• Lettre C
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  • CA

    De l’anglais cancer antigen, cette abréviation désigne diverses substances (antigènes*) produites dans des cellules* cancéreuses. Ces antigènes peuvent être libérés dans le sang* où on les dose comme marqueurs* dont le taux reflète le volume* de la tumeur. Les plus importants sont le CA 15.3, le CA 19.9 et le CA 125.

  • CA 125

    Découvert en 1983 à partir d’un cancer de l’ovaire*, l’antigène* de cancer 125 est porté et produit par des cellules cancéreuses digestives ou génitales. C’est un marqueur* que l’on peut doser dans le sang* et dont le taux traduit le volume* de la tumeur. Il est aussi augmenté dans des maladies digestives ou génitales non cancéreuses. Son dosage est surtout intéressant dans les cancers de l’ovaire. Il n’est pas assez sensible pour détecter de petites tumeurs et faire leur diagnostic*. Mais les cancers de l’ovaire sont souvent volumineux ou se traduisent par des tumeurs petites mais nombreuses, dans l’abdomen* et sur le péritoine* (carcinose*), qu’il est difficile d’observer autrement. Le dosage du CA 125 aide beaucoup leur surveillance* pendant le traitement et après lui. Sa diminution dans le sang traduit un bon effet thérapeutique, sa réaugmentation peut correspondre à la rechute du cancer, surtout si elle s’affirme à plusieurs dosages successifs. Jacques Robert

  • CA 15.3

    Cet antigène* est associé au cancer du sein* dont il constitue un marqueur* que l’on dose dans le sang*. Il n’est pas très sensible : il n’accompagne pas tous les cancers du sein et n’est décelé à des taux anormaux que pour une tumeur déjà importante (dans un à trois cas sur dix seulement pour un cancer sans métastase). Il est augmenté modérément dans des maladies non cancéreuses du foie* (cirrhose* ou hépatite*), plus nettement dans d’autres cancers, génitaux* ou digestifs*. Il n’a donc pas d’intérêt pour le diagnostic* du cancer du sein. Plus tard il contribue à la surveillance* de la malade, pour détecter une éventuelle rechute* ou pour suivre les effets d’un traitement quand l’examen clinique ou un autre examen complémentaire plus simple ne suffit pas : sa diminution indique en principe une bonne réponse thérapeutique, sa ré-augmentation une nouvelle aggravation de la maladie. Jacques Robert

  • CA 19.9

    L’antigène* de cancer 19.9 a été isolé en 1979 par Koprowski à Philadelphie, à partir d’une tumeur maligne du côlon*. Il est produit par des cancers digestifs* (du pancréas*, de l’estomac* ou du côlon*) ou génitaux* (de l’ovaire* ou du sein*) pour lesquels il constitue un marqueur*. Son dosage dans le sang reflète, dans une certaine mesure, le volume* de la tumeur qui est à son origine. Il est aussi élevé dans des maladies non cancéreuses du pancréas ou du foie*. Pas très spécifique, il n’est pas non plus très sensible car son élévation n’est décelable que pour des cancers déjà volumineux ou étendus. Il n’a donc pas d’intérêt pour le diagnostic* de ces cancers mais peut être utile pour surveiller* certains malades quand la détection de leur tumeur est difficile autrement. Jacques Robert

  • Cabanne

    (Ferdinand, 1920-2003). Cancérologue anatomo-pathologiste* après avoir été médecin de campagne. Nommé professeur à Dijon, il dirige l’École de médecine qu’il fait transformer en 1967 en Faculté dont il devient le doyen. Il crée le centre Georges*-François-Leclerc, ouvert en 1967, qu’il dirige jusqu’en 1983, tout en poursuivant son activité d’enseignant et de scientifique, en liaison avec des collègues du Québec*. Il préside la Fédération* Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer entre 1975 et 1982. Bernard Hœrni

  • Cachectine

    Substance (médiateur ou cytokine*) produite par les macrophages* et par certaines cellules* cancéreuses, elle est identique au TNF* ou tumor necrosis factor, facteur nécrosant des tumeurs. Produite au cours de l’inflammation*, agissant sur les cellules de l’immunité* et de la graisse (adipocytes), elle est responsable d’un amaigrissement* qui peut évoluer vers la cachexie*. On a cherché à l’utiliser dans le traitement des cancers, avec des résultats jusqu’à présent très modestes pour une forte toxicité. Jacques Robert

  • Cachexie

    État d’amaigrissement* extrême (du gr. kakos mauvaise, hexis constitution), favorisé par des troubles de l’alimentation* ou par la cachectine*. Elle marque la fin de l’évolution chez environ un tiers des cancéreux qui n’ont pu être guéris. Elle découle d’une réduction des apports alimentaires par un manque d’appétit* (anorexie induite par des modifications du goût*), gêne pour avaler (dysphagie*), facteurs psychologiques ou autres causes. Elle est aussi favorisée par les cellules* cancéreuses qui produisent de la cachectine en quantités d’autant plus abondantes que le cancer est évolué, volumineux et étendu ; mais toutes les cellules cancéreuses ne sécrètent pas cette substance. Visible et de mauvais aloi pour le malade et son entourage, la cachexie peut être enrayée par le traitement qui réduit ou fait disparaître les cellules cancéreuses et leur sécrétion*, par une meilleure prise en charge nutritionnelle* des malades et parfois à l’aide de médicaments* hormonaux. Bernard Hœrni

  • Cachin

    (Rapport). Intitulé La Lutte contre le cancer en France – Perspectives – Propositions, le rapport nommé d’après le Professeur Yves Cachin, sous la direction duquel il a été élaboré par la Commission nationale des cancers, a fait le point en 1985 sur les moyens mis en jeu pour combattre les cancers et leur développement souhaitable. Ce livre blanc est le produit de la Concertation nationale sur le cancer lancée par le gouvernement en 1982. Elle a fait l’objet de nombreuses réunions régionales puis nationales, ouvertes à tous les intervenants motivés, pour établir l’état présent, recueillir toutes suggestions susceptibles de l’améliorer et faire des propositions aux pouvoirs publics. Ce document s’attachait à l’organisation des soins en proposant de développer l’hospitalisation à domicile, de modifier l’organisation des centres* de lutte contre le cancer, de créer des départements de cancérologie dans les CHU, d’améliorer les soins en phase terminale et d’instituer des Comités techniques régionaux de cancérologie pour coordonner l’ensemble. Le rapport Cachin proposait aussi de développer la recherche*, notamment en épidémiologie* en améliorant les registres* du cancer, de renforcer la prévention* des cancers professionnels* et le dépistage* des cancers fréquents, de renforcer la formation professionnelle et l’information* publique en cancérologie, enfin d’aider la réadaptation* des malades. Sans avoir toutes les conséquences que l’on pouvait en attendre, il a marqué un moment de réflexion et dégagé des principes cohérents qui ont été peu à peu appliqués. Bernard Hœrni

  • Cacoub

    (Dominique, 1952-1969). Fille d’un architecte et d’une mère écrivaine, d’origine tunisienne et vivant à Paris, elle est atteinte à l’âge de 14 ans d’une leucémie* aiguë. De traitement en rémission*, de rémission en rechute*, elle évolue irrégulièrement vers l’aggravation et la mort*. Quelques mois plus tard, sa mère découvre son journal intime et décide de le publier pour suivre le vœu de sa fille qui donne son titre au livre : Je ne veux pas qu’on m’oublie (Sarrazin, 1973). Le texte de Dominique est entrecoupé de notes de sa mère qui fixe des repères chronologiques dans l’évolution de la leucémie et établit un émouvant dialogue posthume avec sa fille. La première parle ingénument de sa vie, de ses études perturbées par la maladie, de ses premiers émois sentimentaux, de ses projets d’avenir. La seconde cherche à préserver quelques moments de bonheur, à cacher, en vain, à sa fille le nom de sa maladie et sa gravité, sans pouvoir accepter la disparition possible puis prochaine de son enfant. En dépit de la maladie et de la mort*, la vie continue pour le père et le frère de Dominique, pour leurs proches, pour le monde : quelques pages concernent les événements de mai 1968. Une Association Dominique Cacoub a été fondée pour aider les personnes atteintes de leucémie et leurs familles*. Bernard Hœrni

  • Café

    Ce breuvage de consommation courante ayant été accusé de provoquer des cancers, son influence a été examinée dans plusieurs enquêtes épidémiologiques* sans conclusion déterminante. Il a été mis en cause à l’origine des cancers de la vessie*, mais sans relation nette et sans que soit distingué le rôle simultané du tabac*, beaucoup plus important pour cette tumeur. D’autres enquêtes ont suggéré sa responsabilité à l’origine des cancers du pancréas*, du sein* ou du côlon*, mais les observations sont peu significatives et aucune influence de la quantité de café consommé n’a été trouvée (à l’inverse de la plupart des facteurs cancérogènes avérés, pour lesquels une exposition plus importante s’accompagne d’un risque de cancer plus important : c’est la relation dose-effet). Ces données sont insuffisantes pour justifier, à elles seules, des conseils de modération pour cette boisson. Bernard Hœrni

  • Calcémie

    Taux de calcium* dans le sang*, souvent modifié chez les malades cancéreux. Ces modifications se traduisent par des troubles discrets ou peu évocateurs, ce qui justifie un dosage systématique de la calcémie, pour déceler une anomalie autrement insoupçonnable. Chez un adulte normal, la calcémie est d’environ 96 mg par litre de plasma* ou 2,4 mmol/l. Ses variations physiologiques, entre 2,17 et 2,57 mmol/l, traduisent l’influence des hormones* qui à chaque instant assurent sa régulation : la calcitonine* qui la diminue, la parathormone qui l’augmente. On parle d’hypercalcémie* quand elle dépasse le taux de 2,6 mmol/l et d’hypocalcémie* quand elle chute en dessous de 2,1 mmol/l. Jacques Robert

  • Calcitonine

    Aussi appelée thyrocalcitonine, c’est une hormone* produite par les cellules* dites C de la glande thyroïde*. Elle diminue le taux du calcium* dans le sang (calcémie*) tandis que la parathormone (des glandes parathyroïdes voisines) l’augmente. Son élévation accompagne d’exceptionnels cancers de la thyroïde* – dits médullaires, développés à partir des cellules C – pour lesquels elle est un marqueur* qui reflète dans le sang le nombre de cellules cancéreuses. La calcitonine sert à traiter l’hypercalcémie* qui accompagne certains cancers. Elle s’administre en injection* (intra-musculaire, sous-cutanée ou intra-veineuse) sous l’une de ses différentes formes, de saumon, de porc ou humaine, fabriquée par synthèse. De fortes doses répétées corrigent rapidement les hypercalcémies, tandis que les diphosphonates*, qui agissent à retardement, sont donnés en relais, en prescription unique, avec un effet prolongé. La calcitonine a de nombreux effets indésirables qui limitent son emploi : nausées*, vomissements*, douleurs* abdominales et diarrhées*, bouffées de chaleur avec congestion du visage et des extrémités, réactions dites allergiques*. La nécessité de répéter les doses et surtout la mauvaise tolérance ont réduit son emploi au profit des diphosphonates* au point que la calcitonine n’est plus guère employée de nos jours. Richard Trèves

  • Calcium

    Ce métal entre dans la composition des os* mais joue aussi un grand rôle dans de nombreuses fonctions, en contrôlant par exemple les membranes* cellulaires. Son métabolisme* et son taux dans le sang* (calcémie*) sont fréquemment modifiés au cours des cancers, ce qui entraîne des complications, justifie des dosages systématiques de la calcémie et détermine des traitements particuliers. L’organisme d’un adulte normal contient de 1,1 à 1,2 kg de calcium dont l’essentiel (1 kg) est dans les os. Le reste se trouve dans les muscles* et le sang. Trois substances interviennent dans la régulation de la calcémie* : la parathormone (des glandes* parathyroïdes à la base du cou) et la vitamine* D l’augmentent, la calcitonine* la diminue. Les besoins en calcium s’élèvent au moment de la croissance, de la grossesse*, de l’allaitement. Les principaux aliments qui en apportent sont les laitages et les fromages (gruyère, hollande, cantal et roquefort). Au cours des cancers, le calcium est le plus souvent perturbé par des tumeurs osseuses (les métastases* sont plus fréquentes que les tumeurs primitives*) qui détruisent l’os et libèrent son calcium, ce qui augmente la calcémie (hypercalcémie*). On observe plus rarement une diminution du calcium ou hypocalcémie*. Richard Trèves

  • Calculocancer

    On appelle ainsi un cancer favorisé par un calcul (ou lithiase) préalable. Cette succession concerne seulement les cancers de la vésicule* et des voies biliaires, souvent précédés par des calculs.

  • Calmettes

    (Irène, 1895-1967). Infirmière* diplômée en 1923, elle s’engage dès 1927 dans le traitement des malades cancéreux à Marseille. Elle gère le stock de radium* qu’elle cache pendant l’occupation allemande dans sa cave familiale. Elle devient surveillante générale du centre* de lutte contre le cancer de Marseille en 1950 et partenaire de son directeur le Professeur J. Paoli*, au point que leurs deux noms sont associés dans la dénomination actuelle du centre. Elle meurt victime d’une radiodermite* des mains suivie d’un carcinome*, provoqués par les expositions aux rayonnements* ionisants dont les risques étaient alors moins connus et vis-à-vis desquels la protection était moins stricte. Dominique Maraninchi

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