• Lettre N
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  • Nagasaki

    Voir Japon*.

  • Naissance

    (Une autre, Fanval, 1985). À quarante ans, l’auteur marseillais Michel Relave relate l’histoire de sa maladie de Hodgkin* qui évolue sur une décennie en prenant un recul honnête, sans manichéisme. Il finit par considérer sa maladie, qui lui a permis de découvrir en lui des ressources qu’il ne soupçonnait pas, comme une deuxième profession, dans sa complexité et sa variété qui évolue dans le temps, en bien comme en mal. Dans une écriture alerte, au-delà d’une empoignade de chaque jour, c’est une aventure sans répit, mais aussi un hymne à la vie, à une nouvelle vie, plus riche, plus intense. Bernard Hœrni

  • Napoléon Ier

    (1769-1821). Le premier empereur des Français est mort à Sainte-Hélène dans des conditions qui demeurent discutées malgré de nombreuses recherches sur les causes de son décès. Parmi elles figure un cancer de l’estomac* qui aurait compliqué un ulcère*, expliquant la posture fréquente dans laquelle Napoléon est représenté avec la main droite posée sur la région correspondante du ventre. En faveur de cette hypothèse, on avance également que son père serait mort d’une tumeur de l’estomac, bien que le cancer gastrique ne soit pas favorisé d’ordinaire par un facteur génétique*, ainsi que plusieurs autres cancers dans sa famille*. Bernard Hœrni

  • Narcotique

    Voir Analgésique*.

  • Nasopharynx

    (Cancer du). Le nasopharynx ou cavum correspond à une région située en arrière des fosses nasales, au-dessus de la gorge*, sous la base du crâne (Figure in Voies aéro*-digestives). Il présente des cancers particuliers, rarement liés au tabac*, plus souvent à une cause totalement différente probablement virale : ce sont alors des cancers indifférenciés. Ces derniers cancers sont rares en France (incidence* annuelle de 0,1/100 000), mais fréquents dans l’ensemble des pays méditerranéens (5 à 7/100 000), en Chine du Sud et dans l’Asie du Sud-Est (30/100 000) ; cette fréquence les avait fait nommer, dès le ve siècle, « maladie de Canton ». Ils touchent des malades plus jeunes que les fumeurs*. On reconnaît plusieurs facteurs à leur origine : le virus* d’Epstein*-Barr, une prédisposition génétique*, des facteurs d’environnement* tels que les aliments salés et épicés (poisson, légumes). Les signes révélateurs de ce cancer sont des hémorragies* nasales, une obstruction permanente des fosses nasales, la diminution de l’audition d’un côté (surdité*), des douleurs* faciales et très fréquemment l’apparition de ganglions* en haut et en arrière de la mâchoire inférieure. Le bilan d’extension comprend systématiquement tomodensitométrie* et IRM*, recherche de métastases* dans le foie*, les poumons* et dans la moelle* osseuse, par scintigraphie* osseuse. Le traitement principal du cancer du nasopharynx est la radiothérapie* en règle associée à la chimiothérapie*. Jacques Brugère

  • National Cancer Institute

    (Abrév. NCI). Institut fédéral du cancer américain, faisant partie des Instituts Nationaux de la Santé (NIH) et coordonnant la lutte contre les cancers qui frappent particulièrement des populations industrialisées et vieillissantes comme celle des États-Unis. Fondé en 1937 par le National Cancer Act, basé à Bethesda, près de Washington, le NCI harmonise la politique de santé en cancérologie, notamment dans le cadre du plan mis en place par le président Nixon* en 1971. Il finance et gère de nombreux programmes de recherche* par des contrats. Il favorise les campagnes de dépistage*, les traitements anticancéreux dans des centres* spécialisés, comme dans l’ensemble du système de santé et des conférences destinées à diffuser l’information* chez les professionnels de santé et dans le grand public. Bernard Hœrni

  • Nausée

    L’envie de vomir, fréquemment ressentie par un malade atteint de cancer, est commandée par le système nerveux végétatif, ce qui explique les troubles qui l’accompagnent : impression d’avoir l’estomac plein, sueurs, pâleur et battements de cœur. La nausée peut s’associer à d’autres symptômes* qui sont le haut-le-cœur et le vomissement*. C’est un des effets secondaires les plus redoutés des patients cancéreux : un état nauséeux intense ou persistant est plus désagréable que des vomissements pendant une brève période. La nausée relève des mêmes mécanismes que les vomissements* et des mêmes traitements anti-émétiques*. La composante psychologique est minimisée par des chambres silencieuses, aux peintures murales tendres, par un entourage infirmier calme. De nombreuses dispositions personnelles peuvent les éviter ou les atténuer (Tableau). Yves Bécouarn

    SUGGESTIONS POUR RÉDUIRE LES NAUSÉES DUES À LA CHIMIOTHÉRAPIE

     ? Demandez un comprimé, un suppositoire ou une piqûre contre les nausées avant chaque traitement et pendant celui-ci si besoin.  ? Faîtes de petits repas (5 ou 6 fois par jour).  ? Nettoyez bien votre bouche avant les repas et brossez-vous les dents dès que vous avez mangé.  ? Évitez de faire vous-même la cuisine si l’odeur vous donne des nausées. Tenez-vous dans une autre pièce ou allez faire un tour pendant la préparation du repas.  ? Mangez lentement afin que seulement de petites quantités de nourriture entrent à la fois dans l’estomac.  ? Mâchez bien vos aliments, ils seront mieux digérés.  ? Évitez les mets très chauds dont l’odeur accentue parfois les nausées. Essayez des repas froids et des assiettes de fruits.  ? Évitez les aliments gras qui stagnent dans l’estomac. Le volume de nourriture dans l’estomac peut être réduit en évitant des liquides au moment des repas.

     ? Buvez fréquemment en dehors des repas.  ? En cas de vomissements sévères et prolongés, compensez les pertes d’eau et de sel du corps en buvant des bouillons salés.  ? Reposez-vous après les repas : si vous vous allongez, que votre tête soit un peu plus haute que vos pieds.  ? Mangez des biscuits secs quand les nausées surviennent ; cela peut prévenir les efforts de vomissements « à vide » (haut-le-cœur).  ? Essayez de vous distraire en trouvant des activités qui vous plaisent : écouter de la musique, dormir, parler d’autre chose.  ? Parlez à votre médecin pour avoir votre traitement plus tard dans la journée. Les nausées et vomissements peuvent vous faire supprimer le repas du soir, mais vous récupérez un meilleur appétit le lendemain matin. Observez les signes de votre maladie, enregistrez leur importance et leur durée : en connaissant vos réactions propres, vous pouvez déterminer quand vous devez prendre des précautions.

  • Nazi

    Alors qu’il s’engage dans des actions abominables visant à lutter contre la dégénérescence* (Ertartung) de la race humaine (eugénisme), en éliminant des malades mentaux et des individus de « race inférieure » (Juifs, Tsiganes) par stérilisation, euthanasie*, génocide et par quelques mesures positives, le régime nazi s’attache aussi à la lutte contre les cancers, les dégénérescences malignes*. En conformité avec un souci de la santé publique déjà exprimé par Bismarck puis par ses successeurs en Allemagne, les nazis favorisent des recherches sur l’origine des cancers dans les lieux de travail (rayon* X, amiante*, pesticides*) ou en liaison avec l’alimentation* et sont les premiers à démontrer, après le cancer de Freud*, une relation entre tabac* et cancer bronchique*. Cela amène à considérer les cancers – auxquels sont assimilés judaïsme et communisme – comme des maladies d’une civilisation pervertie et à prôner un retour à la nature. Ces idées seront exploitées politiquement. Alors que Hitler* ni Mussolini ni Franco ne fument, on souligne que c’est le contraire pour Staline, Roosevelt ou Churchill. D’importantes campagnes seront menées contre le tabagisme, auxquelles les compagnies cigarettières américaines se montreront très sensibles après la guerre en dénonçant les antifumeurs comme des nazis. Avant le plan Nixon*, la guerre contre le cancer sera déclarée par Hitler et Gœbbels, dans la nuit du 21 au 22 juin 1941, en même temps qu’ils suivent l’opération Barberousse déclenchant l’invasion de l’union soviétique. Les événements établiront d’autres priorités. Bernard Hœrni

  • Nécropsie

    Voir Autopsie*.

  • Nécrose

    Mort cellulaire ou tissulaire et produit en résultant, dont on rencontre différentes sortes en cancérologie. La nécrose peut intéresser le tissu* cancéreux et survenir spontanément, notamment au centre d’une tumeur de volume* important : dans ce cas les vaisseaux* sanguins qui accompagnent la croissance tumorale sont insuffisants pour assurer la subsistance des cellules* les plus éloignées de la périphérie où ils arrivent (voir Vascularisation*). Elle est plus souvent provoquée par les traitements (radiothérapie*, chimiothérapie* ou laser*) qui détruisent les cellules sur place. Si cette destruction est brutale, par exemple pour un cancer très chimiosensible*, elle s’accompagne de la libération massive de substances toxiques susceptibles d’entraîner des complications, notamment rénales (syndrome de cytolyse*). Il y a plus rarement nécrose de tissus sains. Une nécrose localisée s’observe en cas de chimiothérapie caustique, à injecter par voie strictement intraveineuse, si par suite de fragilité veineuse il y a filtration du médicament autour de la veine (extravasation*) : après une phase d’irritation locale douloureuse, il peut se produire une nécrose de la peau et des tissus sous-cutanés qui aboutit à un ulcère* nécessitant une greffe* de peau. Des nécroses suivent une irradiation qui a dû être renforcée ou répétée en raison d’un défaut de stérilisation locale de la tumeur ; elles intéressent en particulier l’os (ostéonécrose*, radionécrose*). Enfin d’autres nécroses s’observent chez un cancéreux comme chez d’autres malades, par exemple à la suite d’une infection* locale évoluant vers la purulence (abcès*), le pus étant constitué de bactéries* et de cellules mortes. La nécrose se distingue de l’apoptose* qui correspond à la mort naturelle d’une cellule vieillie. Bernard Hœrni

  • Négation

    C’est la réaction la plus élémentaire des personnes confrontées à un symptôme* préoccupant, à un diagnostic* désagréable, à un pronostic* inquiétant, à une mort* probable ou prochaine. Cette attitude n’est pas réservée aux cancers : cette toux* récente, cette vague douleur*, ce petit bouton ne sont « rien », ne sont pas graves et vont passer tout seuls. Toutes les raisons sont bonnes pour étayer cette position : j’ai déjà eu mal comme ça l’an dernier et la douleur s’est calmée après quelques semaines, mon père a eu un bouton similaire qui a guéri tout seul, j’ai toujours mené une vie saine, je n’ai pas maigri, je ne peux pas être malade, etc. Quand le patient est pris en charge par un médecin, la négation change d’objet. L’existence d’une maladie n’est plus ignorée, mais sa gravité, le traitement ou l’indisponibilité qu’elle entraîne sont minimisés. Cette négation peut être encouragée par les proches, voire par un médecin qui n’aime pas annoncer de mauvaises nouvelles (plus mauvaises que d’habitude) et redoute de choquer par une information* désagréable et trop crue. La négation est une réaction naturelle, elle peut être temporairement utile pour faciliter une adaptation* progressive, mais elle devient nuisible si elle retarde les démarches médicales nécessaires ou si elle empêche la personne de prendre conscience de la situation réelle pour la combattre ou s’y ajuster*. Elle cède en général avec le temps, parce que la réalité ou au moins une partie d’entre elle s’impose, parce que la position du malade évolue et qu’il parvient peu à peu à affronter la réalité. Elle persiste parfois longtemps, jusqu’après la guérison* ou jusqu’à la mort comme par exemple chez M. Mead*, R. Vailland* ou P. Viansson*-Ponté. Bernard Hœrni

  • Neil est mort

    Voir Reiser*.

  • Néo

    (du gr. neos, nouveau). Ce préfixe entre dans la composition de nombreux mots concernant la vascularisation*, une formation tumorale (néoformation) ou, suivant un anglicisme discutable, pour un traitement complémentaire, ou adjuvant*, mais initial (néo-adjuvant). Il est également utilisé comme abréviation de néoplasme*, pour désigner une tumeur supposée ou reconnue maligne*.

  • Néo-adjuvant

    Voir Adjuvant*.

  • Néoplasie, néoplasme

    nouvellement formé constituant une tumeur* bénigne* ou maligne*. Son développement excessif s’explique par le fait que ses cellules* sont devenues autonomes*, échappent aux mécanismes régulateurs de l’organisme et détruisent son équilibre (homéostasie*) en se multipliant excessivement. Dans un néoplasme bénin cet excès demeure modeste, il s’accentue très lentement, il n’y a ni invasion* ni métastase*. On observe l’inverse dans un néoplasme malin.

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