• Lettre L
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  • La vie est immense et pleine de dangers

    Le titre de ce film* français de D. Gheerbrant (1995) est dû à l’enfant de 8 ans Cédric, atteint d’un authentique cancer et qui a été filmé plusieurs mois. De même que d’autres enfants malades filmés simultanément, il se présente comme une personne capable d’affronter la maladie, de réfléchir aux questions qu’elle pose, d’apprécier l’appui de ses parents comme d’être solidaire des autres petits patients, de supporter courageusement la chimiothérapie*, d’envisager l’avenir de façon positive et avec réalisme, sans exclure la possibilité de mourir. Réalisé pour la télévision, ce film est le premier documentaire filmé pour le grand public sur ce sujet. Il est honnête, évite la sensiblerie comme le voyeurisme et montre qu’un cancer n’empêche pas de vivre. Bernard Hœrni

  • Lacassagne

    (Antoine, 1884-1971). Le nom d’Antoine Lacassagne reste attaché au rôle des hormones* à l’origine des cancers. Interne des hôpitaux de Lyon en 1908, il prépare sa thèse sur les effets des rayons* X sur les ovaires* sous la direction de Claudius Regaud*, qu’il suit à Paris quand ce dernier est appelé à la direction de l’Institut du Radium*. Avec Regaud* et Coutard, il conduit de nombreux travaux, associant recherches expérimentale et clinique, qui vont fonder la radiothérapie* moderne et donner à la Fondation Curie un rayonnement mondial. En 1932, il montre que l’injection d’hormones femelles (œstrogènes*) à des souris* augmente la fréquence des cancers mammaires, chez la femelle et à un moindre degré chez le mâle, mais seulement dans les espèces faisant spontanément de tels cancers. Appelé en 1937 à succéder à Claudius Regaud à la tête de la Section Biologie de l’Institut du Radium, il poursuit de nombreuses activités de recherche* (en radiobiologie* et endocrinologie) et d’enseignement*, au-delà de sa retraite en 1954 avec R. Latarjet* et jusqu’à sa mort, recevant en 1962 un prix spécial des Nations Unies pour l’ensemble de son œuvre. Son nom a été donné au centre* de lutte contre le cancer de Nice. Bernard Hœrni

  • Lacticodéshydrogénase

    (Abrév. LDH). Enzyme* catalysant la formation de lactate, et dont le dosage est utile au cours de certains cancers et d’autres maladies. Elle est normalement présente dans de nombreux organes (reins, cœur, muscles, foie, poumon) ainsi que dans le sang* où on peut mesurer son activité. Son augmentation reflète l’existence de certaines maladies non cancéreuses (infarctus du myocarde, hépatite*, cirrhose*) ou cancéreuses (leucémies*, lymphomes*, métastases* hépatiques). Son dosage ne permet pas de diagnostic* mais aide à suivre l’évolution d’une tumeur, sous traitement ou en cas de rechute*. Jacques Robert

  • Laennec

    (René Théophile, 1781-1826). Surtout connu pour son invention du stéthoscope et ses études sur la tuberculose*, Laennec envisage aussi le cancer dans son livre De l’auscultation médiate ou Traité du diagnostic des maladies du poumon et du cœur (1819). Promoteur, à la suite de Bichat, de l’anatomie* pathologique, il sépare les tumeurs* en deux groupes selon qu’elles reproduisent un tissu normal ou qu’elles forment un tissu différent. Il s’oppose vivement à Broussais* sur la place abusive que ce dernier attribue à l’inflammation* et précise : « Tous les tissus peuvent donner naissance à des cancers et, en général, la structure de ceux-ci porte l’empreinte de leur origine », ce qui reste vrai. Bernard Hœrni

  • Laetrile

    Appelé « vitamine B17 » (à tort car il n’a pas l’action d’une vitamine*), ce produit a pu être en vente libre aux États-Unis grâce à cette étiquette. Correspondant à l’amygdaline, extraite du noyau d’abricot, il est connu comme un poison utilisé dans l’Égypte ancienne par les prêtres pour se débarrasser de leurs ennemis. Il a été proposé au milieu du xixe siècle par un médecin de campagne français comme un remède contre le cancer, sans suite. Il a été introduit comme médicament* du cancer aux États-Unis en 1952. Pris par certaines personnalités du spectacle, il a connu un succès rapide dans les années 1970 et a même été diffusé par un laboratoire monégasque en France où il est peu répandu. Sous la pression du public qui espérait la reconnaissance de son efficacité, une expertise avec analyse en laboratoire et étude chez l’homme a été entreprise aux États-Unis en 1978. En 1982, la conclusion a été sans appel : le laetrile n’est d’aucun secours, qu’il soit utilisé seul, en association avec des vitamines ou avec des régimes naturels. De plus, beaucoup d’ampoules de laetrile contenaient des germes microbiens. Plus grave, le laetrile absorbé avec certains aliments provoque la formation de cyanure mortel, qui a été responsable de quelques décès d’enfants. Il a donc été interdit aux États-Unis mais reste disponible dans le Mexique voisin. Simon Schraub

  • Lait

    Produit par les glandes mammaires à la fin d’une grossesse* pour alimenter le(s) nouveau-né(s), le lait est un liquide biologique qui a quelques rapports avec les cancers. Chez la souris* il transmet, dans certaines espèces, le virus de Bittner* qui induit des tumeurs mammaires, chez les bovins* celui de la leucémie*, chez l’homme le virus* de l’immunodéficience (VIH). Chez la femme la lactation et l’allaitement d’un ou plusieurs enfants réduisent modérément l’apparition ultérieure de cancer du sein*. Le lait et ses nombreux dérivés jouent un rôle important pour l’équilibre nutritionnel de malades cancéreux ayant des difficultés pour s’alimenter : grâce à sa richesse en vitamines*, en calcium* et en protéines*, par la variété des produits disponibles, de leur goût*, de leur consistance. Bernard Hœrni

  • Lamarque

    (Paul, 1894-1970). Né en Gironde, il fait ses études de médecine à Bordeaux où il devient l’assistant du Professeur J. Bergonié* et un des premiers radiologues. Il est nommé professeur agrégé avant de se fixer à Montpellier comme chef de service adjoint du « centre* anticancéreux » créé en 1923. Il en devient le directeur en 1938 et contribue à son extension. Ses travaux portent principalement sur la radiobiologie, la radiothérapie* et la cancérologie pluridisciplinaire. Son nom sera donné à sa mort au Centre de Lutte contre le Cancer de Montpellier. Jean-Bernard Dubois

  • Lambret

    (Oscar, 1872-1943). Ce chirurgien a fait toutes ses études et sa carrière médicale à Lille. Nommé professeur en 1910, il est chargé par G. Roussy* de fonder, en 1929, le centre* de lutte contre le cancer de cette ville. Le premier établissement comporte 54 lits dans l’Hôpital Saint-Sauveur avec une annexe à l’Hospice Gantois. Après avoir reçu en 1921, du Président Hoover, un don de 1 g de radium, O. Lambret ne cesse de compléter, jusqu’à sa retraite en 1943, l’équipement du centre anticancéreux qui devait prendre son nom lors de son implantation à côté de la Cité hospitalière de Lille. Jacques Bonneterre

  • Langue

    (Cancers de la). La langue est une masse musculaire recouverte d’une muqueuse* qui contient des papilles gustatives et, à sa partie postérieure fixe (base), des îlots de tissu* lymphoïde s’apparentant à celui des amygdales*. Les cancers de la partie mobile (deux tiers antérieurs) appartiennent à la bouche* et diffèrent des cancers de la base qui sont des cancers de l’oropharynx (Figure in Voies aéro*-digestives). • Les cancers de la langue mobile atteignent l’homme dans 85 % des cas. Dans un cas sur dix, préexiste une lésion muqueuse (papillome*, leucoplasie*, lichen, infection* chronique par un champignon*) dont la découverte et le traitement assurent une prévention* de la transformation* maligne (dégénérescence*). Le cancer se développe neuf fois sur dix sous la forme d’un ulcère* ou d’un petit bourgeon favorisés par le tabac*, l’alcool* et une mauvaise hygiène dentaire. Le patient va consulter parce qu’il a découvert une anomalie d’un bord de la langue, une sensibilité anormale au chaud, au froid, aux aliments acides, parfois la présence de sang dans la salive* ou une douleur* dans une oreille ; au début la lésion est peu douloureuse et peut être confondue avec un aphte* mais ce dernier ne guérit pas en quelques jours comme un aphte banal. Le diagnostic repose sur le prélèvement (biopsie*) fait au cours d’une endoscopie* qui cerne les limites de la tumeur et vérifie l’absence d’un autre cancer associé (voir Cancer multiple*). Le traitement dépend de la taille de la tumeur et de la présence éventuelle de ganglions* au niveau du cou. Si la tumeur est limitée, elle peut être enlevée par chirurgie (glossectomie partielle ne laissant pas de séquelles) ou détruite par curiethérapie* à l’iridium*. Si elle est plus étendue, une irradiation externe associée ou non à une chimiothérapie* est une alternative à une exérèse élargie. Le traitement des adénopathies* est fonction du traitement de la tumeur primitive*. Le pronostic* est favorable (deux tiers des malades sont vivants à cinq ans) quand la tumeur est superficielle et l’atteinte ganglionnaire absente. • Les cancers de la base de la langue sont plus graves, souvent reconnus à un stade* avancé où ils envahissent les structures voisines (amygdale*, épiglotte, langue mobile). Ils se révèlent par une gêne unilatérale en avalant ou une douleur* d’oreille. Dans un tiers des cas, le diagnostic est fait par un examen ORL* motivé par une adénopathie. La radiothérapie externe constitue le principal traitement : elle donne de bons résultats dans le cas des tumeurs superficielles développées sur les formation lymphoïdes de la base de la langue. La chirurgie large avec réparation plastique est un recours possible. Jacques Brugère

  • Laparoscopie

    C’est une endoscopie* qui permet de regarder à l’intérieur de l’abdomen*, après injection d’air dans le péritoine*, par un tube (laparoscope) introduit à travers une petite incision de la peau et de la paroi. L’examen peut être complété par un prélèvement (biopsie*) sur une tumeur suspecte. La laparoscopie examine surtout la partie supérieure de la cavité abdominale, le foie*, la rate*, l’estomac*, le diaphragme qui la sépare du thorax*. Elle se distingue de la laparotomie*, qui correspond à une intervention chirurgicale avec ouverture large de la paroi, et de la cœlioscopie* qui explore plutôt la partie basse de l’abdomen et le bassin*.

  • Laparotomie

    Intervention chirurgicale qui consiste à ouvrir l’abdomen*, la laparotomie a plusieurs techniques selon le siège et les dimensions de l’incision de la paroi. Chez un malade suspect ou porteur d’un cancer, elle peut avoir un objectif diagnostique ou thérapeutique. La laparotomie est exploratrice quand une tumeur siège exclusivement dans l’abdomen et qu’un prélèvement (biopsie*) suffisant pour le diagnostic* n’est pas obtenu par des moyens plus simples. Elle peut se limiter à une biopsie, être complétée par une exploration visuelle ou par une ablation (exérèse) à but thérapeutique. Si le diagnostic est déjà connu, la laparotomie peut avoir pour objectif une exploration détaillée de l’abdomen par la vue et la palpation, à la recherche de lésions minimes échappant aux possibilités de l’imagerie* médicale. La laparotomie sert surtout à l’ablation de tumeurs, du tube digestif*, de tout ou partie de l’appareil génital* féminin (ovaires*, utérus*) ou d’un autre organe, avec ou sans évidement* ganglionnaire associé. Ces diverses manœuvres peuvent s’associer au cours de la même intervention, notamment quand un examen anatomo-pathologique* dit « extemporané » permet d’identifier immédiatement la tumeur et de guider la suite de l’opération. Après un traitement, une deuxième laparotomie peut être nécessaire pour évaluer exactement son résultat et décider un éventuel traitement complémentaire. Dans plusieurs de ces indications, la laparotomie peut être remplacée par une laparoscopie* complétée par cœliochirurgie*. Bernard Hœrni

  • Lapin

    Ce rongeur a été très utilisé pour la recherche* cancérologique. Il présente des tumeurs spontanées ou provoquées expérimentalement. Le cancer spontané le plus fréquent chez le lapin domestique est l’adénocarcinome* de l’utérus*. Les lymphomes* malins sont communs entre 8 et 18 mois. On observe également des cancers des canaux biliaires, des tumeurs embryonnaires du rein* et des carcinomes* mammaires. En 1932 Shope décrit chez des lapins du Kansas un fibrome* très contagieux qui peut être transmis par greffe* de cellules* ou par un broyat de cellules contenant le virus* responsable contre lequel l’animal s’immunise quand il guérit. Avec des extraits tumoraux comparables, le même auteur provoque chez des lapins sauvages l’apparition de papillomes*, qui dégénèrent en cancers chez le lapin domestique. La tumeur de Brown-Pearce, découverte en 1920, est également une tumeur virale qui se transmet facilement par greffe dans le testicule. Une autre tumeur dite Vx2 a été étudiée en raison de la grande taille de ses cellules, pour analyser leur circulation et leur éventuel arrêt dans les petits vaisseaux capillaires, à l’origine de métastases*. D’autres observations ont été faites sur l’oreille de cet animal dont la peau très fine laisse voir par transparence les nombreux vaisseaux qui l’irriguent. En badigeonneant la face interne de cette oreille avec du goudron* plusieurs fois par semaine pendant plusieurs mois, Yamagiwa* et Ichikawa ont obtenu en 1915 des verrues puis un ulcère* cancéreux (carcinome* spinocellulaire), chez environ un animal sur vingt ; ils prouvèrent ainsi que le goudron peut induire des cancers comme l’avait suspecté dès le xviiie siècle Percival Pott* chez les anciens ramoneurs. Bernard Hœrni

  • Laryngectomie

    La laryngectomie totale réalise l’ablation du larynx* avec trachéostomie* définitive. Elle a été pratiquée pour la première fois à Vienne par Theodor Billroth*, le 31 décembre 1873 sur un professeur de théologie âgé de 36 ans. L’analgésie était assurée par de la morphine* et les pertes de sang compensées par du vin administré par une sonde naso-œsophagienne. Ce patient mourut de récidive en juillet 1874. Elle peut être partielle, plus ou moins étendue, avec trachéotomie temporaire ou non. La laryngectomie subtotale évite la trachéotomie au prix d’une une reprise de la déglutition parfois longue et difficile. Jacques Brugère

  • Laryngectomisé

    Désigne une personne privée de son larynx* par une intervention chirurgicale (laryngectomie* totale) nécessaire au traitement d’un cancer de cet organe. Cette amputation* s’accompagne d’une perte de la voix* normale et nécessite une rééducation vocale permettant l’acquisition de la voix œsophagienne. En cas d’échec, l’acquisition d’une prothèse « Servox® » est indiquée. Ces opérés sont regroupés en associations* réunies en une fédération internationale, pour une entraide, notamment lors de la rééducation* vocale, et la défense d’intérêts communs d’ordre médical et social. Jacques Brugère

  • Larynx

    Les cancers du larynx sont parmi les plus fréquents des voies* aéro-digestives supérieures : environ 5 000 cas surviennent chaque année en France. Ils sont très différents selon leur siège exact. Le larynx est une boîte cartilagineuse qui contient les cordes vocales, entre le pharynx* en haut et la trachée* en bas (Figure). Il est constitué de trois cartilages principaux : le cartilage thyroïde a la forme d’un livre ouvert en arrière ; son extrémité supérieure épaissie en avant, surtout chez l’homme, est connue sous le nom de pomme d’Adam ; l’épiglotte a la forme d’une feuille dont la tige s’attache au-dessus de l’union des deux cordes vocales ; le cricoïde est un anneau cartilagineux renflé en arrière. Par rapport au plan des deux cordes vocales ou « glotte », on distingue trois niveaux : l’étage sus-glottique, ou vestibule laryngé dont le bord supérieur est appelé margelle, l’étage glottique constitué des deux cordes vocales et l’étage sous-glottique. Le larynx à un triple rôle : respiratoire (les cordes vocales s’écartent pour laisser passer l’air vers les poumons), phonatoire (les cordes vocales s’accolent et vibrent pour émettre la voix*) et mécanique (lors de la déglutition, les cordes vocales ferment le larynx et l’épiglotte se replie en arrière pour protéger la voie respiratoire de fausses routes alimentaires). Les cancers du larynx surviennent entre 50 et 70 ans dans deux tiers des cas. Les cas féminins augmentent régulièrement depuis 30 ans et représentent actuellement 10 % de l’ensemble. Ils naissent avec une fréquence sensiblement égale au niveau des cordes vocales et de l’étage sus-glottique, tandis que les cancers sous-glottiques représentent moins de 1 % des cas. Les facteurs de risque les mieux connus sont liés au comportement individuel (usage du tabac* et abus d’alcool*). Un tabagisme important (supérieur à 20 cigarettes par jour) et prolongé (plus de 20 ans) existe chez plus de 95 % des sujets atteints. L’alcoolisme chronique favorise surtout la cancérisation de la partie supérieure du larynx. Les professions les plus exposées aux cancers laryngés sont les métiers où des poussières ou des produits chimiques sont inhalés (amiante*, mines, textiles, bâtiments, hydrocarbures, industries chimiques, peintures). Des lésions bénignes (leucoplasies* et kératoses*) dégénèrent* dans 10 % des cas, dans un délai de 5 à 20 ans en fonction du tabagisme et de l’empoussièrement. Le diagnostic de ces lésions précancéreuses*, leur ablation par chirurgie* ou laser*, l’arrêt du tabac, préviennent leur transformation en tumeur maligne*. Les cancers de la corde vocale peuvent être reconnus à un stade* précoce car la modification de la voix (enrouement) s’entend dès qu’une irrégularité apparaît. Toute personne dont la voix est voilée plus de 15 jours doit être examinée par un médecin ORL*. Une biopsie* est faite sous endoscopie* (laryngoscopie directe). Il peut s’agir d’une lésion bénigne* (polype*, leucoplasie*) dont l’excision restaure la voix. Une tumeur limitée ne s’accompagne pas d’adénopathie*. Elle est accessible à un traitement conservateur qui donne les meilleures chances de guérison* définitive (survie à cinq ans d’environ 90 %, égale à celle d’un groupe de sujets non atteints de même âge). Deux traitements sont possibles : l’ablation chirurgicale (cordectomie par voie externe, par endoscopie ou par laser) ou une radiothérapie*. La voix reste plus souvent modifiée après opération qu’après irradiation. Une tumeur étendue à l’autre corde vocale, infiltrant en profondeur le muscle vocal ou débordant vers l’étage sus-glottique ou sous-glottique, nécessite une laryngectomie totale ou subtotale. La laryngectomie* totale retire la totalité du larynx, donc les cordes vocales, et pratique l’abouchement permanent de la trachée à la base du cou par une trachéostomie*. L’air inhalé pénètre alors définitivement par cet orifice. La déglutition est normale dès la cicatrisation obtenue. Le handicap vocal et respiratoire est minimisé par une rééducation* vocale et la kinésithérapie* respiratoire. Pour éviter une opération mutilante, la radiothérapie* est parfois utilisée seule avec succès et en réservant la chirurgie aux cas où elle échouerait. Une chimiothérapie* préalable peut entraîner une régression importante de la tumeur et annoncer une bonne efficacité de la radiothérapie. Les tumeurs nées au niveau de l’étage sus-glottique sont reconnues plus tard car elles se développent insidieusement dans une cavité extensible, respectent longtemps la voix et sont peu douloureuses. Une gêne unilatérale à la déglutition, une impression de corps étranger, une douleur* dans une oreille, un ganglion* sous l’angle de la mâchoire ou de chaque côté peuvent les révéler. Un enrouement ou une gêne respiratoire traduit une tumeur volumineuse. Les tumeurs limitées à la partie haute du vestibule laryngé et de la margelle peuvent être traitées par irradiation ou chirurgie partielle. Les tumeurs étendues ne peuvant pas bénéficier d’une laryngectomie subtotale sont traitées soit par laryngectomie totale associée à un évidement* des ganglions du cou et suivie d’une irradiation, soit par irradiation seule, en réservant la chirurgie aux échecs de cette dernière. Plus de la moitié des malades traités sont guéris. L’arrêt complet du tabac et la réduction des boissons alcooliques diminuent le risque de récidive ou de second* cancer ORL ou bronchique*. Voir aussi Albert Decourtray*, Lyndon Johnson*, François Mauriac*, Georges Perros*, Les Punis*. Jacques Brugère

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