• Lettre K
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  • Kahler

    (Otto, 1849-1893). Médecin et anatomo-pathologiste* autrichien qui publie en 1889 la première observation, chez un malade suivi jusqu’à sa mort, du cancer de la moelle* osseuse qui prendra son nom mais qu’on appelle plutôt, désormais, myélome* multiple.

  • Kahler (maladie de)

    Voir Myélome*.

  • Kahun

    Nom du papyrus égyptien le plus ancien (xxiie siècle av. J.-C.) dans lequel, à côté de notions vétérinaires, figurent des mentions de maladies gynécologiques. On y trouve des indications sur les tumeurs* dont certaines sont reconnues malignes* en raison de leur évolution défavorable, ainsi que la première description du cancer de l’utérus* qui dégage une « odeur* de viande rôtie ». Bernard Hœrni

  • Kaplan

    (Henry, 1918-1984). Né à Chicago, il étudie la médecine et se spécialise en radiologie à l’Université du Minnesota avant de devenir chef du département de radiologie de l’université Stanford (Californie) en 1948, d’abord au Presbyterian Hospital de San Francisco puis sur le campus de Palo Alto. Il profite de la proximité de physiciens spécialisés dans l’accélération des électrons* pour mettre au point, avec Edward Ginzton, un des premiers accélérateurs* linéaires, d’une énergie de 4,8 MV, utilisé dans la radiothérapie des cancers. Le premier malade traité est un enfant de deux ans atteint d’un rétinoblastome* de l’œil restant après énucléation de l’autre œil pour une première tumeur. La guérison* par la seule radiothérapie avec conservation de la vision est définitive. Le prototype de cet accélérateur est au Smithsonian Institute à Washington. Une industrie de ces équipements, liée à la firme Varian, allait se développer à Stanford. L’action de ces rayons* X, donnés à fortes doses, a concerné toutes les localisations des cancers mais la contribution la plus originale de Kaplan concerne les lymphomes* malins (maladie de Hodgkin* et lymphomes non-hodgkiniens). Il montre, grâce à divers essais* thérapeutiques comparatifs menés à partir de 1962, que la guérison* est mieux obtenue par radiothérapie étendue que par radiothérapie limitée aux seules régions cliniquement atteintes, et que la dose de 40 grays* est nécessaire et peut être donnée dans des volumes importants (cette technique de radiothérapie segmentaire prendra son nom). Puis il montre avec Saul Rosenberg comment associer les nouvelles chimiothérapies* à la radiothérapie segmentaire dans les divers lymphomes et contribue à leur classification par stades* en s’aidant de la laparotomie* exploratrice. Il mène une activité de recherche* en biologie fondamentale et montre que les radioleucémies* de la souris* sont dues à la libération par l’irradiation d’un provirus situé dans le thymus*. En 1980, il parvient à créer un anticorps monoclonal* né d’un hybridome entre une cellule de rate (splénique) et une cellule de myélome*. L’école de Stanford que Kaplan anime avec Malcolm Bagshaw est un des hauts lieux de la formation des cancérologues radiothérapeutes. Il contribue à la reconnaissance d’une formation en radiothérapie distincte de la radiologie-imagerie* : de 1960 à 1990 le nombre de radiothérapeutes américains passe de 200 à 2 000. Kaplan est le premier président de l’American Society of Therapeutic Radiology and Oncology ou ASTRO. Homme d’influence médicale et politique, il donne l’exemple d’un humanisme moderne. Premier lauréat du prix Kettering* de la General* Motors, membre de l’Académie des Sciences de Paris, officier de la Légion d’Honneur, il était membre d’honneur de la Société Française de Radiologie. Alain Laugier

  • Kaposi

    (Maladie de). Connue depuis 1872 après sa description par le dermato-vénéréologue viennois Moritz Kaposi* (1837-1902), son intérêt a été relancé par la découverte du sida*, dont elle est un des éléments et qu’elle a contribué à individualiser. Le terme de maladie de Kaposi est préférable à celui de sarcome* de Kaposi, car on ignore encore sa nature exacte. Le début en plusieurs sièges, la fréquence des rémissions* spontanées, en particulier après arrêt d’un traitement immunosuppresseur, la faible mortalité*, l’absence d’anomalie des chromosomes*, suggèrent qu’il s’agit, au moins au début, d’une hyperplasie* réversible plutôt que d’une néoplasie* maligne*. La maladie de Kaposi est caractérisée par une double prolifération* vasculaire, de la paroi des vaisseaux* (endothélium), et de cellules fusiformes. La responsabilité d’un virus* du groupe herpès* est maintenant démontré. Sous le même nom, il existe au moins quatre affections différentes par leurs conditions d’apparition, leur aspect et leur évolution. La maladie de Kaposi classique est une affection rare, chez des hommes âgés de 50 à 70 ans, d’ascendance méditerranéenne ou juifs d’Europe centrale, un peu plus fréquente en Afrique du Nord et en Italie du Sud. L’atteinte de la peau est prédominante et souvent révélatrice, débutant sur les pieds et les jambes, plus rarement sur les organes génitaux ou les avant-bras. Il s’agit de lésions multiples de couleur rouge violacée, souvent prises au début pour de simples ecchymoses. Initialement superficielles, elles s’épaississent en plaques ou tuméfactions, en nodules bruns ou violacés, de tailles variables, kératosiques* ou ulcérés*. À un stade* avancé, un œdème* des membres inférieurs, dur et scléreux, s’associe aux placards infiltrés et aux nodules pour former un véritable « éléphantiasis ». Le tube digestif*, les ganglions* lymphatiques ou les os* peuvent être également atteints. Habituellement les lésions évoluent lentement et l’état général est conservé pendant de longues années. La maladie de Kaposi africaine, décrite au Cameroun en 1922, est fréquente en Afrique équatoriale. Quatre formes s’observent : une forme nodulaire comparable à la précédente, une forme agressive locale qui débute comme la précédente mais évolue rapidement, une forme généralisée avec des lésions cutanées diffuses, des atteintes viscérales, surtout digestives, et une évolution fatale rapide, enfin une forme de l’enfant*, où les atteintes ganglionnaires sont associées à une altération de l’état général et qui entraîne la mort en quelques mois. Les maladies de Kaposi au cours d’immunosuppression ont été décrites avant la découverte du sida. Les lésions cutanées surviennent plusieurs mois après une corticothérapie* générale ou un traitement immunosuppresseur chez un sujet transplanté*, ou bien en association avec un lymphome*. L’arrêt de l’immunosuppression peut entraîner une régression des lésions. La maladie de Kaposi associée au sida touche avec prédilection les sujets contaminés par voie sexuelle, ce qui suggèrait l’intervention d’un virus différent du VIH* : un nouvel herpèsvirus*, HHV8, a pu être mis en évidence. Cette forme est caractérisée par une diffusion des lésions cutanées, une atteinte viscérale plus fréquente et une évolution rapide. Les lésions cutanées éruptives sont diffuses sur le visage et en particulier le nez. La bouche est atteinte dans la moitié des cas, le palais présente une nappe rougeâtre qui s’étend progressivement. Au début, le diagnostic est difficile mais, au stade de papulo-nodules violacés, la biopsie* permet de reconnaître la double prolifération vasculaire et fusiforme. Les lésions se multiplient sur la peau, le tube digestif, dans les ganglions, les poumons*, la plèvre*, le foie*, la rate*… Le pronostic est sombre avec une survie* médiane de 11 mois (la moitié des malades étant morts à ce moment). Le décès est dû à la maladie de Kaposi elle-même ou à des infections* opportunistes*. Les résultats médiocres des traitements généraux (chimiothérapie*, interférons*) et l’importance de leurs effets secondaires* font que souvent on se contente de traiter localement les tumeurs les plus gênantes ou les plus exposées. Dans les formes peu évolutives du sujet âgé ou dans celles du sida, l’abstention est justifiée. Dans la forme associée à un traitement immunosuppresseur, la diminution ou l’arrêt du traitement peut entraîner une régression, voire une guérison* des lésions. Dans les formes classiques ou africaines localisées, la radiothérapie* superficielle obtient des rémissions fréquentes et souvent prolongées. Dans les formes plus étendues, une chimiothérapie (vinblastine*, bléomycine*) ou l’interféron alpha donnent de bons résultats, après plusieurs semaines de traitement. Quand la maladie de Kaposi est associée au sida, divers traitements sont possibles : les moyens locaux mettent en jeu une radiothérapie*, une excision chirurgicale, une destruction au laser*, une injection de chimiothérapie dans les lésions ; les traitements généraux par vinblastine*, bléomycine*, étoposide* ou interféron alpha donnent 20 à 30 % de rémissions partielles et de courte durée, tandis que les associations de plusieurs médicaments* sont évitées, parce qu’elles exposent à des infections opportunistes. Bernard Hœrni

  • Karinthy

    (Frigyes). Voir Voyage* autour de mon crâne.

  • Karnofsky

    (David A., 1914-1969). Cancérologue américain du Memorial* Sloan-Kettering Institute qui a joué un rôle important dans le développement de la chimiothérapie* au milieu du xxe siècle. Son nom reste attaché à l’échelle d’évaluation des conditions* de vie.

  • Kératose

    Lésion correspondant au développement excessif de la couche cornée d’un revêtement ou épithélium*, peau* ou muqueuses*. Elle se traduit par une croûte qui persiste ou se reproduit et peut donner une petite corne. La kératose actinique, liée au rayonnement du soleil*, est la forme la plus fréquente qui se développe sur des régions exposées : visage, cou, dos des mains, chez des personnes âgées. C’est l’importance de l’exposition au soleil plus que l’âge* qui en est la cause. D’autres kératoses sont induites par l’arsenic*, des produits chimiques ou les radiations* ionisantes. Ce sont des lésions précancéreuses* qui doivent être traitées par une excision chirurgicale limitée, par neige carbonique ou par fluorouracile* appliqué localement. Ce traitement fait disparaître des lésions gênantes ou inesthétiques ainsi que leur risque de dégénérescence*. D’autres lésions semblables peuvent se reproduire dans leur voisinage sur la peau exposée aux mêmes facteurs de risque. Bernard hœrni

  • Kettering

    (Charles F.). Inventeur et industriel, il établit les laboratoires de recherche de General* Motors dont il devient directeur. En 1945, il fonde avec Alfred Sloan* le Memorial* Sloan-Kettering Institute pour favoriser la recherche fondamentale sur le cancer. Ayant pris sa retraite en 1947, décédé en 1958, il donne son nom à l’un des trois prix de la société General Motors qui distingue depuis 1979 une personnalité ayant contribué à la recherche en cancérologie. En 1994 son lauréat est un des auteurs de cet ouvrage, le Professeur L. Degos de l’Hôpital Saint*-Louis à Paris, pour ses travaux sur le traitement de la leucémie* aiguë promyélocytaire par les rétinoïdes*. Il est le premier Français récompensé par ce prix. Bernard Hœrni

  • Kienböck

    (Robert, 1871-1953). Radiologue autrichien qui propose le premier, en 1905, d’utiliser une unité pour mesurer la dose* de rayons servant à la radiologie*.

  • Kinésithérapie

    Discipline paramédicale qui joue un grand rôle dans les soins aux malades cancéreux, pour une rééducation motrice et des massages. Elle existait déjà dans la Rome antique, exercée soit par des employés subalternes attachés à des thermes, avec parfois une connotation érotique, soit par des médecins-masseurs consacrés à l’entraînement sportif et à la rééducation fonctionnelle. La profession de masseur-kinésithérapeute a été réglementée en France par la loi du 30 avril 1946 créant le diplôme d’État correspondant. La rééducation est utile après diverses interventions laissant des séquelles motrices. Au maximum, elle apprend à marcher avec une prothèse* après une amputation de jambe nécessitée par le traitement d’un ostéosarcome*. Elle est plus souvent indiquée après des interventions pour cancers ORL* ou du sein* qui retentissent sur les nerfs, la musculature et les mouvements correspondants. Très vite après l’intervention, l’opéré doit apprendre à manœuvrer son membre supérieur pour réduire au minimum son immobilisation et les risques d’une raideur articulaire ou de douleurs*, éviter une atrophie des muscles* et garder la souplesse normale. Le kinésithérapeute doit expliquer au malade les mouvements et le motiver pour qu’il les répète ensuite seul dans la journée et les poursuive à sa sortie de l’hôpital. Un petit livret explicatif aide l’opéré à renouveler cette mobilisation avec régularité et persévérance. L’objectif est de maintenir les aptitudes physiques malgré les suites de l’opération, avec la participation active du malade. La kinésithérapie est aussi utile, avant ou après l’intervention ou encore lors de certaines complications, pour faciliter les mouvements respiratoires, pour récupérer des gestes atteints par une complication nerveuse ou pour réduire un lymphœdème*. Dans ce dernier cas, le drainage lymphatique répond à une technique particulière de massage qui aide à évacuer la lymphe responsable de gros* bras ou d’une grosse jambe. Il peut être complété ou relayé par une pressothérapie*. Les kinésithérapeutes – plus de 40 000 en France – ont aussi un rôle psychologique en aidant les malades à se décontracter, à se relaxer par une mobilisation générale et douce. Cette mobilisation est également précieuse en fin de vie, lors de l’accompagnement*, quand il s’agit de préserver le plus longtemps possible des capacités motrices et une autonomie* personnelle de déplacement. Bernard Hœrni

  • Kleist

    (Heinrich von, 1777-1811). Né trois ans après le Werther de Gœthe, cet écrivain romantique allemand prendra le prétexte du cancer d’une femme aimée pour commettre avec elle un double suicide*. Vivant dans une Allemagne en mutation, produisant des œuvres qui lui survivront mais connaîtront d’abord l’échec, épris de liberté et d’absolu et ne rencontrant que l’incompréhension, la maladie, la solitude et enfin la misère, il songe à mettre fin à ses jours. Il a proposé sans succès à sa cousine Marie von Kleist de se joindre à lui pour cet acte. L’occasion lui est offerte quand la musique* le rapproche de Henriette Vogel, jeune femme pleine de vitalité mais qui va apprendre qu’elle souffre d’un cancer incurable. Lorsqu’après avoir achevé Le Prince de Hombourg Heinrich von Kleist l’apprend, il lui propose de mettre fin ensemble à leurs jours, ce qu’Henriette va préférer à une déchéance lente. Le 20 novembre 1811 ils descendent à une auberge dans la forêt de pins près de Postdam au bord du lac de Wannsee. C’est sur la rive qu’on trouvera leurs corps le lendemain en fin d’après-midi, elle tuée d’une balle dans le cœur, les yeux grand ouverts, lui avec le pistolet fatal encore dans la bouche, tous les deux définitivement unis comme ils en avaient lucidement formé le vœu. Bernard Hœrni

  • Kousmine

    (Catherine, 1904-1992). Travaillant près de Lausanne, le Dr Kousmine a proposé un régime alimentaire propre à prévenir ou à traiter les cancers, de même que des affections chroniques comme les rhumatismes et la sclérose en plaques. Pour elle, cancer et allergie* sont des réactions inflammatoires* comparables et favorisés par une alimentation pauvre en « substances vitales ». Par opposition elle propose une alimentation riche en céréales, crudités et huiles végétales, complétée par des lavements à la camomille ou à l’huile de tournesol, tandis que viande, œufs, chocolat et alcool* sont interdits. Les bases de ses conceptions sont contestables et les résultats de son régime n’ont jamais été démontrés. Le Dr. Kousmine a publié des ouvrages qui ont atteint un large public et elle a fondé une Association médicale internationale qui perpétue ses théories. Bernard Hœrni

  • Krebs

    (Edwin G., 1918- ). Biochimiste américain travaillant à l’Université de Seattle (État de Washington) et lauréat, avec E.H. Fischer*, du prix Nobel de médecine 1992. Ce prix leur a été décerné pour la découverte de la « phosphorylation réversible des protéines* en tant que mécanisme de régulation biologique ». Elle-même sous la dépendance des facteurs* de croissance et de certains oncogènes*, cette phosphorylation contribue au contrôle de la prolifération* des cellules*, fondamentalement perturbée au cours d’un cancer. Son dérèglement est reconnu en particulier au cours de la leucémie* myéloïde chronique. La meilleure compréhension de ces réactions biochimiques ouvre de nouvelles voies aux traitements anticancéreux. (Krebs signifie cancer en allemand). Bernard Hœrni

  • Krukenberg

    (Tumeur de). Cancer d’un ou des deux ovaires*, secondaire* à une tumeur primitive* située sur un autre organe de l’abdomen*, le plus souvent de l’estomac*. Il s’explique par la migration de cellules* cancéreuses au sein de la cavité du péritoine*.

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