• Lettre J
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  • Jabot post-radiothérapique

    On appelle ainsi l’augmentation de volume visible, molle ou souple, de la région située sous le menton, à la partie antérieure du cou. Il correspond à un lymphœdème* après une irradiation du cou pour un cancer des voies* aéro-digestives supérieures ou un lymphome*. Il ne s’agit pas d’une complication mais d’une réaction assez fréquente et inesthétique qui inquiète le malade mais le gêne peu et se résorbe sans traitement en quelques mois. Bernard Hœrni

  • Jacquillat

    (Claude, 1929-1990). De formation hématologique, ce cancérologue a créé le Service d’Oncologie médicale à l’Hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris. Un des promoteurs de la chimiothérapie* néoadjuvante*, il a organisé dans les années 1980 sur ce sujet des congrès internationaux qui ont eu un grand retentissement.

  • JALMALV

    (Jusqu’À La Mort Accompagner La Vie). Ce mouvement a été créé en 1985 pour promouvoir l’accompagnement* des personnes en fin de vie, en particulier celles atteintes d’un cancer, et les soins palliatifs*. Fondé à Grenoble à l’initiative de l’équipe hospitalière de cancérologie, il comporte des dizaines de sections locales réunies en une fédération nationale, elle-même liée à des associations internationales comme l’European Association for Palliative Care. Les buts de JALMALV sont de faire évoluer les attitudes face à la mort*, de promouvoir une recherche* sur l’accompagnement, d’améliorer le soutien aux malades, à leur famille* et à leurs soignants. Il encourage toute initiative favorisant la possibilité de vivre la fin de sa vie sans précipitation ni acharnement*, en tenant compte de tous les aspects médico-techniques, sociaux, psychologiques et spirituels de cette période. JALMALV publie un bulletin trimestriel pour diffuser les réflexions émanant de réunions de travail ou de conférences et servir d’organe de liaison entre ses divers membres. Bernard Hœrni

  • Japon

    Ce grand archipel habité par une population importante et évoluée a donné à la cancérologie de nombreuses études épidémiologiques*. Après les explosions atomiques d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, les Japonais irradiés et survivants ont fait l’objet d’une observation prolongée, sous l’égide d’une commission nippo-américaine. On a ainsi enregistré une augmentation modérée mais significative de divers cancers, notamment de radioleucémies*, principalement au cours de la deuxième décennie suivant l’irradiation. On y observe l’incidence* la plus élevée du cancer de l’estomac* qui représente à lui seul un tiers des cancers dans les deux sexes, sept à huit fois plus qu’en France. D’abord interprétée comme d’origine raciale, cette incidence diminue chez les Japonais allant vivre aux États-Unis pour rejoindre, après une génération, celle qui s’observe chez les Américains. Ce taux élevé tient en réalité à une alimentation monotone à base de poisson fumé et salé, la même relation étant observée au Chili ou en Finlande. La diversification de l’alimentation* japonaise s’accompagne d’une diminution sensible des cancers de l’estomac tandis que l’augmentation du tabagisme* après la Seconde Guerre mondiale entraîne une augmentation importante de ceux des bronches*. Cette fréquence exceptionnelle a justifié des mesures de dépistage* par des enregistrements d’endoscopie* de l’estomac fait sur les lieux de travail grâce à des camions équipés du matériel nécessaire. Ce dépistage permet de reconnaître un taux élevé de cancers débutants et donne aux Japonais des résultats de traitement supérieurs à ceux des pays occidentaux. L’alimentation japonaise est aussi caractérisée par une consommation faible de graisses qui s’accompagne des fréquences* les plus basses de cancers du sein* et du côlon*. Plus récemment, c’est au sud du Japon qu’a été initialement observée l’infection au virus HTLV* I, présente à l’état endémique et favorisant l’apparition d’un lymphome* particulier appelé ATL. Les chercheurs japonais ont donné de nombreuses contributions à la cancérologie expérimentale et humaine, démontrant le rôle cancérogène* des goudrons* (voir Yamagiwa*) ou découvrant la bléomycine*, médicament* anticancéreux isolé à la fin des années 1960. Les Japonais publient une revue médicale consacrée aux cancers, Gann, devenue en 1985 le Japanese Journal of Cancer Research. Voir aussi Hirohito*. Bernard Hœrni

  • Jargon

    Comme d’autres domaines scientifiques ou techniques, la cancérologie a son jargon ou langage vernaculaire propre aux médecins et autres professionnels qui y exercent (l’apprentissage de la médecine passe par l’acquisition de plus de 10 000 mots nouveaux). Certains mots autrefois destinés à cacher le diagnostic de cancer à un malade (néo*, kyste*, polype*, nodule, etc.) sont des « euphémismes » détournés de leur sens réel et de moins en moins utilisés : ils atténuent le choc* du diagnostic initial mais gênent ensuite l’adaptation* du malade à la réalité et sont source de décalage entre lui et sa famille*. Des raccourcis ou des abréviations simplifient le langage écrit comme une discussion orale : on parle par exemple d’une « femme hormonosensible » pour désigner une femme ayant un cancer du sein* dont les cellules* sont riches en récepteurs* hormonaux, ce qui laisse prévoir qu’elles seront sensibles à l’hormonothérapie* ; on utilise « chimio » pour chimiothérapie*, « hémoc » pour hémoculture*, « num » pour numération* globulaire, « perf » pour perfusion*. Des acronymes sont composés avec la première lettre de plusieurs médicaments* associés dans une chimiothérapie (DBVD pour Doxorubicine* + Bléomycine* + Vinblastine* + Dacarbazine*), des noms de code sont donnés aux protocoles thérapeutiques (H75 pour un schéma de traitement de la maladie de Hodgkin* mis au point en 1975). De nombreuses données sont synthétisées dans un stade* de développement tumoral (classification TNM*), etc. Quelques expressions sont simplement commodes, faute de mieux : les tumeurs solides* s’opposent aux cancers du sang* « liquides » ou les tumeurs des tissus mous désignent des sarcomes* des tissus* conjonctifs* autres que l’os* et le cartilage considérés comme durs. Les malades cancéreux ont aussi leur jargon. Il se calque sur celui des médecins pour les mêmes euphémismes : kystes* ou polypes*, ou fait appel à des mots médicaux plus connus ou plus compréhensibles : décalcification, arthrose, rhumatisme. Il s’agit souvent d’éviter de prononcer le terme « cancer » qui fait peur sinon au patient, du moins à son entourage. On parle de « ça », du « mal », du « mauvais mal », de « cellules* positives », de « traces malignes », d’adhérences*, à la rigueur de « petit » cancer. Parfois le langage est elliptique : « vous savez bien… », « ce qu’on n’ose pas dire », etc. D’autres termes s’appliquent aux lieux de soins et présentent une grande variété, faisant appel à des images sinistres ou ironiques, partagées ou non entre malades. Bernard Hœrni

  • Jaunisse

    Voir Ictère*.

  • Jean-Godinot

    (Institut). Centre* de lutte contre le cancer de Champagne-Ardenne et du département de l’Aisne, ainsi nommé pour rendre hommage au Chanoine Godinot*, un des premiers à s’adresser aux soins et à l’hospitalisation* des cancéreux. Inauguré en 1925, au sein de l’Hôpital de Reims, il s’est développé progressivement sous la direction du Dr Baud (1925-1930), du Professeur Techoueyres (1931-1940), du Dr J. Bouvier (1941-1953), des Professeurs R. Lefevre (1953-1968), A. Cattan (1968-1994), S. Kochman (1994-1999) et J.N. Munck (1999-2005) pour s’agrandir et transférer progressivement ses activités au Val-de-Murigny où il est maintenant entièrement regroupé. Il réunit plus de 85 lits d’hospitalisation complète, 15 lits en ambulatoire (12 lits en hôpital de jour et 3 en chirurgie ambulatoire) et une quarantaine de médecins. Son plateau technique comporte les installations habituelles de radiologie, radiothérapie*, bloc opératoire, laser* et laboratoires. Les axes de recherches* sont la prévention et le dépistage des cancers liés au tabac*, l’épidémiologie* et le traitement des cancers de la thyroïde, l’immunothérapie cellulaire et l’expertise des traitements classiques (chirurgie*, radiothérapie*, chimiothérapie*) des cancers. Jean-Nicolas Munck

  • Jean-Perrin

    (Centre). Centre* de lutte contre le cancer d’Auvergne, il a été créé en 1963 par le Professeur G. Meyniel qui l’a dirigé jusqu’en 1991. Achevé en 1973 dans l’enceinte du Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Clermont-Ferrand en liaison avec une Unité de l’INSERM*, c’est le dernier-né des vingt centres français. Il comporte près de 130 lits et réunit une cinquantaine de médecins. À côté des services de chirurgie*, radiothérapie* et médecine, il a un département de biophysique avec une unité de médecine* nucléaire, un laboratoire de radio-immunologie, un service d’anatomie pathologique, un laboratoire de biologie* moléculaire et de diagnostic génétique. Jacques Dauplat

  • Jeantet

    (Fondation). Créée en 1983 et basée à Genève, la Fondation Louis-Jeantet de médecine encourage les recherches* en médecine clinique ou fondamentale où le cancer a une bonne place. Pour ce faire, elle attribue son Prix annuel de 1,5 million de francs suisses, à un, deux ou trois chercheurs exerçant leur activité en Europe occidentale, indépendamment de toute considération d’âge, de nationalité, de titre universitaire ou de diplôme et d’appartenance à un institut réputé. Les organes de la Fondation veillent à ce que les fonds accordés soient utilisés par les lauréats pour la réalisation de travaux qu’aucune autre fondation ou institution ne serait à même de financer dans leur totalité. La Fondation Louis-Jeantet prévoit par ailleurs la création et le financement de postes de rang professoral et de leur infrastructure en personnel administratif et/ou technique à la Faculté de médecine de Genève. En 1994 a été distingué le Professeur T. Boon de Bruxelles pour ses travaux sur les réactions immunitaires contre les cancers. Pierre Rentchnick

  • Jéjunum

    Voir Intestin* grêle.

  • Joachimsthal

    Voir Erzgebirge*.

  • Job

    Figure centrale du premier des Livres poétiques de l’Ancien Testament, Job est un des personnages le plus anciennement atteints d’un probable cancer sous forme d’un ulcère* malin. Homme juste et comblé, également pieux, il est victime d’un pari entre Dieu et le Malin. Pour éprouver sa foi, Dieu laisse Satan le priver soudainement de ses biens, de sa famille* et le frapper dans son corps par cet « ulcère malin depuis la plante du pied jusqu’au sommet de la tête » qu’on ne peut interpréter aujourd’hui avec certitude. Il cherche à comprendre, refuse de reconnaître une culpabilité* que lui suggèrent des amis qui viennent le consoler et garde toute sa confiance en Dieu. Face à ce malheur incompréhensible, il se soumet sans plier, refuse une consolation illusoire et garde l’espoir. Il sera récompensé de cette attitude en recouvrant la santé, ses biens et ses proches. Job peut être considéré comme une figure emblématique de malade cancéreux, à la fois fier et humble, et ses réactions représentent un modèle qui peut être suivi sans être généralisé. Son exemple suggère qu’un malade doit être soulagé et entouré, qu’il ne doit pas être jugé, que ses positions doivent être respectées et suivies. Penseur dérangeant, l’écrivain Bernard Lazare (1865-1903) a rédigé Le Fumier de Job qui devait être son testament spirituel, mais qu’il n’acheva pas, tué par un cancer à 38 ans. Bernard Hœrni

  • Johnson

    (Lyndon Baines, 1908-1973). Devenu président des États-Unis après l’assassinat de John F. Kennedy en novembre 1963, L.B. Johnson ne cacha ni son infarctus du myocarde, ni une intervention sur la vésicule biliaire (cholécystectomie) qui entraîna une prolongation de son hospitalisation, rattachée à des complications postopératoires. En réalité ce supplément fut motivé par une intervention sur un petit cancer des cordes vocales (voir Larynx*) qui ne fut révélé qu’après sa mort, par un de ses secrétaires. Bernard Hœrni

  • Joliot-Curie

    Voir Curie*.

  • Journal d'un curé de campagne

    (Le, 1936). Livre de Georges Bernanos (1888-1948) dont le héros présente un cancer de l’estomac*, révélé par des vomissements* sanglants (hématémèses*) et accompagné d’un ganglion* au-dessus de la clavicule gauche (de Troisier*) qui permet au médecin de faire le diagnostic*. A inspiré un film* de Robert Bresson.

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