• Lettre O
  • Page 1 sur 4
  • Oberling

    (Charles, 1895-1960). Né à Metz, il fait ses études de médecine à Strasbourg où il est marqué par l’influence de Masson* et de Borrel*, pasteurien défendant l’origine infectieuse des cancers, en particulier après les travaux danois sur la leucémie* de la poule* et ceux de Rous* sur la leucose* des oiseaux*. Il y soutient sa thèse sur les Cancers hétéromorphes en 1921 et présente un mémoire sur les tumeurs des méninges*. Il vient à Paris en 1928 et prend la direction des laboratoires de recherche* de l’Institut du cancer de Villejuif que vient de créer Gustave Roussy*. Avec ce dernier, il écrit un Précis d’anatomie pathologique et il dénonce les dangers du thorotrast* qui commence à être utilisé comme produit de contraste en radiologie. Il succède à Borrel à la chaire de bactériologie de la faculté de médecine de Strasbourg mais doit la quitter avec la guerre, pendant laquelle il voyage et séjourne en Iran et aux États-Unis. Il publie en 1943 Le Problème* du cancer où il défend la théorie virale des cancers. À la fin de la guerre, il est chargé par le Shah du décanat et de la réforme de la faculté de médecine de Téhéran. Il rentre en France en 1948 pour prendre la direction de l’Institut Gustave*-Roussy à la mort de son créateur et premier directeur, devenant titulaire de la chaire de cancérologie expérimentale de la Faculté de médecine de Paris. Également nommé en 1954 professeur de médecine expérimentale au Collège de France, il exerce une grande influence, prenant par exemple position contre l’origine nerveuse des cancers. Son dernier voyage s’effectue aux États-Unis à l’occasion du 80e anniversaire de Peyton Rous* qui aura le prix Nobel* sept ans plus tard. Son autopsie* qu’il avait demandé de faire découvre un cancer du poumon* jusque-là ignoré. Bernard Hœrni

  • Obésité

    L’obésité et l’excès de poids* correspondant est un fléau* dont l’importance est de plus en plus reconnue et qui menace la santé des populations des pays développés. Elle représente une surcharge qui pèse sur toutes les fonctions de l’organisme. En dehors de complications métaboliques (diabète*) et cardio-vasculaires consécutives, l’obésité augmente l’incidence* de la mortalité* des cancers comme l’ont montré de nombreuses observations, notamment une étude prospective concernant 900 000 adultes américains surveillés pendant 20 ans. Chez les sujets les plus obèses, la mortalité par cancer dans les deux sexes est augmentée de plus de 50 %. Cette liaison touche tous les cancers, en particulier de l’appareil digestif* (œsophage*, pancréas*, côlon*, rectum*) et du sein*, les lymphomes* et les myélomes*, à un moindre degré de l’estomac* et de la prostate* chez l’homme, du sein* et de l’appareil génital* chez la femme. Cet excès pondéral, lié à l’alimentation* et ayant un retentissement hormonal, paraît aussi responsable de 10 à 30 % des cancers évités par les sujets dont le poids est normal, notamment grâce à une activité physique suffisante. Après le tabac*, l’obésité est ainsi la principale cible pour la prévention* des cancers. Elle semble aussi aggraver l’évolution de cancers constitués en détériorant leur pronostic*, notamment pour les cancers hormonodépendants, du sein et de la prostate. Il est justifié d’y remédier par contrôle de l’alimentation, activité physique, accessoirement médicaments amaigrissants. Bernard Hœrni

  • Oblation

    Le geste d’offrir, suivant des convictions personnelles, religieuses ou autres, les souffrances provoquées par la maladie, pour lui donner un sens, par sublimation, est parfois observée chez les cancéreux. Quand tout est perdu, que la mort* approche, certains patients trouvent une ultime satisfaction en faisant don de leur personne, de leur vie, aux autres ou à la science afin qu’elle soit plus efficace pour les malades qui leur succéderont. Cette attitude doit être reconnue pour éviter d’en abuser, notamment dans la perspective d’un essai* thérapeutique : des malades sont prêts à accepter n’importe quel nouveau médicament dans l’espoir qu’il leur soit utile, mais aussi en vue d’aider les médecins à améliorer les moyens thérapeutiques ; d’autres demandent à faire l’objet d’une autopsie* pour faire avancer la science. Devant l’inéluctable, aussi désagréable soit-il, il y a quelque consolation à faire en sorte qu’au moins le sacrifice de sa vie serve à quelque chose, que l’on n’aura pas souffert et que l’on ne sera pas mort en vain. La maladie, la douleur* et la mort sont aussi considérées parfois comme un moyen de rédemption par quoi on rachète une faute passée, en particulier si cette faute est considérée comme responsable du cancer, dans un sentiment de culpabilité*, justifié ou non mais cohérent. Dans la lignée d’un dolorisme qui s’est épanoui entre les deux guerres mondiales, la souffrance est trop souvent encore considérée comme rédemptrice, respectée et non soulagée, selon une religiosité mal comprise qui a entravé et retardé le traitement efficace des douleurs et les soins d’accompagnement*. Voir Huysmans*. Bernard Hœrni

  • Observance

    Respect d’un plan d’examens (bilan* préthérapeutique) ou d’un protocole* de traitement*, l’observance a été particulièrement étudiée en cancérologie en raison de l’importance critique des explorations ou des traitements définis comme les meilleurs possibles. Improprement qualifiée par l’anglicisme compliance, l’observance s’entend habituellement comme le respect par le malade d’une prescription médicale. Son domaine s’étend bien au-delà de cette seule responsabilité* : elle met aussi en jeu les médecins, qui doivent appliquer les données actuelles de la science médicale, et les auxiliaires médicaux, intermédiaires entre médecin et malade. On tend à parler plutôt de concordance. Elle dépend de la durée et de la complexité d’un traitement, mieux respecté s’il est simple et bref, s’il est bien toléré et rapidement efficace. Les caractères des malades jouent aussi, les jeunes et les sujets âgés respectant moins bien leur traitement que les adultes. Les risques de déviation dont peut dépendre la guérison* doivent être connus. Il revient aux médecins d’améliorer les traitements, en les abrégeant, en les simplifiant, en accroissant leur efficacité tout en réduisant leur toxicité* par des mesures complémentaires. Il leur revient aussi d’informer* convenablement les personnes malades et leurs proches, de leur exposer les enjeux d’une adhésion aux prescriptions thérapeutiques, tout en les incitant à exprimer franchement leurs réserves éventuelles pour que choix* et décision* relèvent d’une responsabilité claire pour tous. Bernard Hœrni

  • Observatoire régional de santé

    Créés en 1982, après proposition faite en 1980 par le doyen Cabanel, pour améliorer les informations sur l’état de santé en France (« mieux connaître pour mieux agir »), les observatoires régionaux qui couvrent les 22 régions du territoire national enregistrent des données sanitaires qui, pour les cancers, complètent celles des registres*. Subventionnés par l’État, les collectivités locales et des contrats avec divers partenaires administratifs ou de soins, ce sont des institutions de droit privé, regroupées en une fédération nationale qui facilite des confrontations sur les disparités régionales en matière de santé. Les relevés épidémiologiques* ont de nombreuses sources, générales par les statistiques de mortalité* de l’INSERM* ou pour les maladies à déclaration obligatoire, ou à partir d’enquêtes particulières. Malgré la qualité imparfaite des certificats de décès, la mortalité due aux principaux cancers peut être déterminée et sa répartition précisée dans une région, en vue d’y adapter des moyens de traitement proportionnés. Ces données statistiques de mortalité sont complétées dans certains départements ou régions par les registres qui recueillent aussi la morbidité* et des informations plus détaillées sur chaque cas de cancer. Bernard Hœrni

  • Occlusion intestinale

    Arrêt durable de la progression des résidus de l’alimentation dans l’intestin, l’occlusion intestinale est une complication des cancers du côlon* ou d’autres tumeurs dans l’abdomen*. Parfois précédée d’une irrégularité du transit intestinal, elle se traduit par un arrêt de l’émission des selles, par un gonflement et des douleurs* du ventre. Elle peut révéler une tumeur qui rétrécit la lumière du côlon jusqu’à bloquer l’avancée des matières fécales. Une occlusion intestinale peut aussi se produire sur l’intestin grêle, provoquée par d’autres tumeurs de l’intestin ou des métastases* étendues dans l’abdomen* qui gênent par leur irritation ou leur compression*. Parfois l’occlusion peut être levée par un traitement médical. Une intervention chirurgicale est seule capable d’enlever la tumeur qui fait obstacle, mais elle est difficile ou impossible quand celle-ci est trop importante. Dans ce cas l’abouchement du côlon à la peau (colostomie*) est, au moins momentanément, le seul moyen de rétablir l’évacuation des matières. Bernard Hœrni

  • Occulte

    Un cancer occulte est un cancer qui ne se voit pas. C’est la règle au début de l’évolution, entre le moment où la première cellule* transformée amorce le cancer et celui où la tumeur* se manifeste ou, parfois, est dépistée* par un examen systématique. On ne peut pas voir un cancer avant un certain volume* : il est rare qu’on puisse le détecter avant qu’il atteigne 1 cm de diamètre, ce qui correspond à environ 1 milliard de cellules. Entre la première cellule et un milliard de ses filles qui constituent un clone* de même origine, il faut au moins 30 générations cellulaires et plusieurs mois ou années. Auparavant la tumeur est trop petite pour s’exprimer et elle est même impossible à dépister, sauf si son siège est superficiel. Ni la vue, ni un test biochimique comme le dosage d’un marqueur*, ni une méthode d’imagerie* ne sont capables d’individualiser une anomalie beaucoup plus petite. Les principales exceptions tiennent à l’examen attentif d’une lésion précancéreuse, à son prélèvement (biopsie*) et à son examen au microscope qui permet de déceler la micro-invasion* d’un cancer débutant. Comme la précocité du diagnostic conditionne la simplicité et le résultat du traitement, on cherche à repousser ces limites par des progrès diagnostiques. Cependant l’impact pratique de ces limites est réduit dans la mesure où une tumeur d’1 cm est le plus souvent facilement guérie. Dans certains cas, une partie seulement du cancer est occulte. Quand une tumeur est révélée par une localisation secondaire* ou métastase*, la découverte de ce foyer secondaire fait rechercher la tumeur primitive*, sans succès une fois sur deux, y compris par l’examen minitieux d’une autopsie*. On parle de tumeur secondaire « orpheline », sans tumeur-mère décelable, soit que celle-ci est restée très petite et invisible, soit qu’elle a connu une régression spontanée* après avoir libéré les cellules malignes responsables des foyers métastatiques. Plus couramment ce sont les métastases qui sont occultes. La découverte d’une tumeur primitive fait faire un bilan* préthérapeutique à la recherche de foyers secondaires. Malgré la précision des moyens disponibles, ce bilan peut rester négatif alors que des mois ou des années plus tard l’apparition de métastases visibles vient signer qu’elles étaient présentes mais minimes et occultes précédemment. La probabilité de telles métastases occultes au moment du diagnostic peut être calculée, pour certaines tumeurs, à partir de signes indirects. Si elle est élevée, elle conduit à associer au traitement local de la tumeur primitive un traitement général, complémentaire ou adjuvant*. Bernard Hœrni

  • Odeur

    Dès le papyrus de Kahun*, datant de plus de quatre millénaires et consacré aux maladies gynécologiques, des tumeurs du bas-ventre étaient caractérisées par une « odeur de viande rôtie ». Le chirurgien Henri de Mondeville* écrivait au début du xive siècle : « La puanteur du cancer est des plus horribles et indescriptibles et les personnes expérimentées la reconnaissent même avant d’avoir vu le mal. » Cette odeur de pourriture est signalée plus tard pour le cancer du rectum* de Richelieu*, celui du sein* d’Anne* d’Autriche ou celui de la bouche* d’Huysmans*. Cette odeur provenait de l’infection* d’un ulcère* cancéreux superficiel et des microbes* proliférant sur une plaie chronique, que l’on n’avait pas encore l’habitude de nettoyer. Une tumeur maligne n’a par elle-même aucune odeur particulière mais elle peut être infectée et dégager une odeur fétide, par négligence du malade, avant intervention du médecin et désinfection. Cette désinfection est l’objet d’importants progrès, dans les années 1820, d’abord avec l’utilisation de la liqueur du pharmacien Labarroque au chlorure d’oxyde de sodium pour nettoyer les plaies cancéreuses comme d’autre nature. Elle suffit en général à faire disparaître la mauvaise odeur et à éviter que le malade ne soit un objet de répulsion pour son entourage. Des désodorisants servent à cacher des odeurs désagréables pouvant aussi venir de l’haleine (halitose) ou émises par des gaz intestinaux qui ne sont plus contrôlés en cas de colostomie*. Un malade cancéreux peut souffrir de perversion de l’odorat au même titre que d’une modification du goût*. Ces modifications des sens diminuent l’appétit ou entraînent nausées* et vomissements*, ce qui réduit l’alimentation* et favorise un amaigrissement*. Elles sont dues à la tumeur, comme un syndrome paranéoplasique*, ou aux traitements. Elles sont en général temporaires et s’estompent lorsque la tumeur régresse et que le traitement est arrêté. En attendant, des précautions de bon sens doivent éviter au malade de rencontrer des odeurs qui lui sont pénibles. Bernard Hœrni

  • OECI

    Voir Organisation* des Instituts Européens du cancer.

  • OERTC

    (Organisation Européenne pour la Recherche et le Traitement du Cancer, en anglais EORTC). Fondée en 1962 comme « Groupe Européen de Chimiothérapie Anticancéreuse » par quelques cancérologues européens, elle étend secondairement son activité à tous les domaines cliniques et de recherche* pour développer, coordonner et stimuler les études conduites en Europe (Union européenne et Suisse). Ses premiers présidents sont G. Mathé (France, 1962-1965), S. Garattini (Italie, 1965-1968), D.W. Van Bekkum (Pays-Bas, 1969-1975) et H.J. Tagnon (Belgique, 1975-1978). Son siège est à Bruxelles. Elle rassemble de nombreux médecins, instituts et groupes oncologiques européens entre lesquels les relations sont facilitées. Ses activités sont divisées en quatre branches : traitement*, éducation*, prévention*, recherche, chacune sous la responsabilité d’un cancérologue renouvelé périodiquement par l’Assemblée générale. Celle-ci élit en son sein un Bureau exécutif et son Président. Plusieurs comités coordonnent l’élaboration des protocoles* de recherche, le fonctionnement des divers groupes, ainsi que l’évaluation de la qualité du travail d’ensemble. Un Data Center centralise à Bruxelles la plupart des données émanant de ces recherches. Les membres actifs participent aux études menées dans les différents groupes, axés sur un type de traitement (par exemple nouveaux médicaments*) ou sur une localisation tumorale. Les pays les plus actifs ont été la Belgique et les Pays-Bas mais la participation de la France, de l’Italie et de la Grande-Bretagne est substantielle et celle des autres pays s’élargit régulièrement. Plus de 6 000 nouveaux malades sont inclus chaque année dans des essais*. Les activités de l’OERTC sont coordonnées en Europe avec celles du Programme « Europe* contre le Cancer » de l’Union Européenne, du Centre International de Recherche sur le Cancer de Lyon (CIRC*), de l’European* School of Oncology (ESO), de l’European* Journal of Cancer, ainsi qu’avec celle du National* Cancer Institute aux États-Unis. Son financement (de l’ordre de 1 million d’euros par an) provient de nombreuses sources publiques et privées (subventions, contrats), renforcées par une Fondation de l’OERTC présidée par le Duc d’Edimbourg. Bernard Hœrni

  • Oiseaux

    Les cancers sont plus rares chez les oiseaux – la volaille, la poule* ou les animaux de zoo – que chez d’autres animaux*. Les plus fréquents sont des sarcomes*, touchant les tissus* mous ou les os*, et des cancers du rein*. Un ensemble de maladies sont regroupées sous le nom de « leucoses* aviaires », liées au virus* de Rous*. Ce sont différents cancers des cellules du sang*, lymphoïdes ou de la moelle* osseuse, qui se traduisent comme des leucémies* envahissant le sang ou comme des lymphomes* donnant des tumeurs réparties dans le corps. Ces maladies s’expriment par des masses tumorales ou par des hémorragies*. Chez les perroquets de rares cancers touchent le rein*, la peau*, le tissu* conjonctif* ou les gonades* (testicules* et ovaires*). Au début des années 1990, plusieurs enquêtes ont suggéré que le contact avec des oiseaux domestiques pouvait favoriser le cancer des bronches*. Ce risque semble faible mais devrait inciter les fumeurs*, qui ont déjà beaucoup de risques de développer un tel cancer, à éviter la fréquentation régulière d’oiseaux. Une bactérie (Chlamydia), responsable de la psittacose, infection des oiseaux transmissibles à l’homme, semble responsable de lymphomes* des annexes de l’œil*. Bernard Hœrni

  • Oligodendrogliome

    Tumeur du système nerveux central qui entre dans le cadre des gliomes* et évolue lentement. Calcifié et volumineux au moment de sa découverte, l’oligodendrogliome se révèle souvent par une épilepsie. Le diagnostic de ces tumeurs repose sur deux anomalies des cellules tumorales. La première est un aspect caractéristique en « œuf sur le plat » dû à sa forme étalée et à un centre vide de cellules tumorales. La deuxième est une anomalie cytogénétique* avec délétion du bras court du chromosome* 1 sur le bras long du chromosome 19 (délétion 1p-19q). Ces deux aspects sont importants pour l’indication d’une chimiothérapie* associée et surtout la prévision de son efficacité. Il est en général possible de l’aborder chirurgicalement et de l’enlever. Si cette ablation est incomplète ou s’il y a des caractères de malignité*, une radiothérapie* complémentaire et une chimiothérapie sont justifiées. La médiane de survie* après traitement est de sept à huit ans (la moitié des malades sont vivants à ce moment-là) et des survies très prolongées sont observées. François Cohadon

  • OMS

    L’Organisation Mondiale de la Santé a été créée en 1946 comme une agence de l’Organisation des Nations Unies (ONU), succédant au Bureau d’Hygiène de la Société des Nations (SDN) et, avant lui, à l’Office international d’hygiène publique fondé en 1907 et établi à Paris par le Professeur Adrien Proust*, père de Marcel et du Professeur Robert Proust. Son rôle est important pour les cancers qui sont un fléau* sanitaire à l’échelon mondial. Il s’exerce dans la recherche* par l’intermédiaire d’agences comme le CIRC*, à Lyon. L’OMS collecte les informations épidémiologiques* disponibles pour établir un tableau de bord international de la fréquence* des cancers et en déduire certaines causes possibles ou probables, ainsi que les moyens souhaitables pour réduire les fréquences les plus élevées. Ces informations sont largement diffusées par un bulletin, des journaux, des livres, des dépêches en vue d’aider les pouvoirs publics ou des groupements particuliers à prendre les mesures de santé publique* appropriées. Elle réunit périodiquement des groupes d’experts et des conférences, à Genève où elle siège ou dans divers pays, pour étudier un sujet et dégager des recommandations, par exemple pour l’estimation des conditions de vie* ou le traitement de la douleur* (Rapport technique n° 804 sur Traitement de la douleur cancéreuse et soins palliatifs, 1990). Son action conseille et soutient celle des systèmes de santé insuffisants dans les pays en voie de développement. À l’initiative de sa nouvelle directrice générale, Ero Harlem Bruntland, l’OMS a engagé à la fin des années 1990 une action de grande envergure contre le tabac* et les fabricants de cigarettes* qui s’est perpétuée et renforcée depuis. Bernard Hœrni

  • Onco-

    Dérivé d’un mot grec (ogkos) signifiant grosseur, ce préfixe est utilisé, depuis les années 1970, pour composer des mots concernant les tumeurs* ou cancers* : oncogène*, oncologie*, oncothèque*, oncovirus*, etc.

  • Oncogènes

    Gènes* dont la présence et le fonctionnement dans une cellule* contribuent à sa transformation* maligne*. Ils ont été découverts par deux approches distinctes mais convergentes : d’une part, ils ont été détectés dans l’ADN* de tissu* tumoral alors qu’ils étaient absents du tissu normal correspondant ; d’autre part, ils sont véhiculés par des virus* à ADN comme le SV40, le polyome, certains adénovirus, les virus des papillomes* ou par des rétrovirus* à ARN* qui peuvent provoquer expérimentalement des cancers. La découverte fondamentale du Français Dominique Stéhelin, travaillant dans le laboratoire de Bishop* et Varmus* en 1976, fut de prouver que l’oncogène appelé SRC découvert dans le rétrovirus RSV (virus du sarcome de Rous) préexistait dans la cellule normale où le virus l’avait prélevé pour l’incorporer dans sa propre structure puis l’activer en lui imposant son contrôle. Cette découverte, rapidement étendue à de nombreux autres rétrovirus, allait orienter la recherche* cancérologique, à partir de quelques données essentielles : 1. Il existe dans toute cellule animale des proto-oncogènes*, gènes cellulaires normaux et indispensables, désignés du terme générique c-onc (par exemple c-myc, c-ras, c-sis, c-fos…) par analogie avec les oncogènes viraux v-onc correspondants (v-myc, v-ras, v-sis, v-fos…). 2. Ces proto-oncogènes peuvent être activés en oncogènes et acquérir ainsi le pouvoir de transformer une cellule normale en cellule maligne. Cette activation peut résulter de leur passage dans un rétrovirus ou de mutations* occasionnées par des agents de l’environnement* (rayons* X ou ultraviolets*, produits chimiques cancérogènes*). Cela explique que l’ADN extrait de tumeur contribue à la transformation d’une cellule normale en cellule maligne. 3. Ces oncogènes, activés dans la cellule à partir des proto-oncogènes internes ou apportés par un virus, agissent sur un mode dominant, c’est-à-dire qu’ils s’imposent à tout partenaire non activé, en l’occurrence le proto-oncogène normal. À l’inverse des oncogènes qui stimulent la prolifération* cellulaire, il existe des gènes suppresseurs* qui la freinent. L’équilibre entre ces deux influences opposées contrôle la croissance cellulaire. L’étude des oncogènes a confirmé que la transformation* cancéreuse n’est pas un phénomène de tout ou rien lié à un événement unique (activation d’oncogène ou perte de gène suppresseur*). Elle procède au contraire en plusieurs étapes correspondant à une progression* dans le degré de malignité*. La portée de cette observation est double : d’une part, le recensement des altérations subies par une tumeur permet d’espérer qu’il sera possible de la situer avec précision sur une échelle de malignité, d’en déduire un pronostic* et d’ajuster le traitement en conséquence ; d’autre part, des caractères représentent une prédisposition génétique* à certains types de cancers, ce qui ouvre la voie à une médecine* prédictive, prédisant les maladies auxquelles un individu est exposé, dont l’éclosion fut un temps fort de la fin du xxe siècle (voir Oncogénétique*). La définition d’un oncogène est devenue floue avec la multiplication des gènes qui, par de multiples moyens, contribuent à stimuler la prolifération, ne serait-ce qu’en favorisant, de façon non spécifique, l’expression d’oncogènes plus caractéristiques. Philippe Jeanteur

Résultats 1 - 15 sur 47.