, pour désigner l’ensemble de ces médicaments cytotoxiques*. On préfère cependant réserver ce terme aux médicaments qui agissent au moment de la mitose proprement dite. À ce moment-là, se constitue un fuseau* fait de microtubules le long desquels migrent les chromosomes* qui se déplacent vers chaque extrémité de la cellule en division pour former deux nouvelles cellules. Les antimitotiques altèrent la structure du fuseau, ce qui empêche la migration des chromosomes, et bloquent ainsi la mitose pour entraîner peu après la mort de la cellule. Cela justifie leur appellation de « poisons du fuseau » ou « antifusoriaux ». Tous les médicaments de ce groupe sont des alcaloïdes* végétaux, extraits de la pervenche* (vinca-alcaloïdes*) ou de l’if (taxanes*). Ils sont habituellement associés à un ou plusieurs autres médicaments antinéoplasiques* qui agissent sur d’autres phases du cycle* cellulaire. Jacques Chauvergne

  • Antinéoplasique

    Qualifie tout moyen propre à lutter contre un cancer ou néoplasie*. Synonyme d’anticancéreux.

  • Antinéoplaston

    Traitement parallèle* promu dans les années 1970 aux États-Unis par le Dr Stanislav Burzynski. Diplômé en médecine en Pologne en 1968, il s’installe en 1970 aux États-Unis où il est autorisé à pratiquer la médecine. Il continue à faire des recherches sur les peptides (petites protéines*) qui, selon lui, contrôlent la croissance des cancers, qu’il appelle « antinéoplaston » et commence à appliquer à des malades dans un institut ouvert en 1977. Puisque les cancers sont des maladies où les cellules* ne répondent plus normalement à l’information biologique habituelle, il propose de renforcer cette information par des substances qu’il isole le plus commodément de l’urine. Il les identifie selon une classification alphanumérique de A1, A2… jusqu’à AS 2.5, avant de les produire par synthèse en laboratoire. En même temps, il étend ses activités au Japon, à Rome et en Pologne. En fait, la nature des différentes substances utilisées est imprécise, leur préparation ne répond pas à toutes les précautions nécessaires pour la sécurité des personnes et leur utilisation chez la souris* a produit des effets toxiques, sans modifier l’évolution de tumeurs animales ou humaines en culture*. Les résultats annoncés par Burzynski sur quelques malades n’ont pu être vérifiés. Ces données sont insuffisantes pour autoriser des traitements chez l’homme. Bernard Hœrni

  • Antipyrétique

    Qualifie un moyen, une substance ou un médicament* ayant la propriété de faire baisser la fièvre* qui s’observe souvent chez un malade cancéreux. La chute de la température s’accompagne généralement de sueurs* abondantes. La plupart des antipyrétiques ont une activité anti-inflammatoire* et ils inhibent les réactions à l’origine de la fièvre. Ils ont aussi une action antalgique* et servent à traiter les douleurs*. Ils ne sont utilisés pour faire tomber la fièvre que si d’autres moyens, agissant directement sur sa cause, ne sont pas efficaces. Bernard Hœrni

  • Antisens

    Les antisens sont des oligodésoxynucléotides, c’est-à-dire des fragments d’ADN* simple-brin, synthétisés en laboratoire, longs de 12 à 25 nucléotides normaux ou modifiés par voie chimique. Les antisens sont capables de reconnaître spécifiquement un ARN* messager naturel par appariement des bases complémentaires et empêchent ainsi sa traduction en protéine, car les hybrides ADN-ARN sont détruits dans les cellules par des enzymes* spécifiques. Leur utilisation a été proposée en thérapeutique anticancéreuse pour inhiber l’expression des oncogènes* ou de gènes* de résistance aux médicaments*. Des essais cliniques sont en cours, en particulier des antisens dirigés contre l’expression du gène Bcl-2, un inhibiteur de l’apoptose* qui est impliqué dans certains mélanomes* et lymphomes*. D’autres cibles potentielles des antisens se trouvent au niveau des messagers de certaines protéines kinases qui jouent un rôle dans la transmission des signaux de prolifération. La principale difficulté du développement de cette stratégie antisens est l’instabilité de ces oligonucléotides dans l’organisme ainsi que leur faible pénétration intracellulaire. Jacques Robert

  • Antoine-Lacassagne

    (Centre). Centre* de lutte contre le cancer de Nice, créé en 1961, implanté au cœur de la ville, à proximité immédiate du CHU avec lequel il existe une convention cadre de complémentarité. Les directeurs qui se sont succédés sont, le Dr V. Paschetta, créateur, (1961-1970), le Professeur C.M. Lalanne (1970-1985), le Professeur F. Demard (1985-1996), le Professeur J.N. Bruneton (1996-2001), le Professeur J.P. Gérard. Le CAL possède un plateau technique performant et innovant, notamment avec un cyclotron biomédical qui permet des traitements par protons et neutrons ainsi que la fabrication de nouvelles substances radioactives. Conformément à sa mission de soins, d’enseignement* et de recherche*, le CAL héberge dans ses locaux une unité de recherche du CNRS spécialisée sur les bases moléculaires de l’angiogénèse*. À côté de sa capacité d’hospitalisation incluant hôpital de jour et de semaine, il reçoit plus de 30 000 consultants par an et emploie 600 personnes, dont plus de 40 médecins, biologistes et chercheurs à temps plein. Jean-Pierre Gérard

  • Anus

    (Cancer de l’). Représentant moins de 4 % des tumeurs intestinales, il se rencontre surtout chez la femme âgée, mais le risque de survenue chez l’homme jeune augmente, ce que l’on rattache aux pratiques homosexuelles. Il semble également favorisé par le tabagisme*. Un papillomavirus* est incriminé à l’origine de condylomes acuminés de l’anus qui constituent des lésions précancéreuses*. L’embryologie complexe de la région ano-rectale fait distinguer trois sortes différentes de cancers de l’anus. Ceux de la marge anale, plus volontiers masculins, sont rares (1 cas sur 10 : ce sont des carcinomes* épidermoïdes, des mélanomes* ou exceptionnellement des maladies de Paget*). Les cancers du canal anal, les plus fréquents, sont exclusivement des carcinomes épidermoïdes qui touchent surtout les femmes et s’étendent au rectum* et aux ganglions* inguinaux ou du bassin*. Le carcinome jonctionnel ou basaloïde est développé aux dépens d’un vestige de la membrane cloacale (il est encore appelé carcinome cloacogénique) ; rare, il est assimilé au carcinome du canal anal du point de vue évolutif et thérapeutique. Ces tumeurs se manifestent par une gêne locale et des douleurs* qui s’accentuent lors de la défécation, des démangeaisons* ou de petits saignements, ces symptômes* pouvant être faussement rattachés à des hémorroïdes. Le cancer de l’anus est facile à reconnaître par l’examen direct à la vue, au toucher digital ou en endoscopie* avec un anuscope. Le prélèvement (biopsie*) d’un petit fragment de la tumeur avec une pince permet une analyse au microscope qui précise le type exact. Le traitement des cancers de l’anus doit chercher à conserver la fonction sphinctérienne. Il s’agit de lésions particulièrement radiosensibles* et l’association de chimiothérapie* et de radiothérapie* aboutit à la guérison* sans ablation chirurgicale dans trois quarts des cas. L’amputation de l’anus et du rectum, mutilante, est réservée aux échecs du traitement conservateur*. René Brunet

  • Anus artificiel

    Voir Colostomie*.

  • Anxiété

    Il y a peu de maladies qui provoquent autant d’anxiété que le cancer (l’angoisse associant un malaise physique à l’anxiété, surtout psychique). De nombreux travaux ont tenté d’estimer la fréquence (prévalence*) de l’anxiété parmi les cancéreux mais, comme la dépression*, elle est difficile à apprécier : on estime qu’elle représente 12 à 18 % de tous les diagnostics psychiatriques en cancérologie. Les craintes le plus couramment associées au cancer sont celles de la mort*, de l’incertitude, celles de la douleur*, de perdre le contrôle ou d’être abandonné. Il y a des appréhensions plus spécifiques selon les maladies ou les traitements subis : ceux qui entraînent des modifications de l’image* du corps sont très angoissants car ils altèrent le sentiment d’identité du malade. Tout au long de sa maladie, le patient va faire face à de grandes inconnues et à beaucoup de stress*, en commençant par l’attente du diagnostic* ou du résultat des biopsies*. L’anxiété est aussi à son comble lorsqu’un protocole* thérapeutique se termine et que le patient se retrouve laissé à lui-même : il se sent alors abandonné et peut présenter des manifestations fonctionnelles, c’est-à-dire des symptômes* physiques, sans raison apparente, comme pour demander au soignant qu’il continue à s’occuper de lui. La crainte de la récidive* est aussi la source d’un état de tension constant (syndrome de Damoclès*). Les chimiothérapies*, la radiothérapie* et la chirurgie* provoquent de l’angoisse dans la mesure où les patients appréhendent les effets secondaires désagréables ou les mutilations (amputations*). C’est l’origine de nausées* anticipées décrites en chimiothérapie, lorsque les vomissements surviennent avant même le début du traitement. Ce trouble a tendance à s’auto-entretenir, de manière très comportementale ; il peut même apparaître quand le malade est en contact avec une odeur* ou une couleur qui évoque l’hôpital, la salle de soins ou le médecin. Dans ces cas, les patients sont envahis de crainte et d’anxiété plusieurs jours avant. Il en est de même lorsqu’il s’agit de trouver une bonne veine*, au moment de mettre la perfusion*, ou lorsque l’infirmière « qui sait bien piquer » n’est pas là. L’anxiété peut entraîner un refus de traitement ou une réaction de fuite chez des patients qui cherchent à échapper à toutes menaces. Cela peut être l’indice d’une perte de confiance dans les soins qui, si elle n’est pas élaborée, entraînera des ruptures de prise en charge et éventuellement le recours aux médecines parallèles*. Patrice Guex

  • Aphte

    Petit ulcère* d’une muqueuse*, surtout dans la bouche, à centre blanchâtre entouré d’une couronne un peu surélevée et rouge, très douloureux, qui survient chez un cancéreux comme chez un sujet bien portant. Cette ulcération peut prêter à confusion avec un petit cancer débutant sur la langue*, qui est en général indolore et persiste plus d’une semaine. Après chimiothérapie* ou radiothérapie* de la muqueuse buccale se développe une stomatite*, qualifiée abusivement d’« aphtes », qui correspond à une inflammation* diffuse et douloureuse. Bernard Hœrni

  • Aplasie médullaire

    C’est l’appauvrissement ou la sidération de la moelle* osseuse, aboutissant au tarissement des globules* sanguins qu’elle cesse de fabriquer. Il y a plus souvent réduction (hypoplasie) que suppression (aplasie au sens strict) de la production des globules. Elle découle de deux causes principales. Les métastases* osseuses qui s’accompagnent d’un envahissement tumoral de la moelle « asphyxient » le tissu médullaire normal, ralentissent son fonctionnement et diminuent sa production. La moelle* osseuse peut être aussi atteinte par une chimiothérapie* anticancéreuse ou une radiothérapie* sur de larges secteurs d’os la contenant. Quelques aplasies médullaires sont dues à une affection primitive de la moelle osseuse qui peut évoluer vers une leucémie*. Cette atteinte est rarement brutale et globale. Elle porte sur une seule catégorie de globules et entraîne dans le sang* une leucopénie (diminution des globules* blancs, spécialement des granulocytes*), une thrombopénie (diminution des plaquettes*) ou une anémie* (diminution des globules* rouges) ou bien elle touche simultanément toutes ces cellules, faisant alors parler de « pancytopénie ». Après une thérapeutique avec toxicité globulaire, l’arrêt de la fabrication des globules se traduit dans le sang selon la durée de vie des cellules : les globules blancs et les plaquettes, qui ont une vie de quelques jours, voient leur nombre diminuer rapidement pour atteindre un minimum environ dix jours plus tard, avant de récupérer grâce à une reprise de la moelle quelques jours après l’arrêt du traitement ; les globules rouges, dont la demi-vie est voisine de 60 jours, ne baissent que lentement, au fil des semaines, et seulement si le traitement est poursuivi. L’aplasie médullaire favorise des complications liées à l’insuffisance globulaire : des hémorragies* en cas de thrombopénie profonde, des infections* en cas de leucopénie sévère. Le traitement d’une aplasie médullaire dépend de sa cause. Un envahissement de la moelle par le cancer justifie un traitement anticancéreux, même s’il accroît momentanément l’insuffisance globulaire. Une aplasie liée à une chimiothérapie* se répare spontanément après 10 à 20 jours de repos thérapeutique, ce qui permet de répéter le traitement après 3 à 4 semaines, en cycles*. Cette récupération peut être stimulée et accélérée par des facteurs* de croissance. Elle peut être aussi favorisée par une greffe* de moelle ou une transfusion de cellules souches sanguines, réalisée après l’application thérapeutique. Bernard Hœrni

  • Apoptose

    Appelée aussi « mort cellulaire programmée », l’apoptose (en gr. chute des feuilles à l’automne) a été identifiée en 1972. Elle correspond aux phénomènes qui conduisent normalement à la mort « en douceur », indispensable à l’équilibre (ou homéostasie*) du corps pour tenir compte du renouvellement des tissus*. Elle diffère de la nécrose*, où la destruction « brutale » de la cellule* est provoquée par des conditions anormales ou un agent toxique. Elle est contrôlée par différents types de gènes*, la plupart oncogènes*, certains la stimulant, tels que le gène Bax ou les caspases, d’autres l’inhibant comme le gène Bcl-2 impliqué dans les lymphomes* folliculaires ; la protéine p53* est un des principaux effecteurs de ce contrôle. Dans certains cancers, l’accumulation des cellules à l’origine de la tumeur serait due en partie à une apoptose insuffisante et pas seulement à une production accrue. Certains traitements anticancéreux favorisent l’apoptose et éliminent ainsi des cellules en excès. Pierre Soubeyran

  • Appareil

    On désigne ainsi un ensemble d’organes assemblés pour accomplir une fonction déterminée. Ils sont généralement soumis à des facteurs cancérogènes communs et présentent des cancers de même type. Ainsi l’appareil respiratoire* (Figure in Respiratoire*), des narines aux alvéoles des poumons*, est exposé à la fumée de tabac* qui détermine des cancers, parfois multiples*, le long de la muqueuse* qui tapisse ces conduits véhiculant l’air, sur le larynx* et les bronches* principalement. L’appareil digestif* (Figure in Digestif*), des lèvres* à l’anus*, est soumis à l’influence de l’alimentation* qui a un rôle déterminant à l’origine des cancers du tube digestif, dans lequel transitent les produits alimentaires, ou dans les glandes* qui lui sont annexées, le pancréas* et le foie*. L’appareil urinaire* (Figure in Urinaire*) a pour fonction d’élaborer puis d’éliminer l’urine chargée de déchets : ses cancers sont plus rares et d’un type particulier qui dépend de la muqueuse*, dite urothéliale, constituant la paroi des canaux urinaires, des reins* à l’orifice externe de l’urètre*. L’appareil de reproduction ou génital* (Figures in Génital*) comprend les gonades* ou glandes sexuelles, les tubes qui conduisent les gamètes qu’elles produisent chez la femme, l’utérus* où se déroule la grossesse*, chez l’homme la prostate* qui contribue à la production de sperme : tous ces organes présentent des cancers variés mais qui ont une certaine communauté entre l’ovaire* et le testicule*. Les appareils respiratoire ou digestif, exposés à des substances extérieures, font beaucoup plus de tumeurs que les autres, ce qui témoigne de l’importance de l’environnement* à l’origine des tumeurs malignes*. Dans le même sens on parle aussi de système, qui s’applique surtout au système* nerveux. On parle également de système vasculaire qui réunit le cœur* et les vaisseaux*, dont les cancers sont exceptionnels, ou de système cutané pour désigner l’ensemble de la peau* exposée aux influences extérieures et présentant de nombreux cancers. Bernard Hœrni

  • Appendice

    Autant l’appendicite – inflammatoire ou infectieuse – est fréquente, autant les cancers de l’appendice sont rares. Ce petit vestige anatomique situé à l’origine du gros intestin (côlon*) est le siège de rares tumeurs qui sont souvent de malignité* incertaine ou faible. Il peut s’agir de lymphomes*, de tumeurs carcinoïdes* ou de carcinomes*. Ils se manifestent par une tumeur de la partie inférieure et droite de l’abdomen*. Le traitement est principalement chirurgical, éventuellement complété par une radiothérapie* ou une chimiothérapie*. Le pronostic* dépend de la nature exacte de la tumeur et de son importance lorsqu’elle est découverte. Bernard Hœrni