• Lettre B
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  • Baclesse

    (François, 1896-1967). Né au Luxembourg, François Baclesse fait ses études de médecine à Paris avant de devenir un des pionniers de la radiothérapie*. D’abord engagé en radiologie, il suit les cours de Claudius Regaud* sur les rayonnements* ionisants et s’intègre à l’équipe de l’Institut du Radium*, puis de la Fondation Curie*. Il montre que la radiothérapie peut, si elle est appliquée de façon adéquate et à doses* suffisantes, guérir des cancers du larynx*, de l’utérus* ou du sein*. Démontrant que les tumeurs du sein peuvent être stérilisées localement, sans intervention chirurgicale, il est un des premiers à défendre leur traitement « conservateur ». Il apporte un argument décisif pour nuancer la notion de radiorésistance*, selon une démarche clinique et pratique, soutenue par une grande rigueur. Son nom a été donné au centre* anticancéreux de Caen.

  • Bactérie

    Microbe* ou micro-organisme composé d’une seule cellule et responsable d’infection* dite bactérienne. Les bactéries n’ont aucune responsabilité directe à l’origine des cancers, mais elles provoquent des infections fréquentes et parfois graves chez les malades cancéreux. Certaines d’entre elles, le plus souvent des Streptomyces, sont à la base de médicaments*, les antibiotiques*, actifs contre les infections (anti-infectieux*) ou les cancers.

    À l’inverse des virus*, aucune bactérie n’induit directement une tumeur maligne, sauf chez les végétaux*. À la fin du xixe siècle et au début du xxe, dans le feu de la découverte de nombreux microbes et après l’observation de plusieurs « maisons* à cancers », des chercheurs – tels Doyen* – crurent découvrir au sein d’une tumeur cancéreuse une bactérie particulière rendue responsable du cancer, mais il s’agissait d’une contamination par une bactérie indépendante. Les bactéries pourraient jouer un rôle indirect, par l’intermédiaire d’une infection chronique, de l’irritation et de l’inflammation associées : l’environnement défavorable ainsi créé pour des cellules* ou un tissu* les exposerait à des erreurs lors des reproductions cellulaires et à des mutations*. C’est ce qui est observé pour le cancer de l’estomac* précédé par une infection chronique par la bactérie Helicobacter* pylori. Le cancer du col* utérin est aussi favorisé par un état infectieux chronique des organes génitaux ; cependant, l’identification récente des papillomavirus* suggère plutôt le rôle d’un virus : l’infection bactérienne ne serait que le témoin d’une infection multiple, avec plusieurs germes parmi lesquels des virus. À la suite d’une épidémie de typhoïde à Aberdeen, on a plus récemment observé chez les personnes guéries mais qui continuaient à héberger, de façon prolongée (porteurs chroniques), le bacille typhique, un excès de cancers, en particulier de la vésicule* biliaire et du pancréas*.

    Chez un malade traité pour une tumeur maligne*, les infections bactériennes intéressent le tissu tumoral et son voisinage, par exemple quand un cancer du côlon* est ulcéré au contact de matières fécales composées pour moitié de bactéries. Une généralisation de l’infection est possible, sous forme de septicémie*, lorsque les défenses du malade sont altérées, en particulier si ses globules* blancs sont très diminués par le cancer ou le traitement. Les germes responsables sont variables : tantôt il s’agit de microbes courants comme un staphylocoque, un streptocoque ou un colibacille ; tantôt des germes plus rares provoquent une infection plus grave parce qu’ils produisent* des toxines importantes ; tantôt enfin il s’agit de germes peu virulents qui normalement n’entraînent pas d’infection mais profitent de l’affaiblissement de l’organisme pour se développer (on parle de germes et d’infections opportunistes*).

    Le traitement des infections bactériennes est généralement efficace. La plupart sont sensibles à des antibiotiques* choisis selon la bactérie en cause. Il faut aussi désinfecter une plaie cancéreuse et si possible la faire disparaître ou aider le malade à récupérer des défenses immunitaires plus efficaces.

  • Balzac

    (Honoré de). Voir Les Caprices* de la Gina.

  • Bande dessinée

    Le cancer est rarement présent dans les bandes dessinées, alors même que les maladies, la médecine et les médecins y occupent une place non négligeable. Sans doute cette affection individuelle, grave et potentiellement mortelle se prête-t-elle mal à la représentation dans ce mode d’expression à peine centenaire. Alors qu’on y trouve souvent les maladies contagieuses du passé (peste, lèpre), du tiers-monde (choléra, paludisme*), du présent (sida*) ou du futur, les cancers n’y font que de brèves apparitions, en général sous couvert de recherche* scientifique : c’est le cas dans Le secret de Jimmy Torrent de Raymond Reding (Lombard, 1959) où un savant proscrit mène des recherches sur la leucémie, « le cancer du sang », ou dans L’invasion, la nouvelle de science fiction de Juan Giménez (in Mutante*, A. Michel, 1985). Le cancer se rencontre aussi dans des bandes de dérision ou d’horreur, comme dans Idées noires de Franquin (Fluide glacial, 1981). Enfin le cancer est indirectement présent dans La Nuit* de Ph. Druillet qui donne des images fantastiques et terribles des conséquences de la maladie. Moyen de communication devenu très populaire, la bande dessinée est utilisée pour des messages à l’intention du grand public, pour illustrer les signes révélateurs des tumeurs, souligner les moyens de prévention ou présenter les moyens de réadaptation*, par exemple après colostomie*. De nombreuses bandes ont été conçues à l’intention des jeunes pour lutter contre des fléaux prédisposant aux cancers : tabac*, alcool* et autres drogues*, sida*… La lutte contre le tabagisme a obligé Morris, l’auteur de Lucky Luke, à priver son héros de son habituelle cigarette*, en la remplaçant par un brin d’herbe, pour lui permettre de continuer à pénétrer le marché américain. Jean-Noël Bruneton

  • Barrière hémato-encéphalique

    C’est une limite entre le sang* et le cerveau*, physiologique plus qu’anatomique, entravant le passage et la diffusion dans le système* nerveux central, qui se trouve ainsi protégé, de toute substance circulant dans le sang et en particulier d’un médicament* injecté par voie intraveineuse. En chimiothérapie* anticancéreuse, cette « barrière » réduit la concentration de médicaments qui agiront moins bien sur des tumeurs situées dans le cerveau* (tumeurs primitives comme les gliomes* ou métastases* cérébrales) que sur des tumeurs de même nature situées ailleurs. Certaines substances anticancéreuses (les nitroso-urées*, la procarbazine*, le téniposide*) traversent mieux que d’autres cette barrière et se concentrent dans les tissus nerveux. Elles sont donc plus utilisées pour traiter des tumeurs situées dans l’encéphale ou envahissant le liquide* céphalorachidien (méningite* cancéreuse). On peut faire franchir cette barrière à un autre médicament en l’injectant à fortes doses : ainsi administré, le méthotrexate* atteint dans le système nerveux des taux inférieurs à ceux obtenus dans le reste du corps mais néanmoins suffisants pour être efficaces. On peut enfin court-circuiter cette barrière en injectant le médicament directement dans le liquide* céphalorachidien qui baigne le système nerveux, par une ponction* lombaire. Bernard Hœrni

  • Bartok

    (Béla, 1881-1945). Compositeur et pianiste hongrois. À la fin de sa vie, il maigrit et présente de la fièvre* ce qui fait porter le diagnostic* de leucémie*. Avant de mourir, il aura le temps de composer le troisième concerto pour piano, son chant du cygne.

  • Bas-Rhin

    Département où a été mis en place le premier registre* français des cancers en 1975, avec l’objectif de décrire la fréquence des nouveaux cas de cancers (incidence*) survenant dans une zone géographique bien définie, de la comparer à celle d’autres régions ou pays, ainsi que d’analyser la prise en charge et l’évolution des personnes atteintes de cancer. Jusqu’alors, seules des données sur la mortalité* par cancer étaient disponibles. Initialement réalisées uniquement dans le Bas-Rhin, grâce à la qualité des données recueillies dès le départ, ces analyses sont actuellement étendues à l’ensemble des registres français. Le registre du Bas-Rhin participe également aux travaux menés par le Réseau européen des registres des cancers sur les comparaisons de la fréquence des cancers et des facteurs de risque associés. Enfin, ce registre est un outil particulièrement utile pour l’évaluation des campagnes de dépistage* des cancers du sein* et du col* de l’utérus mises en œuvre dans le département en 1989 et en 1994. Michel Velten

  • Bases azotées

    Parmi les centaines de molécules à propriétés basiques contenant de l’azote que l’on rencontre chez les êtres vivants, cinq jouent un rôle déterminant dans la structure des acides nucléiques (ADN* et ARN*), support du message héréditaire, et se trouvent ainsi impliquées dans ses altérations rencontrées au cours des cancers. Elles sont aussi la cible de médicaments* anticancéreux qui agissent sur leur synthèse et bloquent la reproduction cellulaire. Trois bases dérivant de la pyrimidine sont dites pyrimidiques : la cytosine, l’uracile et la thymine (cette dernière, voisine de l’uracile, la remplace dans l’ADN). Deux dérivant de la purine sont dites puriques : l’adénine et la guanine. L’association d’une base avec un sucre forme un nucléoside, le sucre étant le ribose dans l’ARN et le désoxyribose dans l’ADN ; l’association d’un nucléoside avec un acide phosphorique forme un nucléotide (Figure). Les nucléotides s’associent entre eux par l’intermédiaire de cet acide phosphorique pour former les longues chaînes (ou brins) linéaires de l’ADN ou de l’ARN. En raison de structures complémentaires permettant la formation de liaisons, la cytosine © d’une chaîne se lie avec la guanine (G) de l’autre chaîne, et l’adénine (A) avec l’uracile (U) ou la thymine (T) : les deux chaînes polynucléotidiques de l’ADN sont ainsi complémentaires et sont maintenues ensemble grâce à ces liaisons, A-T et C-G. Certains médicaments anticancéreux ont une structure voisine de ces bases (analogues), prennent la place de la base normale, bloquent ainsi la synthèse de l’acide nucléique et interdisent la reproduction de la cellule ou entraînent sa mort. C’est le cas de la cytarabine* proche de la cytosine, du fluorouracile* proche de la thymine ou de la mercaptopurine* proche de l’adénine. Jacques Robert

  • Bassin

    Suivant son origine ce mot désigne l’espace situé à la partie inférieure du tronc, au-dessous de l’abdomen* et au-dessus des cuisses, ainsi que l’ensemble des os qui le limite en périphérie (Figure in Os*). Toutes ces régions peuvent être le siège de cancers. Il s’agit rarement de cancers des os (ostéosarcome* parfois développé sur une maladie de Paget*), plus souvent de la tumeur d’un viscère. Le bassin est séparé en deux parties : le grand bassin en haut est un prolongement naturel de l’abdomen et contient des anses intestinales ; le petit bassin en bas contient la vessie* en avant, la partie basse du gros intestin (côlon*) ou rectum en arrière et des organes génitaux* entre les deux, de même que les vaisseaux qui irriguent ces organes ou traversent la région pour irriguer les membres inférieurs et les nerfs correspondants (Figure Figure in Génital*). Ces organes sont le siège de cancers assez fréquents : de la vessie, du rectum, de l’utérus* ou du vagin* chez la femme, de la prostate* chez l’homme. Cette région et ses tumeurs s’explorent par l’examen clinique (touchers vaginal et rectal), par imagerie* (échographie*, radiographie avec opacification d’un organe, scanographie* ou IRM*) et par endoscopie* de la vessie (cystoscopie), du vagin (colposcopie) ou du rectum (rectoscopie). Bernard Hœrni

  • Bastien-Lepage

    (Jules, 1848-1884). Peintre paysagiste et rustique mort à 36 ans d’un cancer du testicule* dans des conditions qui devaient être à l’origine d’un procès historique sur le secret* médical. À sa mort à Paris, au retour d’un séjour de « convalescence » en Algérie, des journalistes suggèrent qu’il présentait une maladie vénérienne et accusent ses médecins de ne pas l’avoir soigné convenablement. Ainsi mis en cause, le docteur Watelet rétablit les faits en révélant le diagnostic de cancer et en précisant que le voyage à Alger a été approuvé par les divers médecins. Le ministère public prend alors l’initiative de le poursuivre pour violation de l’article 378 du Code pénal. Il sera condamné pour avoir révélé une information relevant du secret professionnel considéré comme un devoir général et absolu de son état de médecin, indépendamment de toute intention de nuire (arrêt de la Cour de cassation du 18 décembre 1885). Bernard Hœrni

  • Bateson

    (Gregory, 1904-1980). Anthropologue américain d’origine anglaise, troisième mari de Margaret Mead*, dont les travaux ont été influencés par la psychanalyse. Fumeur de pipe* puis de cigarettes*, il développe une insuffisance respiratoire puis, au printemps 1978, un cancer des bronches* qu’une intervention chirurgicale ne permet pas d’extirper. Averti d’un pronostic* très défavorable, il consacre tous ses efforts à terminer le livre qu’il est en train de rédiger, La Nature et la Pensée, avec l’aide de sa fille. Il refuse un traitement anticancéreux, bénéficie d’une stabilisation de sa maladie pendant quelques mois et peut amorcer avant sa mort un nouveau volume, que sa fille terminera. Elle consacrera plus tard un livre au souvenir de ses parents, en évoquant l’évolution du cancer qui les tua l’un et l’autre. Bernard Hœrni

  • Bayle

    (Gaspard Laurent, 1774-1816). Clinicien et anatomo-pathologiste* français s’étant intéressé à la tuberculose* et, par là, au cancer, considérés voisins l’un de l’autre. Il distingue au sein des squirrhes* des tumeurs bénignes* et malignes*, considère que le cancer est une maladie générale qui n’est ni contagieuse* ni héréditaire*. Par de multiples autopsies* il montre le phénomène de diffusion à l’origine des métastases*. Son Traité des maladies cancéreuses sera publié en 1833 par son neveu. Bernard Hœrni

  • BCG

    (Bacille de Calmette et Guérin). Souche de bacille tuberculeux bovin atténué par cultures successives, utilisée pour la vaccination* contre la tuberculose*. Dans les années 1960-70, des observations suggérant que les sujets vaccinés par le BCG présentaient moins de tumeurs que des non-vaccinés n’ont pas été confirmées. Le BCG entraîne aussi une stimulation immunitaire non spécifique et, à ce titre, il a été utilisé dans le traitement complémentaire des cancers comme immunothérapie*, pour augmenter les défenses du malade contre sa tumeur. Les preuves d’une efficacité marginale mais significative, après chimiothérapie* ou radiothérapie* initiales, ont été apportées dans le traitement des leucémies* aiguës (lymphoïdes et myéloïdes) et des lymphomes* malins. Dans ces indications il s’administre sur de larges scarifications cutanées, répétées pendant plusieurs mois, qui assurent une pénétration modérée des bacilles, à travers la peau ainsi incisée superficiellement, dans l’ensemble de l’organisme et une stimulation des ganglions* lymphatiques voisins qui peuvent être momentanément inflammatoires et sensibles. Le BCG est aussi utilisé en instillations intravésicales pour traiter des lésions précancéreuses* ou des carcinomes* débutants et superficiels de la paroi (muqueuse*) de la vessie*. Dans cette indication il est aussi bien toléré et plus efficace qu’une chimiothérapie* locale. Bernard Hœrni

  • Beatson

    (Georges Thomas, 1848-1933). Chirurgien de Glasgow ayant réalisé en 1896 la première castration* (ovariectomie) pour traiter un cancer du sein*, avec succès. Cette intervention avait été proposée par Schinzinger* en 1889 sans qu’il en ait eu apparemment connaissance. Il s’inspire d’observations faites par des fermiers lors de la lactation des vaches, dans un état de développement physiologique dont il rapproche le cancer. Dans le Lancet, il rapporte deux cas de cancers, l’un à un stade* de métastase* chez une femme de 39 ans, l’autre de cancer localement très étendu et inopérable chez une femme de 40 ans, qui tous les deux ont favorablement répondu avec un recul de 8 et 5 mois. Il conclut que les « ovaires sont le siège d’un facteur stimulant le carcinome* du sein ». Bernard Hœrni

  • Beauté

    (Grain de). Voir Nævus*.

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