• Lettre G
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  • Galien

    (Claude, 131-201). Ce médecin de l’Antiquité, à l’union des mondes grec et romain, forge le mot tumeur* et écrit un Traité des tumeurs. Il en distingue plusieurs sortes : les tumeurs normales – suivant la nature – comme l’augmentation de volume des seins à la puberté ou de l’utérus* pendant la grossesse* ; les tumeurs dépassant la nature, principalement inflammatoires* ; les tumeurs contre nature comme les cancers mais qui peuvent aussi être bénignes*, sans distinction nette entre tumeurs bénignes et malignes*. Comme Hippocrate*, il leur attribue une origine humorale (voir Humeur*). En vue de réduire l’excès de bile noire, ou atrabile, qui est rendu responsable des tumeurs malignes, il préconise des purges ou des saignées pour les traiter. Cependant, par contraste avec Hippocrate qui était peu interventionniste, il propose aussi des excisions aussi larges que possibles pour éviter leur récidive sur place. Ses idées domineront la médecine du Moyen Âge. Bernard Hœrni

  • Gammapathie

    Ce néologisme désigne une maladie traduite par une anomalie biologique des gammaglobulines (ou immunoglobulines* ou anticorps*). Dans le cadre des cancers, il s’agit le plus souvent d’une gammapathie monoclonale*, production* homogène d’une gammaglobuline d’un seul type par un clone* de plasmocytes* malins. La gammapathie exprime la production exagérée d’une substance qui se retrouve dans le sang* comme un marqueur* tumoral reflétant le volume* des cellules* cancéreuses et permettant de le surveiller pendant le traitement. Les principales gammapathies monoclonales malignes sont le myélome* multiple, la maladie de Waldenström* et certains lymphomes*. Une gammapathie monoclonale discrète peut être bénigne*, ne nécessitant aucun traitement, ou traduire une atteinte maligne* débutante. Voir aussi Dysglobulinémie*. Bernard Hœrni

  • Gammathérapie

    Traitement des cancers par les rayonnements* gamma. Ce sont des radiations électromagnétiques (photons*) émises par un noyau atomique instable, qui transmettent aux cellules* qu’elles traversent une énergie les endommageant ou les tuant. On utilise le cobalt* 60 (énergie de 1,25 MeV) pour la radiothérapie* externe et la curiethérapie* à haut débit de dose, l’iridium* 192 (énergie de 300 à 600 kV) pour la curiethérapie gynécologique. Le radium* 226 n’est plus utilisé car il pose de difficiles problèmes de radioprotection* pour le personnel soignant et les proches du malade.

  • Ganglion

    Ce terme désigne deux types de formations anatomiques différentes : le ganglion sympathique est une structure en nodule du système nerveux autonome qui donne chez l’enfant* de rares cancers, les neuroblastomes* ; le ganglion lymphatique est envahi par de nombreux cancers voisins. Les ganglions lymphatiques sont des nodules généralement disposés le long d’un vaisseau* lymphatique et concentrés dans certaines régions du corps : les ganglions superficiels (au cou, aux aisselles ou aux aines) sont accessibles à l’examen clinique, les ganglions profonds (dans le médiastin* ou l’abdomen*), nécessitent des examens complémentaires (Figure). Ils ont une double fonction : ils filtrent la lymphe dont ils arrêtent des composants anormaux (particules inertes, microbes*, cellules* cancéreuses) ; ils jouent un rôle de défense immunitaire par l’intervention, sur place ou à distance, des lymphocytes* qu’ils contiennent. Malgré le petit volume de chaque ganglion (moins de 2 cm de diamètre), leur grand nombre dans l’organisme (plus d’une centaine) aboutit à une masse globale substantielle. Les maladies des ganglions sont rarement primitives* comme les lymphomes*. Elles sont le plus souvent secondaires* à la propagation au ganglion d’un agent morbide provenant d’un foyer primitif voisin et véhiculé par la lymphe dans un vaisseau lymphatique. Il s’agit le plus souvent d’un agent infectieux, à partir d’une plaie ou d’un abcès, en général d’une bactérie*. Il peut aussi s’agir des cellules cancéreuses détachées d’une tumeur primitive pour migrer à distance, par voie lymphatique. La propagation de telles cellules à un ganglion voisin est d’abord microscopique. Celui-ci augmente ensuite de volume* : on parle d’adénopathie*. Un ganglion peut être tuméfié au voisinage d’un cancer, du fait d’une inflammation*, sans être envahi. À l’inverse, il peut être envahi sans être palpable. Tous cancers confondus, les ganglions sont les organes les plus fréquemment envahis. Leur atteinte est l’étape régionale de la propagation tumorale, après l’étape locale de la tumeur primitive, avant l’étape de généralisation (métastase*). Elle est identifiée par la lettre N (de node en anglais) de la classification TNM*, intermédiaire entre la tumeur T et les métastases M. Bernard Hœrni

  • Ganglion sentinelle

    Technique mise au point au début des années 1990, la recherche du ganglion sentinelle est basée sur le principe d’un envahissement progressif et réglé des ganglions lymphatiques. L’injection d’un colorant bleu et d’un produit faiblement radioactif près de la tumeur primitive* permet de repérer le premier ganglion susceptible de comporter en son sein des cellules cancéreuses. Une courte incision permet de l’ôter. S’il n’est pas envahi aucun autre ganglion n’est prélevé et dans ce cas il n’y a pratiquement aucune gêne persistante après cette intervention. S’il est envahi le chirurgien, dans une seconde opération faite après réception du résultat, enlèvera les autres ganglions (évidement* ou curage ganglionnaire). Pour l’instant cette technique est réservée aux tumeurs de moins de deux centimètres. Alain Brémond

  • Ganglioneuroblastom

    Tumeur d’un ganglion* sympathique associant un ganglioneurome* bénin et un neuroblastome* malin.

  • Ganglioneurome

    Tumeur bénigne* d’un ganglion* sympathique.

  • Ganglions cervicaux

    Particulièrement nombreux, les ganglions* lymphatiques situés au cou sont assez souvent envahis par un cancer chez les malades atteints de carcinome* épidermoïde des voies* aéro-digestives supérieures, en particulier du pharynx*. Leur envahissement est un élément pronostique majeur. Les ganglions du cou ont une disposition symétrique et se distribuent en six groupes principaux : sous-maxillaire, sous la branche horizontale du maxillaire inférieur (mandibule), sous-digastrique, derrière l’angle du maxillaire inférieur, sus-omo-hyoïdien, à la partie moyenne du cou, jugulaire inférieur, au dessus de l’extrémité interne de la clavicule, sus-claviculaire, au dessus de la clavicule, et spinal, en arrière (Figure). Les ganglions colonisés par des cellules* cancéreuses ne sont palpés que lorsque ces cellules* venant de la tumeur primitive* augmentent notablement leur volume : on parle alors d’adénopathie*. La taille, le nombre et le siège des ganglions, précisés cliniquement et par tomodensitométrie*, permettent une classification des patients par catégories (voir TNM*), ce qui guide le traitement* et l’analyse des résultats. Ils peuvent être discrètement envahis par des cellules malignes sans être palpables : seul l’examen microscopique (anatomo-pathologique) après prélèvement chirurgical permet de préciser leur état réel. Quelles que soient les constatations cliniques, les zones ganglionnaires cervicales sont systématiquement considérées dans le plan thérapeutique d’un cancer ORL*, au même titre que la tumeur primitive. Dans de rares cas, il y a une atteinte isolée d’un ou plusieurs ganglions cervicaux sans que l’examen ORL approfondi (endoscopie*, imagerie*) retrouve la tumeur primitive qui reste occulte*. On parle alors d’adénopathies malignes apparemment primitives. Le traitement comporte leur ablation (évidement*), suivie d’une radiothérapie* sur le cou et le pharynx. Jacques Brugère

  • Gastrectomie

    Voir Cancer de l’estomac*.

  • Gastrostomie

    Abouchement chirurgical de l’estomac* à la paroi antérieure de l’abdomen*. Cette communication est nécessaire quand un cancer digestif* plus haut situé, spécialement sur l’œsophage*, interdit l’alimentation par les voies naturelles. La gastrostomie permet alors d’apporter directement les aliments* dans l’estomac par une sonde, d’assurer des apports nutritifs satisfaisants et d’éviter l’amaigrissement* ou de retarder la cachexie*. Le malade doit apprendre à s’alimenter lui-même en injectant les repas mous dans sa sonde. Il est privé de goût* mais non d’effets indirects comme ceux liés à l’alcool*.

  • Gauducheau

    (René, 1881-1968). Apparenté au Dr Georges Clemenceau, il commence ses études médicales à Nantes mais les poursuit à Paris où il devient l’élève d’Antoine Béclère* avant de revenir, comme radiologiste des hôpitaux, à Nantes. Il obtient en 1924 la création, à l’Hôtel-Dieu de Nantes, d’un centre* régional de traitement anticancéreux dont il devient le premier directeur. Après la destruction de cet hôpital par les bombardements de 1943, il œuvre pour la construction d’un nouveau centre qui ouvre seulement en 1967, longtemps après sa retraite en 1952, et qui prendra son nom. Bernard Le Mevel

  • Gaulle

    (Charles de). Voir Centre* de lutte contre le cancer, CIRC*.

  • Gefitinib

    Ce médicament* agit en bloquant le facteur* de croissance épidermique qui joue un rôle important dans le développement de différents types de cancer. Plus précisément, il bloque l’activation de la tyrosine*-kinase du récepteur de facteur de croissance épidermique, ce qui interrompt la cascade de signaux conduisant à la multiplication cellulaire. Ce mode d’action est totalement différent de celui des chimiothérapies* classiques. Ce médicament n’est pas associé aux effets secondaires fréquents de la chimiothérapie. Il n’entraîne pas de perte de cheveux*, pas de chute des globules* blancs, mais peut être responsable de réactions cutanées, sans gravité. Il a été responsable de phénomènes inflammatoires* au niveau des poumons* qui peuvent devenir graves si le traitement n’est pas interrompu. Ce traitement est administré par la bouche de façon continue. Il est actuellement recommandé dans le traitement des cancers des poumons* non à petites cellules qui ont résisté aux thérapeutiques classiques, et plus particulièrement chez les malades de sexe féminin, non fumeurs et porteurs d’adénocarcinome*. Jean-Pierre Armand

  • GEFLUC

    (Groupement des entreprises françaises dans la lutte contre le cancer). Créé à Marseille en 1964 par l’industriel Alexandre Oliva, éprouvé par la perte d’un frère à la suite d’un cancer, le GEFLUC est reconnu d’utilité publique en 1978. Il regroupe des entreprises collectant des fonds pour favoriser la recherche* contre le cancer. D’abord implanté dans le Sud-Est, son réseau s’est peu à peu étendu à tout le territoire national et différents GEFLUC régionaux se sont regroupés en une fédération. Les entreprises cotisantes apportent une double contribution, émanant d’une part de leurs employés sous forme d’une cotisation individuelle mensuelle fixe (un franc à l’origine, « l’Euro de l’espoir » aujourd’hui), complétée d’autre part par une participation patronale. Les fonds recueillis sont attribués à des laboratoires de recherches, suivant l’avis de conseils scientifiques, ou destinés à aider des malades ou leurs familles* dans le besoin. Le GEFLUC finance aussi des prix récompensant de jeunes chercheurs. Son activité se complète par le développement d’actions de prévention* (information*, sevrage tabagique, etc.) dans le cadre des entreprises. Jacques Robert

  • Gemcitabine

    Médicament* anticancéreux de synthèse (1991), proche de la cytarabine*, appartenant à la série des antipyrimidiques. C’est un antimétabolite*, analogue de la désoxycytidine, antagoniste des bases* azotées pyrimidiques ; il inhibe la synthèse de l’ADN*. Il s’administre par voie veineuse stricte, en perfusion* brève de moins de 30 minutes, à la dose d’1 g/m²/sem, pendant 7 semaines consécutives, puis 3 semaines, séparées d’une semaine de repos. La toxicité* de la gemcitabine s’exerce sur la moelle* (baisse importante des leucocytes* et des plaquettes*), l’appareil digestif* (nausées*, vomissements*, parfois sévères), et peut provoquer un syndrome grippal, des éruptions* cutanées, un bronchospasme. Contrairement à la cytarabine* dont l’activité est limitée aux maladies du sang, la gemcitabine est efficace pour le traitement des cancers des bronches* non à petites cellules, de l’adénocarcinome* du pancréas*, mais aussi des cancers du sein*, de l’ovaire* et de la vessie*. Jacques Chauvergne

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