• Lettre V
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  • Vacances

    Les vacances font suffisamment partie de la vie courante pour qu’on en tienne compte et qu’on s’efforce de les respecter, même en cas de cancer. La prise en charge de la maladie et son traitement sont prioritaires parce qu’ils conditionnent les résultats, les chances de guérison*, la survie* à moyen ou long terme et ils ne doivent pas être compromis pour des raisons futiles. Mais leurs impératifs ont souvent une certaine souplesse et les vacances ne sont pas toujours futiles : elles peuvent être l’occasion d’un voyage* auquel le patient tient (parfois un pèlerinage) ou d’un rassemblement familial* important, notamment s’il risque d’être le dernier. Le malade a donc à exprimer ses souhaits, le médecin à les écouter pour négocier ce qui peut être aménagé sans compromettre les intérêts du malade. Inversement des personnes souhaitent mettre à profit leurs vacances pour se soumettre à un traitement. Cette coïncidence les aide à garder des activités professionnelles importantes auxquelles elles sont attachées ou à cacher leur maladie à leur entourage. Les vacances sont aussi celles des proches du malade qui hésitent parfois à s’éloigner dans la crainte d’une complication. L’évolution n’est pas complètement prévisible et des événements inattendus peuvent survenir, comme dans la vie courante de personnes en bonne santé. Mais une information* claire aide les intéressés à s’organiser au mieux en tenant compte de ce qui est connu. Jean Martin

  • Vacances prolongées

    (2000). Film* autobiographique du cinéaste documentaliste J. Van der Keuken (1938-2001). Atteint d’un cancer de la prostate* d’évolution rapide et qui menace son existence, il décide de partir en voyage avec sa compagne. Celle-ci le filme dans le monde qu’ils visitent, au Bhoutan, au Brésil, aux États-Unis, au Burkina-Faso, à Amsterdam. Maladie, médecins et guérisseurs sont présents partout mais aussi des enfants, la vie normale qui continue. Partout vie et mort sont intimement mêlées. Bernard Hœrni

  • Vaccination

    C’est le meilleur moyen pour éviter (prévention* primaire) une maladie infectieuse en immunisant contre le microbe* qui en est responsable. Chez l’homme, en l’absence de cause infectieuse directement à l’origine des cancers, il n’y a pas de moyen de vacciner contre les cancers dans leur ensemble ou contre une sorte de cancer en particulier, même si une telle « vaccination » est parfois annoncée dans les médias par abus de langage ou alimente des œuvres de fiction, en littérature* ou au cinéma*. Les « vaccins » contre le cancer dont on parle au début des années 1990 sont des traitements à l’étude qui visent à stimuler le système immunitaire des malades pour détruire (éradiquer) des métastases* microscopiques persistant après un traitement local. Des observations suggérant que les populations soumises à une vaccination contre la tuberculose* par le BCG* présentaient une moindre fréquence (incidence*) de cancers n’ont pas été confirmées. Cependant certaines infections dues à un virus* prédisposent à un cancer et des vaccinations antivirales pourraient réduire l’apparition du cancer correspondant. L’hépatite* virale favorisant les cancers du foie* dans les pays intertropicaux, la vaccination contre l’hépatite*, d’abord faite pour éviter une infection qui peut être elle-même grave et mortelle, retentira peut-être sur l’incidence de ces tumeurs. Il en va de même pour les papillomavirus* prédisposant aux cancers du col* de l’utérus*. De telles actions ne pourront se développer que dans la mesure où le rôle d’agents infectieux prédisposant à un cancer sera élucidé. Un malade traité pour un cancer peut bénéficier d’une vaccination anti-infectieuse. Contrairement à une idée répandue, un cancer n’entraîne pas systématiquement une insuffisance immunitaire et les traitements qu’il nécessite ne dépriment que temporairement l’immunité*. Le déficit immunitaire n’est observé que chez des patients avec un cancer très avancé, dont l’état est sérieusement altéré et dont toutes les fonctions sont compromises. Chez une personne atteinte d’un cancer peu grave ou mise en rémission* complète et apparemment guérie, une vaccination est possible et même souhaitable. Le risque de voir apparaître une infection provoquée par un vaccin vivant atténué (antivariolique autrefois) rend prudent avant une vaccination de ce type. Avec un vaccin inactivé, le seul inconvénient est d’obtenir une immunisation de moins bonne qualité que dans le reste de la population. Ainsi le vaccin antigrippal peut être fait, après avis médical, à l’automne, chez une personne antérieurement traitée pour un cancer. La protection qu’il entraîne dépend de l’âge*, moins complète chez les personnes les plus âgées. Une personne traitée avec succès pour un cancer peut également se déplacer dans des pays tropicaux en se soumettant aux vaccinations correspondant au pays visité. Bernard Hœrni

  • Vache

    Voir Bovins*.

  • Vagin

    (Cancer du). Ce cancer, assez rare (0,3 à 1 cas pour 100 000 femmes et par an, 30 à 60 fois moins fréquent que le cancer du col* de l’utérus*), touche des femmes âgées. C’est un cancer de la muqueuse* ou du revêtement épithélial (carcinome*) favorisé par des facteurs de risque* voisins de ceux du cancer du col utérin. Il est plus fréquent en cas de prolapsus (« descente d’organe ») négligé ou corrigé par un pessaire mal surveillé. On peut le détecter précocement par un examen médical annuel. Il se manifeste habituellement par des saignements. L’examen du vagin permet d’en faire le diagnostic*, confirmé par un prélèvement (biopsie*). Le traitement fait appel à la chirurgie* et à la radiothérapie*. Son pronostic* est assez sévère mais un tiers à la moitié des femmes traitées survivent à cinq ans. Alain Brémond

  • Vaginite

    Inflammation* de la muqueuse* du vagin qui peut être provoquée par une infection* génitale. Elle s’observe aussi à la suite de traitements anticancéreux : radiothérapie* pour un cancer génital ou chimiothérapie* toxique pour les muqueuses. Dans ces derniers cas elle cède une semaine à dix jours après la fin du traitement. Elle peut être améliorée par une désinfection locale et par l’application locale d’ovules ou des injections anti-inflammatoires. Son existence entrave temporairement l’exercice de la sexualité*. Bernard Hœrni

  • Vailland

    (Roger, 1907-1965). Gros fumeur*, ce romancier français lauréat du prix Goncourt en 1957 pour La Loi, présente un cancer des bronches* typique, à une époque où le lien entre tabac* et « cancer du poumon » n’est pas encore reconnu en France. Au début de l’hiver il tousse un peu plus que d’habitude et voit un médecin pneumologue qui reconnaît rapidement une tumeur inopérable. Malgré sa lucidité habituelle, l’écrivain se satisfait du diagnostic de maladie à virus*, qui est traitée par chimiothérapie*, tandis que sa femme est informée qu’il est perdu. Elle respectera son attitude de négation*, le protégeant d’une révélation qui semble inopportune. Malgré le traitement son état s’aggrave, des douleurs* apparaissent, calmées par la morphine*, il se sent perdu et demande à aller dans sa résidence secondaire où il mourra quelques jours plus tard, six mois après le début de sa maladie. Bernard Hœrni

  • Vaisseau

    Tubulure chargée de la circulation du sang* ou de la lymphe dans l’ensemble du corps, qui joue un rôle important chez les patients cancéreux. Les vaisseaux sanguins se partagent en artères qui transportent le sang du cœur aux organes et, après passage dans de petits capillaires, en veines* qui le ramènent au cœur. À partir de l’aorte les artères se ramifient en branches de plus en plus fines et, inversement, les veines se rassemblent en canaux de plus en plus gros jusqu’aux deux veines caves, supérieure et inférieure, qui rejoignent le cœur. Lorsqu’une tumeur maligne se développe, de nouveaux vaisseaux se forment (néovascularisation) pour alimenter les cellules cancéreuses, cette vascularisation* étant indispensable à la croissance du cancer. Les vaisseaux sanguins et lymphatiques (système* lymphatique) peuvent transporter des cellules détachées de la tumeur primitive* pour donner à distance des foyers tumoraux secondaires ou métastases*. Ils apportent à la tumeur l’oxygène qui est nécessaire à son métabolisme et favorise sa sensibilité vis-à-vis de la radiothérapie* (radiosensibilité*). Ils apportent aussi les médicaments* cytotoxiques* de la chimiothérapie* anticancéreuse, en général injectés à distance dans une veine. Bernard Hœrni

  • Val-d'Aurelle-Paul-Lamarque

    (Centre). Centre* de lutte contre le cancer de Montpellier et du Languedoc-Roussillon, il est créé en 1923 comme une unité de quelques lits au sein de l’Hôpital Saint-Éloi par son premier directeur le Professeur E. Forgue. Il s’installe en 1935 dans un nouveau pavillon nommé Clinique Curie avant de se développer sous la direction du Professeur P. Lamarque* (1939-1963) dont il prendra le nom. Son expansion se poursuit avec les directeurs suivants (Professeurs C. Romieu*, 1963-1981, H. Pujol, 1981-1997 et J.B. Dubois depuis 1997) en même temps que son transfert se fait progressivement, à partir de 1976 pour s’achever en 1991, des Cliniques Saint-Éloi au Val d’Aurelle. Il compte 200 lits et emploie une quarantaine de médecins et 70 chercheurs. Ses activités de soins sont complétées par des recherches* en chirurgie*, en radiothérapie* peropératoire, en nutrition* et en biologie (récepteurs* hormonaux, oncogènes*, oncopharmacologie, ingénierie des anticorps* monoclonaux). Il apporte une contribution importante à l’enseignement* et à la formation, en liaison avec l’Université de Montpellier. Cette action a été considérablement étendue avec l’ouverture du centre Epidaure* en 1987, la construction d’un nouveau bâtiment de Recherche (1500 m²) en 1997 qui sera complété par un deuxième bâtiment de surface équivalente en 2005. Jean-Bernard Dubois

  • Valéry

    (Paul). Voir Agathe*.

  • Vanylmandélique

    Voir Acide* vanylmandélique.

  • Vaquez

    (Maladie de). Appelée aussi polyglobulie* primitive ou polycythemia vera, la maladie décrite en 1892 par le cardiologue français H.L. Vaquez (1860-1936) est l’un des quatre syndromes myéloprolifératifs* avec mutation* d’un progéniteur hématopoïétique et prépondérance de la prolifération de la lignée cellulaire des globules* rouges. C’est une affection rare (4 à 5 cas par million d’habitants et par an), d’origine inconnue, qui touche les cellules* souches de la moelle* osseuse. Il y a une production monoclonale* incontrôlée des trois lignées sanguines (globules rouges, globules* blancs et plaquettes*) mais prépondérante, voire exclusive, pour la lignée rouge (érythrocytaire). La masse globulaire totale circulante est augmentée. La maladie de Vaquez se suspecte chez un patient ayant dépassé la cinquantaine, qui présente des signes de surcharge vasculaire et de ralentissement circulatoire (céphalées*, vertiges, impressions de flous visuels, éclipses cérébrales, bourdonnements d’oreilles, augmentation de la pression artérielle) associés à des démangeaisons* (prurit) déclenchées ou accentuées par le contact avec l’eau, à une rougeur (érythrose) des muqueuses* et de la peau des parties découvertes, et à une augmentation du volume de la rate* (splénomégalie), modérée au début. Au stade initial de polyglobulie floride, les globules rouges excèdent 5,5x1012/l de sang ; l’hémoglobine atteint ou dépasse 17 ou 18 g pour 100 ml. La proportion des globules rouges par rapport au sang total (hématocrite) est supérieure à 50 %, les globules blancs (leucocytes) et les plaquettes sont augmentés, de même que la viscosité sanguine. On conclut à une maladie de Vaquez si la masse globulaire totale excède de 20 % celle du sujet normal, si l’oxygénation de l’hémoglobine du sang artériel corrigée de la carboxy-hémoglobine est supérieure à 92 % et s’il existe une augmentation du volume de la rate ou, à défaut, du chiffre des globules blancs et des plaquettes. Alors que les malades non traités meurent de complications vasculaires (thromboses*, hémorragies*) en trois à cinq ans, les malades correctement traités et surveillés survivent de 12 à 15 ans. Les saignées sont le traitement des malades relativement jeunes, sans augmentation des plaquettes, faciles à surveiller, et celui des patients présentant une élévation isolée de la lignée rouge. Elles sont utiles avant un traitement par phosphore* 32, dont les effets ne sont pas immédiats, et comme appoint, après, une fois les plaquettes revenues à un taux normal, en attendant le plein effet du phosphore sur la lignée rouge. Elles se font par séries de deux à trois par semaine, pendant trois à quatre semaines, avec soustraction de 200 à 300 ml de sang à chaque saignée. Cependant les saignées itératives favorisent les thromboses. Le phosphore 32 radioactif est le traitement des malades de plus de 60 ans, dont les plaquettes sont augmentées et qui ont des troubles cardio-vasculaires, de ceux qui sont mal contrôlés par les saignées et présentent des accès de goutte ou des calculs rénaux. On administre une dose* d’1 mCi par 10 kg de poids corporel. Les plaquettes reviennent rapidement à la normale et les globules rouges se normalisent en deux à trois mois. Entre deux applications de phosphore, les sujets mènent une vie normale, mais l’injection du phosphore 32 ne peut être répétitive. L’hydroxycarbamide* (ou hydroxyurée) est largement utilisée en raison de ses effets rapides et rapidement réversibles. Le traitement continu est celui des patients relativement jeunes dont les plaquettes sont augmentées et celui des patients dont la polyglobulie résiste au phosphore 32. Elle peut entraîner des lésions cutanées. D’autres traitements sont possibles en particulier l’interféron* et, dans les cas ou les plaquettes sont peu maîtrisées par les autres traitements, anagrélide. Des agents alkylants tels que pipobroman* peuvent être utilisés mais avec un peu de risque leucémique. L’adjonction d’aspirine* peut être utile. Les réponses aux traitements sont excellentes au début, elles le sont moins lorsque la moelle devient fibreuse, que la splénomégalie n’est plus congestive mais métaplasique et que la leucocytose est très élevée. Dans un tiers des cas, l’évolution est compliquée ou abrégée par des accidents vasculaires ou par d’autres maladies chez ces malades âgés. La leucémie* aiguë, rebelle à toute thérapeutique, est le terme inévitable de la maladie de Vaquez. Dans 30 % des cas, elle est précédée d’une phase de splénomégalie* myéloïde qu’annonce une période où les globules rouges redeviennent normaux, suivie d’une anémie*, d’une diminution des globules* blancs et des plaquettes. On voit apparaître dans le sang des cellules sanguines jeunes (myélémie). La rate ne régresse plus sous traitement. La moelle s’appauvrit, devient scléreuse. La fabrication des globules sanguins (hématopoïèse) se déplace de la moelle osseuse vers le foie et la rate. À ce stade, les malades peuvent mourir de cachexie*, d’infections*, d’hémorragies* ou de complications cardiaques. Houchingue Eghbali

  • Varicelle

    La varicelle et le zona* sont dus à un même agent*, le virus* varicelle-zona (VZV), virus à ADN* appartenant à la famille des herpèsvirus*. La varicelle correspond à la primo-infection du VZV. C’est une maladie très contagieuse, le virus diffusant rapidement à partir des malades (les formes inapparentes sont rares) dans un entourage non immunisé. La transmission se fait par la salive*, la voie respiratoire et les vésicules cutanées. La varicelle est une fièvre* éruptive essentiellement infantile. Elle se caractérise par des vésicules disséminées sur la peau, sans fièvre* importante. Le plus souvent bénigne chez l’enfant sain, elle devient grave chez l’enfant immunodéprimé, notamment en cas de leucémie* aiguë. Les vésicules cutanées sont nombreuses, importantes, hémorragiques ou non. La fièvre est élevée. L’infection touche différents viscères : foie, poumons, pancréas, intestin grêle, encéphale. Les lésions cutanées exposent à une surinfection par des bactéries* (streptocoque ou staphylocoque), qui peuvent entraîner une septicémie* si l’enfant présente une baisse importante des globules* blancs à la suite d’une chimiothérapie*. Grâce à l’aciclovir, un antiviral prescrit précocement par voie veineuse, l’évolution est favorable. La prophylaxie de cette fièvre éruptive justifie des précautions chez l’immunodéprimé qui n’a pas fait de varicelle : évitement de tout contact avec un varicelleux ou un sujet atteint de zona ; en cas de contact, prescription d’immunoglublines spécifiques humaines anti-VZV de disponibilité limitée (autorisation temporaire d’utilisation nominative) est d’efficacité transitoire et la protection peut être réalisée par du valaciclovir oral. Une vaccination* par virus vivant atténué est disponible, contre-indiquée en cas d’immunosuppression. Généralisée dans certains pays, elle est recommandée en France pour le personnel de services accueillant des sujets à risque de varicelle grave (immunodéprimés en particulier), en post-exposition chez l’adulte sain, ou encore dans les 6 mois précédant une greffe d’organe solide chez les receveurs non immuns. Des vaccins à virus inactivé sont en expérimentation. Michel Dupon

  • Varmus

    Voir Bishop*.

  • Vascularisation

    Présence ou développement de vaisseaux* qui apportent le sang* à un tissu*. Un tissu cancéreux, néoformé*, ne se développe que si des néovaisseaux se forment et assurent son indispensable vascularisation. La production de ces nouvelles artères et veines est stimulée par des sécrétions* des cellules* cancéreuses (TAF pour tumor angiogenetic factor ou facteur tumoral favorisant la genèse de néovaisseaux). Cette néovascularisation est importante pour des tumeurs spécialement malignes* qui s’accompagnent de caractères inflammatoires* et d’une élévation de température* que l’on peut détecter par thermographie*. Elle est en général anarchique, moins régulière qu’une vascularisation normale, avec des solutions de continuité (lacunes) dans la paroi des nouveaux vaisseaux. Elle peut être insuffisante pour une importante masse tumorale, en n’assurant une alimentation suffisante qu’en périphérie et entraînant une nécrose* au centre. Elle est importante pour les traitements anticancéreux. Le repérage et la ligature des vaisseaux sont des temps importants lors d’une intervention chirurgicale. Une bonne vascularisation assure une bonne oxygénation des cellules cancéreuses ce qui améliore leur radiosensibilité* tandis qu’une mauvaise s’accompagne d’une relative radiorésistance*. Les vaisseaux apportent aussi les médicaments* anticancéreux : une bonne vascularisation assure une bonne arrivée de ces produits dont l’action sera accrue. La vascularisation est généralement réduite après un traitement efficace, en particulier après radiothérapie* dans tout le volume irradié, tissus normaux inclus. Bernard Hœrni

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