• Lettre M
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  • M.D. Anderson Cancer Center

    Faisant partie de l’université du Texas à Houston, c’est l’un des plus grands instituts du cancer dans le monde. Créé en 1941, il a célébré son cinquantième anniversaire en 1991, après avoir traité près de 3 millions de malades. Établissement public, il a été fondé grâce à la générosité de Monroe Dunaway Anderson, courtier en coton et philanthrope qui avait créé en 1936 une fondation pour des objectifs sociaux. Après une localisation temporaire dans une propriété familiale, il déménage en 1954 pour rejoindre l’université du Texas et en constituer le centre d’oncologie*. Depuis sa création il a connu des extensions périodiques. Avec un millier de médecins, il comporte plus de 500 lits d’hospitalisation, d’importantes installations pour recevoir des malades en consultation (plus de 500 000 chaque année) ou pour des traitements ambulatoires et plus de 300 laboratoires de recherche. Il est devenu en 1971, avec le National Cancer Act, signé par le président Nixon*, l’un des trois premiers centres fédéraux du cancer. Cette évolution doit beaucoup au Dr R. Lee Clark qui devient son premier directeur à temps plein en 1946 et joue un rôle important à l’origine du Programme fédéral contre le Cancer de 1971 avant de laisser en 1978 la direction à Charles Le Maistre. À côté des activités de soin et de recherche*, le Centre M.D. Anderson a un important programme de prévention* et d’information*. Bernard Hœrni

  • Mab

    Suffixe dérivé de l’anglais, monoclonal antibody, signifiant anticorps* monoclonal*, composant le nom de plusieurs médicaments* correspondant à un tel anticorps dirigé contre des cellules cancéreuses : cétuximab*, rituximab*, trastuzumab*…

  • Macrobiotique

    Régime proposé la première fois dans les années 1960 aux États-Unis. Son promoteur souligne que le cancer est dû au style de vie occidental et à une mauvaise alimentation*, en l’interprétant comme un excès d’aliments yang (viande, sel, œufs, poisson, fromage) ou yin (sucre, alcool*, drogues*, produits chimiques, graisses, épices, café*…), et prétend qu’un régime adapté – le régime macrobiotique – peut prévenir et guérir le cancer. Ce régime est constitué de céréales complètes (riz, blé, pain) auxquelles on peut ajouter du soja* fermenté, des algues et des légumes de la même zone climatique et parfois des graines. Des principes stricts de cuisson et une mastication intense font partie du régime macrobiotique. Il est conseillé de limiter simultanément les traitements anticancéreux qui, selon les promoteurs, entravent l’efficacité du régime. La macrobiotique est un régime végétalien (et non végétarien) excluant toute protéine d’origine animale (y compris laitages et œufs). Ce régime est difficile à équilibrer car il n’apporte pas à l’organisme les acides* aminés nécessaires. Il expose à des carences, surtout chez l’enfant*, avec des risques de scorbut, d’anémie* et de troubles de la croissance. L’efficacité de ce régime comme traitement du cancer ne repose que sur des témoignages impossibles à vérifier, sans valeur scientifique. Ce régime est dangereux par les carences qu’il entraîne, et par les chances de guérison qu’il fait perdre si des traitements éprouvés sont interrompus. Simon Schraub

  • Macroglobulinémie

    Voir Maladie de Waldenström*.

  • Macrophage

    Cellule* omniprésente dans l’organisme qui joue un rôle dans l’immunité* comme intermédiaire entre un agresseur et les lymphocytes*. Le macrophage peut aussi ingurgiter (phagocyter), puis digérer des cellules ou des particules étrangères et produire (sécréter) des cytokines* ou interleukines*. Son rôle dans les défenses d’un organisme contre un cancer est important et multiple ; il n’est pas spécifique, mais il commence à être exploité pour l’immunothérapie* des cancers. Le macrophage fait partie du système réticulo-histiocytaire (anciennement réticulo-endothélial) et selon son siège prend le nom d’histiocyte (dans les tissus*) ou de monocyte (dans le sang*). Ces cellules sont à l’origine de rares tumeurs, le plus souvent généralisées : histiocytome*, histiocytosarcome*, histiocytose* X. Bernard Hœrni

  • Maison à cancer

    Les cancers n’échappent pas à des observations inhabituelles qui suscitent curiosité ou frayeur. Dès la fin du xixe siècle, c’est-à-dire au moment où la fréquence des cancers s’amplifie, plusieurs médecins attirent l’attention sur l’agrégation de cas parmi les habitants d’une maison ou d’un village. Alors que les idées de Pasteur triomphent et que le rôle des microbes* est reconnu à l’origine de nombreuses maladies, la publication de plusieurs cas de cancers observés en quelques années dans une localité, un quartier ou une maison suggère que le cancer se propage, comme la tuberculose*, d’individu à individu. Ces conceptions ont été récemment renouvelées avec la relation de collèges fréquentés par des étudiants développant des années plus tard une maladie de Hodgkin*, avec une fréquence un peu plus élevée que ne l’aurait fait attendre le hasard : une contamination collective pendant les études par un virus* comme le virus d’Epstein*-Barr, qui joue un rôle à l’origine de cette maladie, a été avancée pour expliquer des cas qui n’ont jamais pris l’allure d’une épidémie. Ailleurs on évoque des influences mystérieuses favorisant le cancer à un endroit donné qui, dans certains cas, se trouve abandonné par une population superstitieuse ou simplement inquiète. Ces observations périodiquement ravivées par des coïncidences troublantes souffrent en général d’un défaut de comparaison : on oublie de préciser que la maison suspecte était très peuplée (un immeuble parisien pouvait abriter jusqu’à cent personnes), que les personnes qui l’habitaient étaient âgées, ou on se livre à des comparaisons qui, autour de 1900, n’étaient guère valides malgré quelques registres* de maladies comme à Paris. On ne peut plus retenir aujourd’hui l’influence de germes transmissibles, ni quelque rayonnement terrestre cancérogène*. On explique au contraire certaines agrégations de cancers par des conditions démographiques : les médecins installés dans un quartier de personnes âgées voient plus de tumeurs que ceux qui exercent dans un quartier neuf où la population est jeune (voir Âge*). Parfois la maison à cancers traduit une affection marquée par l’hérédité* d’une génération à l’autre ou pour la même génération. Ce peut être aussi une habitude : famille* de fumeurs* ou dont plusieurs membres exercent une profession* exposée à un risque particulier. Pour une maladie qui n’est plus rare, ce peut être enfin une accumulation liée au simple hasard. Ce qu’apprend la géographie* suggère que les habitudes culturelles et comportements usuels comptent plus qu’un milieu ambiant qui exposerait à quelques miasmes ou influences mystérieuses (voir Lumière*). Bernard Hœrni

  • Mal de tête

    Voir Céphalée*.

  • Maladie comme métaphore

    (La, Seuil, 1979). Dans ce court essai, l’écrivaine américaine Susan Sontag*, elle-même traitée pour un cancer, analyse les images véhiculées par les maladies, tuberculose* et cancer surtout, accessoirement syphilis*. Tuberculose et cancer ont coexisté à la fin du xixe siècle et au début du xxe : la première était témoignage d’énergie, stimulant le désir sexuel et l’appétit*, source de consomption et cause d’une mort* propre ; le second s’interprétait comme « tribut du refoulement » (voir Mars*), tuant la sexualité et coupant l’appétit, source de pourriture et cause d’une mort immonde. Il y a cependant glissement de l’une à l’autre avec le temps comme S. Sontag l’illustre à propos du nazisme et des Juifs : tandis qu’en 1919 Hitler* les accuse d’être « une tuberculose raciale parmi les nations », les nazis* assimileront vite le « problème juif » au cancer qui appelle une solution « radicale ». Elle souligne combien les idées sont pernicieuses, pénalisent les malades et les font mettre en quarantaine comme porteurs d’une tare obscène. Elle prédit que la métaphore du cancer se périmera avant que la maladie soit comprise et vaincue. Bernard Hœrni

  • Maladie de

    Voir au nom propre correspondant.

  • Malaparte

    (Curzio, 1898-1957). De son vrai nom Kurt Suckert, cet écrivain italien, engagé dans l’armée française pendant la Grande Guerre, est mort d’un cancer – à une époque où cette cause de décès était occultée – qui n’a été rendu public que beaucoup plus tard. Momentanément proche de Mussolini, puis engagé dans la Seconde Guerre sur le front italien, il en retire son livre Kaputt (1944) où il décrit l’horreur que lui inspire la guerre en Europe. C’est au cours d’un voyage en Chine qu’il ressent les premières atteintes d’une « pleurésie* ». Il écrit : « Il y a dix jours j’allais mal, j’ai senti quelque chose de dur sur la poitrine […] cela avait l’air d’une tumeur et se propageait avec une incroyable rapidité […] Les médecins disent qu’il s’agit de tuberculose osseuse […] moi je dis qu’il s’agit de quelque chose de pire, je n’ose pas dire le mot […] Le chirurgien […] se prépare à me scier les côtes malades, mais c’est inutile, de ce mal on ne guérit pas […] Mon frère est mort en trois mois du même mal, qui a commencé comme une pleurésie. » Il s’agit en réalité d’un cancer des bronches* dont il va mourir en quelques mois, après être rentré en Italie. Si son frère était fumeur* comme lui-même n’est pas connu, mais de tels rapprochements pouvaient alimenter l’idée, erronée en l’occurence, de cancer familial*. Bernard Hœrni

  • Malherbe

    (épithélioma* de). Tumeur sous-cutanée momifiée et calcifiée, d’évolution toujours bénigne*.

  • Malignité

    Cette notion n’est pas réservée, en médecine, aux cancers : il y a des fièvres* malignes, des formes malignes de paludisme*, des syndromes malins en médecine intensive, etc., tous caractérisés par une évolution inhabituelle et défavorable vers la mort*. Cependant la malignité est devenue au cours des années synonyme de cancer, encore dénommé tumeur* maligne, qui se distingue d’une tumeur bénigne*. La malignité est caractérisée sur des coupes de tissus*, au microscope, d’après les aspects des cellules* et le caractère envahissant de la prolifération* cellulaire : on peut la reconnaître grande ou faible. Elle s’exprime par l’évolution tumorale : la tumeur s’étend sur place et se propage aux tissus* voisins, des métastases* apparaissent à distance de la tumeur primitive* et une issue fatale survient plus ou moins vite, en l’absence de traitement ou malgré lui. Bernard Hœrni

  • Malignome

    Ce néologisme désigne dans le jargon* médical une tumeur* encore non identifiée mais se présentant comme maligne* et faisant redouter un cancer d’évolution défavorable.

  • Mallet

    (Lucien, 1885-1981). Un des premiers radiologues, Lucien Mallet est appelé en 1921 par Robert Proust*, chirurgien à l’hôpital Tenon*, pour le seconder dans le traitement des malades cancéreux, en se chargeant de la curiethérapie*. Étudiant les réactions de l’eau soumise au rayonnement* du radium*, il décrit en 1926 une luminescence qu’il attribue à tort aux photons*. Faute de moyens, il interrompt ses recherches qui seront reprises par le Russe Tcherenkov et exploitées par deux théoriciens soviétiques, Frank et Tamm : leurs travaux sont couronnés par le prix Nobel* de physique en 1958 « pour la découverte de l’interprétation de l’effet Tcherenkov », dû en réalité aux électrons* secondaires libérés par les photons. L’antériorité des travaux de Lucien Mallet, qui vient de prendre sa retraite de radiothérapeute, est alors reconnue, en France comme par le comité Nobel. Un prix Mallet est créé en 1985 pour distinguer chaque année un radiothérapeute français « dont les travaux et les découvertes auront contribué aux progrès des techniques pour le soulagement ou la guérison* des tumeurs malignes ». Depuis 1992, il est attribué à deux radiothérapeutes, l’un clinicien, l’autre fondamentaliste. Alain Laugier

  • Mammectomie

    Terme courant mais impropre pour mastectomie*.

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