• Lettre P
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  • P53

    Protéine*, présente dans le noyau des cellules*, qui joue un rôle important au cours des cancers. Elle contrôle normalement la prolifération* cellulaire en empêchant le déroulement du cycle* cellulaire d’une cellule endommagée. Si son gène* est altéré, en particulier par mutation*, la p53 est anormale et la cellule* perd le contrôle de sa prolifération, ce qui peut au départ favoriser le développement d’un cancer. La plupart des tumeurs* solides* et des leucémies* présentent une altération de la p53 et les mutations de son gène sont l’altération génétique la plus répandue dans les tumeurs humaines, par exemple dans 75 à 80 % des adénocarcinomes du côlon*. Un défaut de cette protéine* joue un rôle important pour laisser persister – au lieu de les corriger – les anomalies génétiques provoquées par l’aflatoxine*, à l’origine du cancer primitif du foie*, ou par les rayons ultraviolets* qui favorisent les cancers de la peau*. Près de 300 mutations différentes du gène de la p53 ont été recensées dans les tumeurs humaines. La plupart sont des mutations accidentelles, créées sur l’ADN* d’une cellule soumise à des agents cancérogènes* ; certaines surviennent sur les cellules germinales et sont à l’origine de cancers familiaux ou d’une prédisposition héréditaire aux cancers (syndrome* de Li-Fraumeni*). Jacques Robert

  • Paclitaxel

    D’abord dénommé taxol, c’est un des plus récents médicaments* de la chimiothérapie* anticancéreuse, d’origine végétale*. L’une des cibles privilégiées de cette chimiothérapie* est constituée par les microtubules qui forment un fuseau* sur lequel migrent les chromosomes* à la fin de la division de la cellule (mitose*). Les médicaments exerçant leur activité sur ce fuseau sont des antimitotiques* qui bloquent la mitose et empêchent les cellules de se reproduire. Le paclitaxel agit sur la même cible mais, à la différence des vinca*-alcaloïdes, il stabilise ce fuseau et inhibe d’une autre manière la reproduction cellulaire. Identifié en 1971, le paclitaxel est extrait de l’écorce d’if, Taxus brevifolia répandu dans l’ouest américain. Cependant sa production est très limitée : 10 kg d’écorce fournissent seulement 1 g de médicament, permettant trois cycles* de chimiothérapie et il faut abattre plusieurs arbres centenaires pour traiter un malade, ce qui a entraîné la protestation des écologistes*. Des équipes françaises des laboratoires Rhône-Poulenc ont pu, par hémisynthèse et en utilisant simplement les feuilles de l’if européen sans détruire l’arbre, fabriquer non seulement du paclitaxel, mais d’autres dérivés plus efficaces, dont le docétaxel* (taxotère) est le chef de file. Du paclitaxel a été également isolé en 1992 du feuillage de l’if de l’Himalaya. Depuis 1994, on sait le produire par synthèse. Développé aux États-Unis et en Europe depuis les années 1980, le paclitaxel s’est montré efficace dans le traitement des cancers de l’ovaire*, du sein* et des bronches* (liés au tabagisme*). Comme la plupart des chimiothérapies, il entraîne une diminution des globules* blancs et des plaquettes*. Il est aussi responsable de phénomènes d’hypersensibilité (allergie*) liés au solvant indispensable à sa préparation injectable. Largement utilisé dans les cancers du sein, du poumon et de l’ovaire, ce médicament est proposé sous forme de générique. Jean-Pierre Armand

  • Paget

    (Sir James, 1814-1899). Ayant traversé un siècle qui a beaucoup marqué la connaissance des cancers, ce chirurgien y a contribué et a laissé son nom à deux maladies, l’une cancéreuse, l’autre susceptible de le devenir (voir ci-après). Cette marque est à la hauteur de l’existence et des accomplissements de ce médecin qui fait ses études puis exerce au St-Bartholomew’s Hospital de Londres. Il n’est pas seulement chirurgien mais aussi anatomo-pathologiste*, remarqué pour ses qualités d’observation, servi par de rigoureuses méthodes de travail et une remarquable mémoire. Très grand travailleur (il examine les malades debout pour gagner du temps), aussi exigeant vis-à-vis de lui-même que pour ses collaborateurs, il ne néglige ni sa famille, ni ses amis parmi lesquels on trouve des savants, des poètes, des hommes politiques : Darwin, Huxley, Lister, Pasteur, Virchow*, Florence Nightingale, George Eliot, Tennyson, Browning, Gladstone et des membres de la famille royale. C’est après sa retraite (anticipée à la suite d’une grave blessure à la main au cours d’une autopsie*) qu’il publie les deux articles sur l’« osteitis deformans » (1876) et la « maladie de l’aréole » du sein* (1894). Pour la première, parmi les cinq observations présentées trois comportent une dégénérescence* maligne. Pour la seconde, il considère à tort qu’il s’agit d’un eczéma susceptible de dégénérer* secondairement. Bernard Hœrni

  • Paget (maladies de)

    Le chirurgien anglais Paget* a laissé son nom à deux maladies, tout à fait différentes mais toutes les deux reliées aux cancers. • La maladie de Paget du sein est une forme particulière de cancer du sein* (adénocarcinome*), né derrière le mamelon et qui envahit l’aréole en donnant une sorte d’« eczéma » dont le caractère unilatéral attire l’attention. Ce cancer se traite comme les autres adénocarcinomes mammaires. D’autres maladies de Paget, beaucoup plus rares, sont rencontrées autour de l’anus* et sur la peau* des organes génitaux* externes (vulve* et périnée), qui traduisent aussi l’extension à la peau d’un adénocarcinome sous-jacent, développé à partir d’une glande* sudoripare. • La maladie de Paget des os* est caractérisée, chez des sujets âgés, par des déformations des os du crâne (suspectée chez Beethoven), des vertèbres, du bassin* et des fémurs (membres inférieurs arqués en forme de sabres). Dans certains cas elle dégénère pour donner un cancer (ostéosarcome*) dont le pronostic* est plus sévère que chez le jeune, en raison de son siège proche de l’axe du corps. Bernard Hœrni

  • Paléopathologie

    Ce mot, créé en 1892 par le naturaliste R.W. Shufeldt pour un article de vulgarisation, désigne la « science des maladies dont un peut démontrer l’existence sur les restes humains et animaux des temps anciens » (M.A. Ruffer). En 1774, J.F. Esper avait décrit à Nuremberg sur les os d’un ours des cavernes une tumeur* maligne de fémur qui se révélera être seulement le cal d’une fracture consolidée. Cette science connaît son essor après 1920, notamment grâce aux rayons* X, en particulier de momies chez lesquelles on devait trouver des petits parasites* calcifiés (bilharzies*) et d’authentiques tumeurs. Quatre branches participent à des degrés divers de cette discipline médico-historique qui associe la pathologie à l’histoire et l’anthropologie physique à l’archéologie. La paléopathologie organique s’intéresse aux tissus momifiés naturellement ou artificiellement ; l’ostéo-archéologie exploite les innombrables squelettes complets ou fragmentaires exhumés à l’occasion de fouilles ; la paléogénétique procède de l’analyse moléculaire de ces véritables archives biologiques que sont les restes anciens du monde vivant ; l’iconodiagnostic enfin se fonde sur l’interprétation des figurations morbides. La paléopathologie des néoplasies est problématique. Leur diagnostic* rétrospectif demeure extrêmement rare. La nature du matériel examiné et les obstacles à son exploration exhaustive ; la brièveté de l’espérance de vie, le faible tropisme osseux des tumeurs et les mutations profondes dans les modes de vie, ne justifient qu’imparfaitement ce constat. Pour autant, la plupart des composantes de la nosologie néoplasique ont pu être identifiées sur des spécimens datés depuis le paléolithique jusqu’aux temps modernes. Pierre L. Thillaud

  • Pallez

    (Gabriel, 1925-1998). Élève de l’ENA et inspecteur des finances, il occupe de hautes fonctions administratives, étant notamment directeur général de l’Assistance Publique de Paris (1969-1985). Président de la Ligue* contre le cancer à partir de 1992, il en modernise l’organisation avant de la quitter en 1998 à cause du cancer du pancréas* qui va l’emporter.

  • Palliatif

    S’opposant à curatif*, cet adjectif qualifie un traitement qui ne cherche pas à guérir le cancer traité. On parle de traitement anticancéreux palliatif pour désigner un acte chirurgical, une radiothérapie* ou une chimiothérapie* incapables d’obtenir la guérison* mais seulement susceptibles d’entraîner une rémission*, d’améliorer le confort du malade et sa qualité* de vie, de prolonger son existence. La distinction entre curatif et palliatif n’est pas toujours nette, certains traitements à but curatif se montrant incapables de guérir et certains traitements palliatifs entraînant parfois la guérison. Cet adjectif s’applique aussi à des traitements non cancérologiques destinés à soulager le malade de symptômes* désagréables. On parle alors de soins palliatifs pour contrôler une douleur*, un trouble digestif (diarrhée*, constipation*), calmer une toux* ou une difficulté pour respirer (dyspnée*), etc. En fin de vie, ces soins font partie de l’accompagnement* des malades qui vont bientôt mourir de leur cancer. Les soins palliatifs ne sont pas réservés aux cancéreux mais se sont particulièrement développés pour traiter ces malades. Bernard Hœrni

  • Paltauf

    (Maladie de). Cette appellation désuète de la maladie de Hodgkin* vient du nom d’un médecin autrichien (Arnold Paltauf, 1860-1893) qui a consacré des travaux au système lymphatique.

  • Paludisme

    Encore appelé malaria (de l’italien mal’aria, air vicié), le paludisme (du latin palus, paludis, marais) est une maladie parasitaire*, transmise par le sang et les moustiques, très répandue et grave, qui entraîne dans le monde deux à trois millions de décès chaque année (autant que la tuberculose* ou que le sida*) souvent chez des enfants* et des jeunes. Il joue aussi un rôle accessoire (cocancérogène*), par l’intermédiaire des désordres immunitaires dont il s’accompagne, chez des enfants des zones intertropicales, aux altitudes où vivent les moustiques et contaminés par le virus* d’Epstein*-Barr, à l’origine du lymphome* de Burkitt*. Bernard Hœrni

  • Pancoast-Tobias

    (Syndrome de). Ce syndrome* désigne une forme particulièrement sévère de tumeur des bronches* qui atteint le sommet du poumon* et retentit sur la base du cou et les côtes. Il s’accompagne de douleurs* intenses irradiant vers le cou et le bras. Il s’agit le plus souvent d’un cancer à petites cellules, inopérable mais qui peut être soulagé par chimiothérapie* et par radiothérapie*.

  • Pancréas

    (Cancer du). Le cancer du pancréas représente 7 % des cancers de l’appareil digestif*. Le nombre de nouveaux cas par an (incidence*) est de 3 500 dont 60 % chez les hommes et 40 % chez les femmes. Il survient en moyenne à 65 ans, principalement favorisé par le tabac*, son risque étant deux fois plus élevé chez le fumeur*, ainsi que par l’obésité*, parfois précédé par une inflammation* chronique du pancréas (pancréatite). Le cancer du pancréas est le plus souvent un adénocarcinome* développé à partir des canaux et des glandes* qui produisent les sucs (enzymes*) de la digestion (Figure in Appareil digestif*). Il est révélé le plus souvent par une jaunisse (ictère*) avec des urines foncées et des selles décolorées : le canal biliaire (cholédoque) permettant l’écoulement de la bile, qui traverse le pancréas à sa terminaison, est comprimé par la tumeur* et les pigments biliaires (bilirubine*) ne sont plus évacués. Cet ictère est progressif, continu, sans fièvre* ni douleur*. Il s’accompagne d’une baisse de l’appétit* (anorexie), de démangeaisons* et d’un amaigrissement*. À un stade* ultérieur apparaissent à la partie haute et médiane de l’abdomen* des douleurs qui semblent la traverser de part en part. À l’examen clinique, le foie est gonflé et on palpe en-dessous la vésicule* biliaire distendue. Le premier examen à réaliser est une échographie* qui montre une dilatation des canaux biliaires à l’intérieur du foie, ainsi que du canal cholédoque qui va du foie à l’intestin* grêle (duodénum), souvent une grosse vésicule et une augmentation irrégulière de la tête du pancréas, qui correspond à la tumeur. Parfois l’échographie montre des métastases* hépatiques. Le pancréas n’est pas toujours bien visible à l’échographie et la tomodensitométrie* abdominale est utile au bilan* d’extension et doit être réalisée avec injection de produit de contraste. L’écho-endoscopie, qui utilise une sonde d’échographie montée au bout d’un appareil à fibre optique souple (endoscopie*), peut être amenée au niveau du duodénum voisin du pancréas : c’est le meilleur examen pour trouver une petite tumeur et étudier son extension locale. Une opacification des voies biliaires (cholangiographie) montre un obstacle irrégulier sur la partie du cholédoque qui traverse le pancréas. Un marqueur*, l’antigène CA* 19.9, est augmenté dans 90 % des cas, mais son dosage permet surtout de suivre l’efficacité des traitements. Le traitement principal est la chirurgie* qui consiste à retirer la tête du pancréas, le duodénum et souvent une partie de l’estomac*. Il faut ensuite rétablir la continuité des voies biliaires, du canal pancréatique et du tube digestif. Cette intervention lourde, non exempte de complications, est faite si la tumeur est extirpable et ne s’associe pas à des métastases. Si la tumeur n’est pas opérable ou s’il existe des métastases, l’ictère est traité en dérivant chirurgicalement le canal cholédoque, ou en mettant en place dans les voies biliaires un tube pour permettre l’écoulement de la bile (prothèse* biliaire). Cette prothèse est mise en place par endoscopie*, en passant par la bouche, ou à travers la peau et le foie. La chimiothérapie* a une activité limitée mais prouvée en complément de la chirurgie ou en cas de grosse tumeur inextirpable non métastatique, ou dans les formes métastatiques. Les principaux produits efficaces sont la gemcitabine*, les sels de platine* et le fluorouracile*. La radiothérapie* est associée à la chimiothérapie, indiquée en cas de tumeur non extirpable mais localisée (sans métastase* à distance du pancréas) pour lesquelles elle permet des survies prolongées. Voir aussi Hirohito*, M. Mead*, G. Pallez*.

    Philippe Rougier

  • Paoli

    (Jean, 1899-1973). Chirurgien des hôpitaux, Professeur à la faculté de médecine, il devient directeur du centre* de lutte contre le cancer de Marseille – qui prendra son nom – en 1952 pour le rester jusqu’à sa retraite en 1970. Il joue un rôle actif dans l’organisation régionale de la lutte contre les cancers et à l’origine de la construction du centre actuel, ouvert en 1969. Dominique Maraninchi

  • Paoli-Calmettes

    (Institut). L’Institut Jean Paoli*-Irène Calmettes* est le centre* de lutte contre le cancer de Marseille, nommé d’après l’un de ses directeurs et l’infirmière* générale qui œuvra à ses côtés pour en faire l’hôpital qu’il est aujourd’hui. Il est fondé en 1925 par le Professeur H. Reynes, premier chirurgien directeur (1925-1929) avant plusieurs autres : Professeurs Imbert (1929-1938), J. Paoli (1952-1971), X. Sérafino (1971-1979) encadrant un anatomo-pathologiste* (Professeur L. Cornil, 1938-1952) et précédant deux hématologistes (Professeurs Y. Carcassonne, 1979-1990 et D. Maraninchi, 1990- ). Situé initialement au sein de l’Hôtel-Dieu de Marseille, il est transféré en 1927 à l’hôpital de Sainte-Marguerite avec une quarantaine de lits et une unité de radiothérapie*. L’hôpital actuel est construit à la fin des années 1960. C’est un des plus grands centres français avec plus de 300 lits et une cinquantaine de médecins. Il comporte les services de consultation, imagerie*, anatomo-pathologie et biologie nécessaires au diagnostic*, les services de traitements (blocs opératoires, radiothérapie, médecine avec unité stérile) et des laboratoires de recherche* de l’INSERM* et du CNRS*. Les principaux domaines de recherche sont la cancérologie expérimentale, l’hématologie* avec une importante expérience pour les greffes* de moelle*, la chimiothérapie* et les biothérapies*, les cancers du sein* et, plus récemment, le sida*. L’Institut Paoli-Calmettes a été à l’origine de l’Association Psychologie* et Cancers. Dominique Maraninchi

  • PAP

    Voir Phosphatases*.

  • Papanicolaou

    (George, 1883-1962). Médecin anatomo-pathologiste* grec établi aux États-Unis, à l’origine du premier test de dépistage* des cancers. C’est à partir d’une proposition faite en 1927 par le médecin roumain Aurel Babes (1886-1962) qu’il élabore en 1928 puis promeut le prélèvement de cellules* par frottis* vaginal pour détecter tôt le cancer du col* de l’utérus*. Cette analyse de cytologie* prendra le nom de Pap-test. Bernard Hœrni

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