ACTUALITES - BULLETIN DU CANCER - SEPTEMBRE 2017

Le 22 - NOV - 2015

Inhibiteurs de tyrosine kinase comme traitement adjuvant du cancer du rein : 1 versus

Le cancer du rein localisé relève d’une néphrectomie élargie ou partielle. Cependant 20 % des patients rechutent après ce geste, et cela habituellement dans les 2–3 ans. Les principaux facteurs associés au risque de rechute sont essentiellement la taille tumorale, l’extension ganglionnaire [1], mais aussi le grade nucléaire, la nécrose tumorale et la présence de symptômes.

Les inhibiteurs de tyrosine kinase ont révolutionné la prise en charge de la maladie au stade métastatique. Il était logique de les évaluer en situation adjuvante. Parmi les essais posant cette question, les résultats des 3 premiers sont désormais connus [234] (Tableau I). Le Pr Motzer a présenté les résultats de l’étude PROTECT [4]. Les résultats sont négatifs. Dans cet essai qui posait la question de l’intérêt d’un traitement par pazopanib, nous avons appris : (i) que la dose initiale de 800mg avait dû être diminuée à 600mg en raison de la tolérance et de fait le nombre de sujets nécessaires recalculé (1500 patients), (ii) que la survie sans maladie (objectif principal) n’est pas améliorée par le traitement adjuvant par pazopanib (HR=0,86 [0,70–1,06] ; p=0,16), et que la survie globale n’est pas améliorée par le traitement adjuvant (HR=0,79 [0,57–1,09], p=0,16). Au total, 2 essais sont donc négatifs, le premier avec le sorafenib et le sunitinib (ASSURE), le 3ème avec le pazopanib (PROTECT). Seul l’essai S-TRAC (avec le sunitinib) est positif, avec un bénéfice absolu de 14 mois en termes de survie sans maladie. Néanmoins l’impact en termes de survie globale n’est pas connu [2].

Au total, il n’est pas possible de recommander un tel traitement en situation adjuvante. De nombreux essais sont encore en cours. De plus, si un bénéfice était confirmé, la sélection des patients, au-delà des paramètres cliniques connus [5] resterait une question cruciale.