• Lettre R
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  • Rabat

    La capitale du Maroc est le siège d’un Institut National d’Oncologie*, conçu par le gouvernement marocain en liaison avec le Centre Alexis*-Vautrin et mis en service en 1985. À l’instar d’autres centres* de lutte contre les cancers, il a reçu pour mission de rassembler et coordonner des médecins et des infrastructures pour le diagnostic* et le traitement* de ces maladies, d’établir leur épidémiologie* au Maroc, de promouvoir leur prévention*, leur dépistage* et leur diagnostic précoce, de recenser à long terme les résultats de ces actions. Ce bâtiment de quatre étages et près de 300 lits comporte les services cliniques, techniques et biologiques habituels d’un centre de cancérologie. Il fonctionne en liaison avec une Association publique de lutte contre le cancer et avec l’Université. Bernard Hœrni

  • Rachis

    Synonyme de colonne vertébrale. Constitué par l’empilement des vertèbres, de la base du crâne au sacrum et au coccyx (Figure in Os*), le rachis contient en son sein la moelle* épinière. Ses différentes pièces sont souvent touchées par des métastases* osseuses qui fragilisent les vertèbres, entraînent des douleurs* et peuvent comprimer* la moelle.

  • Rad

    Unité, utilisée en radiothérapie*, pour chiffrer l’énergie apportée par un rayonnement* ionisant et absorbée par une tumeur ou un autre tissu. Depuis 1975 le rad est remplacé par le gray* (1 rad = 0,01 gray).

  • Radiation

    Voir Rayonnements*.

  • Radicaux libres

    Espèces chimiques très instables qui jouent un rôle dans l’action de certains traitements anticancéreux, de même qu’à l’origine du vieillissement*. Leur structure comprend un électron* célibataire qu’ils cherchent à apparier en attaquant et en endommageant les molécules voisines. Dans les membranes* cellulaires, ils provoquent des peroxydations lipidiques responsables de nombreux troubles liés ou non au cancer. Dans le noyau des cellules*, ils coupent l’ADN*, ce qui entraîne la mort cellulaire. C’est le plus souvent une molécule d’oxygène qui, directement ou par l’intermédiaire d’autres radicaux libres, donne les espèces radicalaires les plus réactives : le radical superoxyde et le radical hydroxyle. Le radical superoxyde peut être détoxiqué dans la cellule par une enzyme* spécialisée, mais le radical hydroxyle ne l’est pas ; il est responsable des dommages moléculaires les plus importants. Les radicaux libres sont produits par des médicaments anticancéreux (comme la bléomycine* ou la doxorubicine*) ou par les rayonnements* ionisants, ce qui détermine leur activité cytotoxique*. C’est pourquoi l’oxygénation de la tumeur irradiée améliore sa radiosensibilité*. Jacques Robert

  • Radio-

    Cette racine qui dérive du latin radius, rayon, rayonnement, se rencontre souvent – depuis la découverte des rayons* X par Rœntgen* en 1895 – à propos du diagnostic* ou du traitement* des cancers. Avec le radium* (1898), la chronologie d’apparition des mots balise la progression de leurs applications : radiographie et radioscopie (1896), radiumthérapie (1905), radioactif, radioactivité et radiothérapie (1906) et à sa suite radiodermite et radiologie (1907), radiologue ou radiologiste (1922), radioélément (1924), radio-isotope (1947), radiocobalt (1959). Le trait d’union qui se justifie entre deux racines ou entre deux voyelles ne se trouve que dans radio-isotope. Bernard Hœrni

  • Radioactivité

    Ce mot a été forgé par Marie Curie* pour désigner le phénomène, découvert en 1896 avec le physicien français Henri Becquerel*, qui allait bouleverser le traitement des cancers. On appelle radioactivité l’émission d’un rayonnement* qui accompagne la transformation spontanée du noyau d’un atome. Il y a dans la nature deux sortes d’éléments : ceux dont les noyaux ne subissent au cours du temps aucune transformation (éléments dits stables) et ceux dont les noyaux se transforment (éléments dits radioactifs, ou radioéléments, ou parfois radionucléides). Parmi les 92 éléments naturels recensés, une douzaine sont radioactifs ; on les appelle radioéléments naturels. En 1934, Irène et Frédéric Joliot-Curie* découvrent qu’il est possible de rendre radioactifs certains éléments naturels stables : c’est la découverte de la radioactivité et des radioéléments artificiels. Les radioéléments, naturels ou artificiels, se transforment (selon au moins sept modes différents) en un autre élément, le plus souvent lui-même radioactif. À chaque transformation, est émis un rayonnement, par exemple des photons*, équivalent à un rayonnement X. La radioactivité est exprimée en becquerels* (Bq), en hommage à son découvreur. Cette unité correspond à la quantité de radioélément qui donne une désintégration par seconde. Il s’agit donc d’une unité très petite et peu commode. C’est pour cette raison que l’ancienne unité, le curie* (Ci), qui correspond à l’activité d’un gramme de radium* 226, est encore souvent utilisée. Un curie est égal à 3,7 x 1010 désintégrations par seconde (soit 3,7 x 1010 Bq). Avec le temps, les radioéléments deviennent de moins en moins actifs ; on appelle période le temps au bout duquel la moitié des atomes d’un radioélément se sont transformés. La période des radioéléments varie dans des proportions considérables : de quelques jours (voire quelques heures), pour certains radioéléments artificiels, à 4,5 milliards d’années pour l’uranium 238. La radioactivité naturelle est surtout liée à des radioéléments de très longue période et à leurs descendants radioactifs, présents dans la croûte terrestre. Leur concentration massique moyenne est extrêmement faible. D’autres radioéléments sont formés en permanence par l’interaction des rayons cosmiques avec l’atmosphère et le sol ; c’est le cas du carbone 14 (période 5 700 ans) dont la décroissance est utilisée pour la datation en archéologie. Le corps humain, qui contient normalement du carbone 14 et du potassium 40, est très faiblement radioactif. La radioactivité a été exploitée pour traiter des cancers dès les premières années du xxe siècle. On a surtout utilisé le radium, de deux manières différentes. Les « bombes au radium » étaient des sortes de conteneurs percés d’un orifice (le collimateur) qui permettait de diriger le rayonnement vers la tumeur ; ancêtres des appareils modernes de cobalthérapie* et assez peu performantes, elles ont été abandonnées dans les années 1940-50. Les tubes ou aiguilles* dits « de radium » (en fait de platine* creux contenant quelques milligrammes d’un sel de radium) sont restés jusqu’aux années 1960-70 une arme majeure en cancérologie. Implanté dans les tumeurs ou placé à leur contact, ce matériel a permis de guérir des milliers de patients. Mais il rendait difficile la radioprotection* du personnel soignant et il a été abandonné pour être remplacé par des radioéléments artificiels, essentiellement l’iridium* 192, le césium* 137 et l’iode* 125. Jean-Marc Cosset

  • Radiobiologie

    Science née avec la découverte des rayons* X en 1895 par Rœntgen*, elle a pour objet d’élucider les effets sur la matière vivante des rayonnements* de longueur d’onde inférieure à celle de la lumière visible. En cancérologie, elle étudie les effets de ces rayons chez l’homme, tant sur les tissus* sains que sur les tumeurs malignes*, à la base de la radiothérapie*. Les rayonnements ionisants entraînent l’apparition de radicaux* libres oxygénés qui endommagent les cellules* au sein desquelles ils apparaissent. La radiobiologie a montré que les lésions responsables de la mort des cellules humaines (saines ou malignes) après irradiation portaient sur l’acide désoxyribonucléique (ADN*) des chromosomes*, du moins avec les doses utilisées en radiothérapie*. L’irradiation induit diverses lésions de l’ADN. Celles qui paraissent responsables de la mort cellulaire sont des cassures des deux brins de la « double hélice ». Elles ne « tuent » pas la cellule immédiatement, mais la « condamnent à mort » au terme du délai qui l’amène à sa division (mitose*). Ce délai varie de quelques heures à quelques années, ce qui explique pourquoi les réactions après irradiation varient d’un tissu ou organe à l’autre. Les cassures « doubles brins » peuvent être réparées grâce à des enzymes* précises et performantes et les lésions persistantes varient selon la quantité et la qualité de ces réparations*. Certains sujets, réparant mal ces lésions de l’ADN et de ce fait plus sensibles aux effets de l’irradiation, pourront être identifiées dans un futur proche. Même si leur proportion est faible, il faut les reconnaître, pour deux raisons : pour éviter de les exposer à des niveaux même faibles d’irradiation (certaines activités professionnelles*, certaines explorations radiologiques par exemple) ; pour adapter les doses* de radiothérapie quand un cancer conduit à les irradier. La radiobiologie définit également les facteurs limitant la possibilité de guérir* des cancers par la radiothérapie (radiocurabilité). Le premier facteur est une radiorésistance*, dite « intrinsèque », du cancer que plusieurs tests à l’étude cherchent à prédire in vitro, en laboratoire. Une forte radiorésistance incite à augmenter les doses de radiothérapie, malgré les risques encourus, ou à traiter le malade autrement. Un deuxième facteur limitant la radiocurabilité d’une tumeur est la cinétique* de prolifération* tumorale. En utilisant une radiothérapie conventionnelle étalée sur quatre à sept semaines, il est difficile de guérir une tumeur qui prolifère très rapidement. On commence à mesurer avec précision, en laboratoire, le temps de doublement potentiel des cellules cancéreuses. La constatation d’un temps de doublement très court inciterait à des irradiations accélérées et plus rapprochées, pour surmonter la prolifération tumorale rapide. Un troisième facteur limitant la radiocurabilité tumorale est l’insuffisance d’oxygénation (hypoxie) des cellules cancéreuses. Les cellules mal oxygénées d’une tumeur sont plus résistantes à la radiothérapie que les cellules qui le sont bien. Les parades possibles consistent à utiliser certaines substances sensibilisant les cellules mal oxygénées (radiosensibilisateurs) ou à faire respirer au malade un air enrichi en oxygène. D’autres facteurs, comme le nombre de cellules dites clonogènes (susceptibles de donner naissance à un clone* de cellules tumorales), sont à l’étude. La radiobiologie aide ainsi à adapter la radiothérapie selon la radiosensibilité* de chaque sujet et les caractéristiques de chaque cancer. Jean-Marc Cosset

  • Radiochirurgie

    La radiochirurgie est une méthode de traitement qui vise à irradier précisément, en une séance, des petites lésions intracrâniennes ; elle constitue le plus souvent une alternative au traitement chirurgical en évitant au patient l’ouverture de la boîte crânienne. Les techniques de radiochirurgie utilisent toutes un cadre de stéréotaxie* permettant très précisément de positionner le patient et de repérer les lésions à traiter. Après de longs travaux expérimentaux dont les débuts remontent à 1935, la technique fut initiée en 1954 par l’usage de petits faisceaux de particules lourdes ; elle prit un essor quand un neurochirurgien suédois, L. Leksell, développa industriellement sous le nom de « gamma knife » un appareil dédié utilisant des sources multiples de Cobalt* 60 convergeant au centre du volume à traiter. À partir des années 1980, les dispositifs de traitement adaptés à des accélérateurs* linéaires se sont développés, permettant la généralisation de ces différentes techniques. Les méthodes stéréotaxiques impliquent une pratique en équipe multidisciplinaire spécialisée, associant neurochirurgien, radiothérapeute, radiologue et physicien d’hôpital. Les principales indications des traitements concernent les petites lésions intracrâniennes bénignes (malformation vasculaire artérioveineuse, neurinome*, méningiome*) et des tumeurs malignes (gliome* et métastase* cérébrale unique ou en petit nombre). Environ un millier de patients sont traités par an en France, une évaluation de ces méthodes a été récemment conduite par l’Agence Nationale de l’Accréditation et de l’Évaluation en Santé (ANAES). Des développements importants concernent l’utilisation de techniques de radiochirurgie* en plusieurs séances pour diminuer la toxicité* du traitement de lésions plus volumineuses : c’est la radiothérapie* stéréotaxique fractionnée. Guy Kantor

  • Radiodermite

    Ensemble des réactions provoquées par une irradiation sur la peau*. On distingue les radiodermites aiguës et les chroniques. Les radiodermites aiguës correspondent à des lésions précoces pendant ou après (quelques jours ou quelques semaines) une irradiation délivrée à des doses* relativement élevées (grays* ou dizaines de grays). L’intensité des lésions fait distinguer trois stades proches des degrés de brûlures. Au premier stade, une rougeur (érythème) de la peau peut s’accompagner d’une desquamation sèche (la peau pèle). Au deuxième, l’épiderme, couche la plus superficielle, est détruit et le derme sous-jacent est mis à nu, suintant ; on parle d’épidermite (ou d’épithélite) exsudative. Au troisième, toutes les couches cutanées – épiderme, derme et hypoderme – sont détruites et l’on parle de radionécrose* cutanée. Les doses* responsables des différents stades varient avec le type de rayonnement*, son débit et son fractionnement (nombre et étalement des séances). Le premier stade guérit habituellement sans séquelle ; le deuxième peut évoluer vers une radiodermite chronique ; la radionécrose cutanée nécessite un traitement chirurgical, avec détersion et ablation des tissus nécrosés et parfois greffe* de peau. Les radiodermites chroniques sont la conséquence d’une irradiation aiguë et d’une radiodermite aiguë, ou d’une irradiation chronique à très faible débit, cumulant sur plusieurs mois ou années des doses importantes, sans avoir jamais entraîné de réaction aiguë. Ces lésions chroniques se traduisent par un amincissement, une atrophie et une perte de l’élasticité de la peau. Ces troubles s’accompagnent de zones de dépigmentation blanchâtres, parfois de zones croûteuses ou cornées (kératoses*) et de dilatations vasculaires superficielles (télangiectasies). Les radiodermites chroniques exposent à des complications dans la zone fragilisée : la cicatrisation de la moindre plaie est longue et difficile ; on peut observer des radionécroses tardives ; enfin, le risque de second* cancer cutané est augmenté. Les pionniers de la radioactivité* et les premiers médecins et techniciens utilisant ses rayonnements ont payé un lourd tribut aux radiodermites chroniques au début du xxe siècle. Les mesures de radioprotection* simples instituées à partir des années 1920 et devenues systématiques à partir des années 1940 les ont fait quasiment disparaître. Jean-Marc Cosset

  • Radioélément

    Un radioélément, ou élément radioactif, est un élément chimique qui se transforme spontanément en un autre, en émettant un rayonnement*. L’élément résultant peut être lui-même radioactif ; ce peut être un isotope* du premier ou un autre élément (voir Radioactivité*). On distingue des radioéléments naturels et artificiels. Les naturels, que l’on trouve comme leur nom l’indique dans la nature, sont pour l’essentiel répartis en trois familles dont le nom correspond au premier élément de chacune d’elle ; l’uranium 238, le thorium 232 et l’uranium 235. Le radioélément naturel qui a été le plus utilisé en cancérologie est l’un des premiers découverts (par Marie et Pierre Curie*), le radium*. Employé sous forme de sel enfermé dans des tubes ou aiguilles* de platine*, il a permis les premières curiethérapies*. Il a aussi été utilisé dans des « bombes au radium », ancêtre des appareils modernes de radiothérapie* externe. Il a été abandonné car il posait de sérieux problèmes de radioprotection* ; en particulier, la fissuration accidentelle des aiguilles ou des tubes laissait s’échapper un gaz radioactif, le radon. Les radioéléments artificiels ont été découverts en 1934 par Irène et Frédéric Joliot-Curie* : après bombardement par des noyaux d’hélium, certains éléments légers, comme l’aluminium, deviennent radioactifs. Depuis cette date, la mise en service des réacteurs nucléaires a permis la création d’une véritable industrie des radioéléments artificiels. En cancérologie, les radioéléments artificiels ont transformé les techniques de curiethérapie* : aujourd’hui elle utilise des fils d’iridium* 192, ou des grains de césium* 137. Les radioéléments artificiels sont également à la base de la radiothérapie métabolique : par exemple l’iode* 131 détruit sélectivement les cancers de la thyroïde* en se fixant spécifiquement dans le tissu tumoral. Plus récemment introduite, la radioimmunothérapie utilise un anticorps* dirigé contre une tumeur et lié à un radioélément qui détruira sur place le cancer dans lequel il se concentre (voir Immunoscintigraphie*). Jean-Marc Cosset

  • Radiofréquence

    L’hyperthermie* est une méthode de destruction qui peut être utilisée comme traitement local des tumeurs* malignes* ou bénignes*. Les moyens physiques susceptibles d’augmenter la température* au sein d’un tissu* au point d’obtenir une destruction cellulaire sont multiples : ondes de radiofréquence, ultrasons, laser*. Les ondes de radiofréquence sont des courants électro-magnétiques sinusoïdaux de moyenne fréquence : 400 à 500 kHz. Cette gamme de fréquence est également utilisée en radionavigation ou radioamateur. C’est le même type d’ondes qui est utilisé dans les fours à micro-ondes ou les téléphones* cellulaires mais à des fréquences bien différentes : 300 MHz à 3 GHz. Dans les tissus ces courants induisent un échauffement à partir des mouvements ioniques qu’ils déclenchent dans les cellules*. L’augmentation de la température est progressive, au-delà de 60°C les protéines* cellulaires coagulent ce qui aboutit à la mort des cellules*. En pratique, des tumeurs mesurant jusqu’à 4 cm peuvent être détruites. Un repérage radiologique précis (par échographie* ou tomodensitométrie*) est nécessaire pour placer correctement l’électrode dans la lésion. Les premières tumeurs traitées furent celles du foie* il y a une dizaine d’années, actuellement ce type de traitement est proposé dans d’autres organes : poumon*, rein*, os*, sein*. L’ablation tumorale par radiofréquence définie comme un traitement peu invasif est devenue une alternative aux thérapeutiques classiques telles que la chirurgie*. Jean Palussière

  • Radiographie

    Image obtenue sur un film photographique par des rayons* X traversant un corps et ses divers constituants, différenciés selon leur densité. Depuis la découverte de Rœntgen* en 1895, ces images et la technique qui permet de les obtenir ont connu un développement considérable, particulièrement pour l’étude des cancers. Les techniques se sont beaucoup diversifiées, depuis la radiographie simple comme la radiographie* pulmonaire, jusqu’à l’obtention d’images traitées par ordinateur à partir de données numérisées comme dans la scanographie*. La qualité des rayons* X, plus ou moins pénétrants, joue un rôle important, comme le montre la mammographie* qui n’est devenue possible qu’avec une nouvelle source de radiations. La radiographie d’une partie du corps est obtenue spontanément ou en renforçant les contrastes par remplissage de cavités naturelles avec des produits opaques aux rayons X (baryte pour le transit* œsogastroduodénal ou le lavement* baryté) ou par injection de tels produits dans les vaisseaux* (artériographie*, lymphographie*). On visualise ainsi des tumeurs déformant des organes ou des tissus, contrastant par leur densité avec les tissus voisins dans lesquels elles se développent, ou présentant une vascularisation* anormale. La réalisation d’une radiographie expose une partie du corps à une irradiation très faible, sans inconvénient pour un examen, mais non nulle et potentiellement dangereuse en cas de répétition ou d’addition de multiples examens. C’est ainsi que les radiographies multipliées naguère pour la surveillance d’une tuberculose* pulmonaire ou du pneumothorax* destiné à la traiter ont entraîné une discrète augmentation des cancers du sein*. Bernard Hœrni

  • Radiographie pulmonaire

    C’est l’examen radiologique le plus fréquent, pratiqué naguère pour le dépistage* de la tuberculose*, aujourd’hui lors d’un bilan préopératoire, avant une anesthésie*, ou pour la recherche d’une maladie pulmonaire. C’est un des gestes complémentaires les plus courants chez un cancéreux en raison de la fréquence des métastases* pulmonaires, des tumeurs primitives* dans le thorax* et de diverses atteintes cancéreuses, infectieuses ou autres. Les clichés, réalisés de face et de profil, montrent surtout les poumons* mais aussi le médiastin*, le cœur*, la plèvre* et le squelette dont l’analyse peut nécessiter des radiographies un peu différentes (Figure). En cas de signes évoquant une lésion pulmonaire (crachement de sang ou hémoptysie*), il peut mettre en évidence une tumeur comme une masse pulmonaire, l’obstruction d’une bronche* (atélectasie), une pleurésie* ou un élargissement du médiastin. Un cliché pulmonaire anormal doit être complété par des coupes de scanographie*. En cas de cancer primitif en dehors du thorax, le cliché pulmonaire recherche des images correspondant à des métastases : nodules pulmonaires, souvent arrondis et multiples réalisant des images en « lâcher de ballons », pleurésie* ou lésions des côtes. Dans la surveillance* des cancers pulmonaires traités, le cliché pulmonaire est parfois insuffisant et on lui préfère des coupes scanographiques*. Jean-Noël Bruneton

  • Radioimmunothérapie

    Méthode de radiothérapie qui consiste à irradier des petites tumeurs* disséminées dans l’organisme après injection* intraveineuse d’un anticorps* porteur d’une forte radioactivité* et qui a la propriété de se fixer sélectivement sur les cellules* tumorales. Son principe est le suivant. Les cellules qui composent un cancer humain ont, à leur surface, des molécules appelées antigènes* tumoraux. Ces derniers injectés à une souris* lui font produire des anticorps qui les reconnaissent sélectivement. On fixe sur ces anticorps* un ou plusieurs atomes radioactifs avant de les injecter, par voie intraveineuse, à un malade porteur d’une tumeur correspondante : ils vont l’atteindre et se lier à son antigène. La tumeur devient ainsi radioactive et, en fonction de la nature de l’atome radioactif utilisé et de la quantité de radioactivité injectée, émet un rayonnement* qui a la propriété d’irradier les cellules tumorales voisines dans un rayon de quelques millimètres à partir de la source d’émission et de les détruire. La radioimmunothérapie a démontré son efficacité pour le traitement des lymphomes* après échec de la chimiothérapie*. Ce type de tumeur est caractérisé par une grande sensibilité à l’irradiation (tumeur dite radiosensible). Pour les autres types de tumeur moins sensibles à l’irradiation, la radioimmunothérapie a été longtemps inefficace mais des progrès technologiques ont déjà permis de montrer un début d’efficacité dans certains types de tumeur. Cette efficacité devrait être à court terme confirmée et amplifiée surtout en association à d’autres modalités thérapeutiques comme la chimiothérapie. Jean-François Chatal

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