• Lettre E
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  • Eau

    À côté d’une alimentation* convenable à laquelle elle contribue en permettant de laver la nourriture, de l’exclusion du tabac* et de l’exercice physique, l’eau propre et si possible potable est l’élément qui contribue le plus à l’hygiène, à la santé, et par là, à la prévention* des cancers. Pindare la considérait déjà comme « la meilleure des choses ». On en sait l’importance du point de vue géostratégique, on en mesure la valeur tous les jours dans les pays qui en manquent ou à l’occasion de catastrophes comme le séisme qui a touché le sud de l’Asie le 26 décembre 2004. Une eau de bonne qualité réduit les risques d’infections* aiguës ou chroniques dont certaines favorisent une dégénérescence* maligne*, par exemple sur le col* de l’utérus* ou la verge*. Bernard Hœrni

  • Ebers

    (Papyrus). Nom d’un papyrus de l’Égypte ancienne, remontant au xvie siècle av. J.-C., œuvre du médecin Imhotep, retrouvé en 1872 et déchiffré par l’égyptologue allemand Georg Ebers (1837-1898). Il y est surtout question de chirurgie qui semble être pratiquée à l’époque par tout médecin. On y trouve la distinction entre les tumeurs infectieuses (abcès*) qu’il faut inciser pour les évacuer et les tumeurs charnues (cancers) qu’il faut extirper au scalpel ou au cautère. On y trouve aussi cette première mention de ce qui deviendra l’accompagnement* à propos d’un malade se mourant d’une tumeur* à l’estomac : « Prends soins de lui, ne l’abandonne pas ». Bernard Hœrni

  • EBV

    Voir Virus d’Epstein*-Barr.

  • Ectomie

    Suffixe (du gr. ektomê : ablation) entrant dans la composition de nombreux mots qui désignent, en cancérologie, l’ablation*, l’amputation* ou l’excision, d’une tumeur (tumorectomie*) ou d’un organe où elle est située : colectomie pour le côlon*, hépatectomie pour le foie*, hystérectomie*, laryngectomie*, mastectomie*, ovariectomie ou castration*, etc.

  • Edwin-Smith

    Nom d’un papyrus de l’Égypte ancienne, remontant au xviie siècle av. J.-C. retrouvé et déchiffré par l’égyptologue anglais Edwin Smith (1822-1906). Compilation de textes plus anciens, il est principalement consacré à l’anatomie et à la chirurgie*, envisagées de la tête au pied, mais s’interrompt à la poitrine. Les principales tumeurs y sont évoquées et leur ablation est conseillée. On y trouve une note sur le traitement du cancer du sein* par des tiges chauffées, préfigurant l’hyperthermie*. Bernard Hœrni

  • Ehrlich

    Paul, 1854-1915). Biologiste allemand s’intéressant aux maladies infectieuses et parasitaires ainsi qu’à l’immunité. Prix Nobel* en 1908, Paul Ehrlich a également étudié les tumeurs de la souris* alors à ses débuts – la possibilité de les transmettre d’un animal à l’autre interprétée à tort en faveur de leur origine infectieuse* – et la mise au point de vaccins suivant les réactions immunitaires observées. Il a laissé son nom à un cancer de la souris qui se caractérise par une tumeur liquide dans le péritoine* et la formation d’une ascite*. Bernard Hœrni

  • Elliptinium

    C’est le premier cytotoxique* français synthétisé en 1975. Il appartient à une famille d’alcaloïdes*, les ellipticines, substances azotées complexes extraites d’Ochrosia elliptica. L’elliptinium agit sur l’ADN* et l’ARN* en s’intercalant entre deux paires de bases* et en formant un complexe stable acide nucléique-topo-isomérase* II. Il agit également sur certains constituants de la membrane* cellulaire. Il s’administre par voie veineuse stricte en perfusion* d’une heure, à la dose de 80 mg/m²/j, par cycles de 3 jours répétés toutes les 3 semaines. Il présente une grande causticité locale sur les veines*, une toxicité* sur le tube digestif *(sécheresse de la bouche*) et le rein*, dépendant de la dose unitaire, et peut provoquer des réactions d’intolérance aiguë d’ordre immunitaire* (choc, hémolyse). Il est surtout utilisé dans le traitement des cancers* du sein* métastatiques* (souvent associé à l’étoposide*). Jacques Chauvergne

  • Embolie

    Phénomène caractérisé par la migration d’un composant anormal (embole) lancé dans le courant sanguin. Il s’agit d’un caillot qui oblitère une artère plus ou moins importante et interrompt la circulation sanguine en aval, entraînant des lésions des tissus qui ne reçoivent plus le sang normalement. Il peut s’agir aussi d’un embole de cellules cancéreuses qui s’arrêtent dans des vaisseaux* de petits calibres (capillaires) et peuvent donner alors naissance sur place à une métastase*. On parle de « bolus » pour désigner une dose de médicament injectée rapidement en une seule fois dans un vaisseau. Du matériel solide peut être délibérément injecté pour boucher l’artère nourricière principale d’une tumeur (embolisation) afin de la priver de son apport sanguin et provoquer sa nécrose*. Bernard Hœrni

  • Embryome

    Tumeur développée à partir de cellules* embryonnaires résiduelles dans un organisme d’enfant* ou d’adulte. Ce terme est peu utilisé et on parle plutôt de dysembryome*.

  • Embryonnaire

    (Tumeur). Voir Dysembryome*, Embryome*, Tératome*.

  • Encéphaloïde

    Qualifie un organe ou une tumeur* dont l’aspect et la consistance rappellent ceux du cerveau* (encéphale) : blanchâtre, mou et friable.

  • Encyclopédie

    Coordonné par Diderot et d’Alembert dans la seconde moitié du xviiie siècle, cet ouvrage monumental consacre tout son article cancer à celui du sein*, pris comme modèle des autres tumeurs malignes*. Leur cause est rattachée aux chocs, contusions et autres traumatismes* auxquels les seins sont exposés mais dont la responsabilité ne sera jamais confirmée. Les conditions du diagnostic* par les femmes sont les mêmes qu’aujourd’hui. Les cancers sont distingués de pseudo-tumeurs, observées chez la femme jeune, susceptibles de guérir avec diverses applications locales – incapables de traiter une tumeur maligne – et qui ne doivent donc pas alarmer les patientes. Après une préparation médicale et psychologique, le traitement chirurgical est effectué : « extirpation limitée de la tumeur quand celle-ci est encore petite », tandis que si elle « a gagné toute la mamelle on n’y peut remédier que par l’amputation du sein ». Les techniques chirurgicales sont décrites et illustrées. Si le cancer est généralisé, « on se dispense absolument de faire une opération » qui ne changerait rien à l’évolution. Dominique Gros

  • Endocuriethérapie

    Forme de curiethérapie* où les sources* radioactives, sous forme de fils ou d’aiguilles, sont implantées dans les tissus*. Endocuriethérapie est synonyme de curiepuncture*. Les sources radioactives sont placées dans les tissus pendant un à six jours avant d’être retirées. Dans des cas de cancers de la prostate*, du cerveau* ou du pancréas*, les sources, généralement de l’iode* 125, sont laissées dans les zones implantées : on parle d’implant permanent*. Cette méthode venant des États-Unis, on parle parfois de brachythérapie qui est synonyme de curiethérapie. Jean-Pierre Gérard

  • Endomètre

    Muqueuse* tapissant la cavité interne de l’utérus*, soumise aux influences hormonales (œstrogènes*, progestatifs*) du cycle* menstruel et à l’origine des règles*. L’endomètre est également sensible à l’action des hormones* utilisées en hormonothérapie* des cancers. C’est sur lui que se fixe l’embryon au début d’une grossesse* et à partir de lui que se développe le cancer du corps* de l’utérus.

  • Endoscopie

    Méthode très utile pour explorer, par la vue et à l’aide d’un appareil appelé endoscope, les tumeurs* profondes d’un organe creux ou situées autour d’une cavité interne. C’est en 1852 que l’otorhinolaryngologiste allemand A.F. von Tröltsch utilise, pour la première fois, un miroir courbe pour examiner la gorge*. En 1857, un instrument un peu plus complexe permet de voir le larynx* : on l’appelle laryngoscope et on lui adjoint une source de lumière, l’ensemble étant miniaturisé en 1878 par Edison. On utilise d’abord des tubes rigides pour voir directement ; une lumière refroidie évite d’échauffer la région examinée et une longue pince permet d’effectuer un prélèvement (biopsie*) à son extrémité. À partir des années 1970, des tubes souples, ou fibroscopes, faits de fibres optiques, éclairent, montrent (éventuellement photographient et filment ce qui est vu) et permettent une biopsie avec une pince à guide également souple. L’endoscopie a d’abord examiné des cavités naturelles d’accès direct : outre le larynx, la trachée* et les bronches* (bronchoscopie), l’estomac* (gastroscopie), la vessie* (cystoscopie) et le rectum* (rectoscopie). On a aussi développé l’examen de cavités virtuelles après injection d’air et ouverture d’une « boutonnière » dans la peau et la paroi : la plèvre* (pleuroscopie), la cavité du péritoine* (laparoscopie* et cœlioscopie*). La finesse et la souplesse des appareils aidant, certains examens sont devenus moins désagréables pour les malades et le champ d’exploration de l’endoscopie s’est étendu, pour aborder des organes plus éloignés comme, après l’estomac, le duodénum et les canaux biliaires, le côlon* (coloscopie) ou la cavité du corps* utérin (hystéroscopie*). L’examen peut être couplé avec l’insertion d’une sonde d’échographie* qui permet une écho-endoscopie. Depuis les années 1980, l’endoscopie ne se contente plus d’explorer ; il est devenu possible de faire à bout de tube une intervention mineure ou plus importante (cœliochirurgie*). L’endoscopie a beaucoup amélioré l’exploration des cancers profonds en permettant des examens qui n’étaient pas possibles ou en évitant une opération autrement nécessaire. Elle remplace certaines explorations radiographiques, comme celles du tube digestif*. Sa place dans le traitement des cancers est encore limitée mais elle contribue à des gestes palliatifs* qui améliorent le confort des malades, par exemple pour poser une prothèse* interne. Bernard Hœrni

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