• Lettre A
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  • Algérie

    L’Algérie est le pays le plus peuplé et occupe la plus grande partie du Maghreb (de « gharb » qui signifie ouest), mais 95 % de sa population vit sur environ 300 000 km² de hautes terres, entre le Sahara et la Méditerranée, où les effets conjoints de l’urbanisation, des vaccinations*, du développement économique (et de l’allongement de la durée de vie) modifient la pathologie, traditionnellement infectieuse, où les cancers occupent une place croissante. Entre les deux guerres mondiales, 18 cancers du sein* seulement avaient été observés chez des femmes algériennes, en 10 ans, dans quatre services de chirurgie d’Alger ! Cependant, dès 1924, s’installe un comité provincial de la Ligue* contre le cancer et en 1928 le centre* régional anticancéreux d’Alger est créé. Le premier recensement fiable, portant sur la période 1966-1975, collige les données de trois laboratoires d’anatomo-pathologie* à Alger, Oran et Constantine ; les autres sources d’informations sont une étude épidémiologique concernant la wilaya (département) de Sétif pour les années 1986, 1987 et 1988, un dénombrement des cas hospitalisés au centre anticancéreux d’Alger (Centre Pierre-et-Marie-Curie) pendant la décennie 1980, et une pré-enquête épidémiologique conduite pendant deux mois en 1990 dans huit des dix hôpitaux d’Alger en vue d’établir un registre* du cancer. Malgré leurs imperfections, ces sources permettent une estimation de la morbidité* cancéreuse. Les hommes sont un peu plus souvent atteints que les femmes (sex-ratio : 1,05 à 1,1) ; toutes localisations confondues, l’incidence* annuelle pour 100 000 habitants est de 40 à 50 ; comme dans tous les pays, cette incidence croît exponentiellement avec l’âge*. Les cancers de l’enfant* les plus fréquents sont, dans l’ordre, les hémopathies* lymphoïdes, les néphroblastomes* et les tumeurs nerveuses. Chez l’adulte, les cancers génitaux sont les plus fréquents chez la femme, le cancer du sein étant devenu plus fréquent que celui du col* de l’utérus au début des années 1990. Chez l’homme, les cancers liés à un tabagisme* croissant sont devenus les plus fréquents. Les autres localisations les plus fréquentes dans les deux sexes sont l’appareil digestif*, la peau*, la moelle* osseuse et les ganglions*. Depuis quelques années, la prise en charge des malades s’organise dans les trois villes citées avec des moyens spécifiques, en sus du centre d’Alger ouvert en 1958. Des services de radiothérapie* ont été ouverts dans les centres hospitalo-universitaires correspondants, équipés de sources de haute énergie et d’appareils de radiothérapie* endocavitaire, les unes et les autres opérationnels ; un nouveau centre anticancéreux est construit dans le CHU de Blida. La formation de spécialistes – commencée en France et qui s’y poursuit grâce à un programme de coopération – a débuté dans le pays. Récemment ont été organisées des conférences de consensus en vue d’utiliser au mieux les moyens existants. Les principales difficultés – liées à l’environnement économique et social – proviennent de pénuries dans l’approvisionnement et de l’absence de régionalisation dans la prise en charge des patients. Mais les pouvoirs publics, qui ont prouvé leur attention au cancer par un effort d’équipement conséquent, et les cancérologues algériens devraient y faire face. Voir aussi Bréhant*. Pierre Colonna

  • Algologie

    Nouvelle discipline médicale consacrée à l’étude de la douleur* et à son traitement par les divers moyens antalgiques*. Elle a des liens étroits avec la cancérologie parce que l’évolution d’une tumeur provoque souvent des douleurs – modérées ou intenses, momentanées ou chroniques – en l’absence de traitement. Son développement est utile à un traitement plus simple et plus efficace des douleurs cancéreuses.

  • Alibert

    (Jean-Louis, baron, 1766-1837). Dermatologue, médecin de Charles X, il est à l’origine d’une classification des maladies de la peau* et isole le mycosis* fongoïde, curieux cancer qui sera plus tard reconnu comme un lymphome* malin. Il tente sur lui-même, sans succès, une greffe* de tissu cancéreux, à partir du suc d’un cancer du sein*. Il est à l’origine de la réputation de l’Hôpital Saint*-Louis comme centre de dermatologie à Paris*.

  • Alimentation

    Avec le tabac*, l’alimentation joue le rôle le plus important dans l’origine des cancers. Cette importance tient aussi à la possibilité de l’influencer pour réduire l’apparition des tumeurs malignes. En 1977, le Sénat américain a publié un rapport intitulé Dietary goals for the United States où, dans sa déclaration préliminaire, le sénateur Mc Govern précise : « Notre alimentation a radicalement changé en une cinquantaine d’années, avec des conséquences importantes et souvent très graves pour notre santé… Trop de matières grasses, trop de sucre et de sel ont un lien direct avec les maladies du cœur, le cancer, l’obésité* et les attaques entre autres mortelles. En tout, six des dix causes majeures de décès aux USA sont liées à notre alimentation (Figure). » Les enjeux scientifiques, industriels et spirituels de la santé de l’homme de demain touchent à l’agro-alimentaire, à l’environnement*, aux modes* de vie. Des habitudes alimentaires très variées existent (pâtes italiennes, pommes de terre allemandes, sucreries britanniques, etc.) et l’objectif n’est pas de les faire disparaître. Après les États-Unis, le marché européen est envahi par des produits diététiques, surgelés, des plats cuisinés ou prêts à la consommation (+30 % en 1987 pour les seuls plats conservés sous vide en France). Les nouveaux produits alimentaires (NPA) s’adaptent aux goûts des consommateurs, qui évoluent avec une meilleure connaissance des règles élémentaires de la diététique*. Au début des années 1990, l’industrie agro-alimentaire évolue dans trois directions : fournir des produits alimentaires utiles à la santé, c’est-à-dire ayant conservé le maximum de leurs qualités organoleptiques (goût*, consistance) et l’essentiel de leur composition originelle ; suivre les goûts et les modes alimentaires qui privilégient le plaisir et la joie de se nourrir ; raccourcir les temps de préparation en présentant le plus possible aux consommateurs des aliments prêts à l’emploi. Pour atteindre ces objectifs, l’industrie agro-alimentaire use d’une publicité qui rejoint les aspects économiques et éthiques*, ces derniers étant synonymes de santé* publique. La période de latence qui sépare la transformation* cancéreuse d’une cellule* et l’apparition d’une tumeur peut être longue, de 10 à 30 ans. Pendant ce temps, l’alimentation joue un rôle indirect, favorisant ou inhibant la cancérogenèse*. Les données acquises, à la fois importantes et générales, sont résumées dans le Tableau qui donne les principaux conseils diététiques correspondants. L’actuel programme américain du National* Cancer Institute préconise d’absorber chaque jour cinq portions de fruits ou légumes, ce que ne consommaient jusqu’alors qu’un quart des adultes. La Société américaine du Cancer a proposé sept directives (Tableau). Les progrès se développent dans deux directions. On cherche à identifier les produits alimentaires qui favorisent les cancers et à déterminer comment ils agissent sur le matériel génétique* de nos cellules, en particulier sur les oncogènes*. L’autre direction correspond à la recherche d’agents protecteurs dans l’environnement*. Certains produits alimentaires sont considérés comme « antipromoteurs potentiels » : présents dans les haricots et d’autres graines de plantes, ils inhibent des enzymes*, telles que les protéases, qui permettent à la tumeur d’envahir les tissus voisins. Ces inhibiteurs naturels ont des effets anticancéreux qui sont répertoriés, isolés, testés. Ces recherches sont déterminantes car les aliments et la nutrition seraient responsables de 60 % des cancers chez les femmes et de 40 % chez les hommes. Une meilleure connaissance de ces facteurs doit permettre d’améliorer l’alimentation, du moins dans les pays développés. Or le temps nécessaire pour changer les habitudes alimentaires, puis pour en observer les effets se compte en décennies plutôt qu’en années. Henri Joyeux

  • Alkylants

    Importante classe de médicaments* anticancéreux découverts après l’observation d’une diminution des globules* blancs (leucopénie) chez des militaires exposés pendant la deuxième guerre mondiale aux gaz moutardes*. Les agents alkylants sont capables de fixer un groupe alkyl (R-CH2) sur des acides nucléiques (ADN*) ou des protéines*. On classe avec eux des médicaments capables de se fixer de façon irréversible à l’ADN, comme les sels de platine*. Les alkylants forment des adduits sur les atomes d’azote et d’oxygène des bases d’ADN. Bifonctionnels, ils se fixent sur deux sites proches pour créer des ponts dans les chaînes de l’ADN et créent des lésions complexes, ce qui entraîne arrêt du cycle cellulaire, apoptose* et inhibition de la croissance tumorale. L’activité cytotoxique* des agents alkylants, dits encore radio-mimétiques, ne dépend pas du cycle* cellulaire. Les cellules tumorales peuvent devenir résistantes (voir Chimiorésistance*) aux alkylants, soit par activation des enzymes* qui assurent leur détoxification à l’intérieur des cellules* (glutathion-tranférases), soit par accélération des réparations de l’ADN, après les lésions provoquées par ces médicaments (méthyl-tranférases). Ces agents sont souvent instables dans les milieux biologiques. Leur diffusion dans l’organisme est rapide et importante (système* nerveux central) et leur demi-vie plasmatique courte. Ils pénètrent dans la cellule de façon passive ou grâce à un transporteur. Les alkylants sont transformés par les enzymes du foie, ce qui est indispensable à l’activité de quelques-uns d’entre eux. Ils sont principalement éliminés dans les urines, où certains de leurs dérivés (acroléïne) sont responsables de cystite* (inflammation de la vessie, parfois hémorragique) qui est évitée par le mesna*. Depuis les premiers alkylants, utilisés dès la fin des années 1940, de nombreux médicaments ont été isolés dont récemment le témozolomide* (Tableau).

    Classe

    Médicaments

    Moutardes* à l’azote

    Chlorambucil* Chlorméthine* Estramustine* Melphalan*

    Autres alkylants

    Cyclophosphamide* Ifosfamide* Mitomycine C* Pipobroman* Thiotépa*

    Méthane sulfonate

    Busulfan*

    Nitrosourées*

    Carmustine* Fotémustine* Lomustine* Streptozotocine*

    Autres donneurs de méthyl

    Dacarbazine* Procarbazine* Témozolomide*

    Sels de platine*

    Carboplatine* Cisplatine* Oxaliplatine*

    La principale toxicité* est sanguine. Les alkylants entraînent rapidement une diminution des globules* sanguins, surtout des granulocytes* et des plaquettes*. S’ils sont administrés longtemps, certains agents favorisent l’apparition, 5 à 10 ans plus tard, d’une leucémie*. D’autres manifestations toxiques sont précoces : digestives (nausées*, vomissements*), cutanées (alopécie*), gonadiques (azoospermie responsable d’une stérilité* parfois définitive, troubles des règles*). Une adaptation individuelle de dose* et donc une moindre toxicité sont possibles pour certains médicaments grâce à un contrôle pharmacocinétique*. Les alkylants ont de larges indications en chimiothérapie*, en raison de leur faible spécificité, cancers lymphoïdes, adénocarcinomes*, sarcomes*. Ils sont principalement administrés par voie orale ou intra veineuse, seuls ou plus souvent en association. Leur activité antitumorale étant plus élevée quand les doses sont plus élevées, les alkylants sont utilisés pour des chimiothérapies intensives suivies de transfusions* de cellules* souches sanguines périphériques ou médullaires, dans le traitement de certains cancers. À ces fortes doses apparaît une toxicité cardiaque, hépatique et pulmonaire. La manipulation des agents alkylants expose le personnel de pharmacie et les infirmières à une contamination accidentelle qui est évitée dans les unités centralisées de reconstitution de médicaments. Paul Cappelaere

  • Allergie

    Découverte en 1906 par Von Pirquet, l’allergie est devenue une notion très populaire et certains ont voulu lui faire jouer un rôle à l’origine des cancers. Il s’agit d’un état déterminant une réaction précoce, inopportune et désagréable qui suit un nouveau contact avec une substance que le sujet a connue précédemment : c’est un état immunitaire* s’accompagnant de réactions générales, respiratoires ou cutanées parfois intenses (on parle aussi d’hypersensibilité immédiate). Certaines hypothèses ont voulu faire des réactions allergiques un facteur favorisant les tumeurs, parfois avec une composante psychologique (voir Psychogenèse*). Cependant, ni l’observation des malades allergiques, ni celle des cancéreux n’a permis d’établir de liaison significative entre les deux conditions. En outre aucune explication plausible n’a été avancée pour comprendre une telle relation. Bien que les malades cancéreux aient parfois des réactions immunitaires diminuées, l’apparition d’un cancer modifie peu leur état allergique antérieur. Si une allergie à l’iode* est connue, des précautions doivent être prises avant de les soumettre à un examen radiologique utilisant un produit opaque aux rayons* X contenant ce métalloïde. On peut aussi rencontrer comme dans le reste de la population des allergies à des antibiotiques*, à l’aspirine*, à des médicaments* contre la douleur*, etc. Des produits anticancéreux peuvent aussi entraîner des réactions allergiques qui ne se manifestent que lors du deuxième contact du malade avec le cytotoxique* : c’est en particulier le cas de certains antibiotiques* anticancéreux, de produits dérivés de végétaux* ou de l’asparaginase*. Ces réactions font prendre des précautions avant de continuer le traitement. Bernard Hœrni

  • Alliot

    (Pierre). Originaire de Bar-le-Duc, médecin du duc de Lorraine Charles IV, préconisant une poudre à base d’arsenic* dont il garde la formule secrète, Pierre Alliot est appelé en 1665 au chevet d’Anne* d’Autriche, qui souffre d’un cancer du sein*, et en tire une grande réputation malgré la mort de l’illustre patiente quelques mois plus tard. Son fils Jean-Baptiste publiera en 1698 un Traité du Cancer où il révélera, à mots couverts, que l’« escharotique arsenical » de son père contenait seulement de l’arsenic. Bernard Hœrni

  • Allô-cancer

    Système de renseignements téléphonique, promu par l’ARC*, répondant aux questions posées, de façon anonyme, par des patients ou des membres de leur famille*. À la différence d’Écoute*-Cancer, ce sont des professionnels qui répondent à des préoccupations principalement médicales, accessoirement à des soucis psychologiques ou sociaux. La plupart des correspondants sont des femmes, entre 45 et 60 ans. Plus de 10 000 appels sont reçus chaque année.

  • Allogreffe

    La greffe* de moelle* osseuse allogénique, à partir d’un donneur « HLA-identique » de la fratrie*, est probablement la meilleure consolidation du traitement des leucémies* aiguës du sujet jeune. Elle ne peut avoir lieu que s’il existe un donneur compatible dans la famille* et si le receveur a moins de 40 ans pour réduire la toxicité immunologique (réaction des cellules greffées contre le receveur, dite « maladie du greffon contre l’hôte »). Quand elle est possible, cette greffe faite lors de la première rémission* complète s’accompagne de survies* sans rechute dans plus de 60 % des leucémies* aiguës et chroniques. En dehors des cancers du sang (hémopathies* malignes), la greffe allogénique représente le traitement de choix des insuffisances de la moelle osseuse : aplasie* médullaire primitive, thalassémie, certains déficits du système immunitaire*. La prophylaxie du rejet de greffe est assurée par une préparation (conditionnement) du receveur à la greffe et par un traitement immunosuppresseur. La prophylaxie de la maladie du greffon contre l’hôte est obtenue par le traitement immunosuppresseur qui associe, après la greffe, du méthotrexate* et de la cyclosporine A. D’autres moyens d’immunosuppression ont été essayés comme la suppression des lymphocytes* T du greffon ou l’utilisation d’anticorps* monoclonaux interférant dans la réponse immunitaire, mais aucune de ces attitudes n’est encore codifiée. Dominique Maraninchi

  • Alopécie

    Dérivé d’un mot grec signifiant « renard », en raison de la chute annuelle de ses poils, ce mot désigne la chute des cheveux* (ou d’autres poils tels que sourcils, cils, barbe, pilosité des aisselles ou du pubis) qui entraîne une calvitie. Elle est provoquée par des maladies de la peau, des troubles hormonaux et certains traitements anticancéreux. C’est une complication de la radiothérapie* des tumeurs primitives ou secondaires du cerveau* : elle est limitée aux territoires par lesquels pénètrent les rayonnements* ionisants et se répare si la dose de radiations est modérée. L’alopécie est aussi provoquée par certains médicaments* anticancéreux qui freinent les reproductions cellulaires des tissus* les plus actifs parmi lesquels se trouve le bulbe pileux à l’origine du poil. Les médicaments le plus souvent en cause sont les anthracyclines*, le cyclophosphamide*, la vincristine*. L’importance de la chute capillaire dépend de la dose* du médicament et des individus, certains perdant tous leurs cheveux, d’autres les gardant presque tous avec la même dose d’un même médicament. L’alopécie se produit surtout dans la quatrième semaine suivant la première injection médicamenteuse. Si le malade raccourcit ses cheveux, leur chute est moins spectaculaire et le port d’une perruque plus facile. Les cheveux repoussent dans les semaines qui suivent l’arrêt du traitement ou, même s’il est poursuivi, après plusieurs mois, comme si apparaissait une chimiorésistance* des cellules produisant les poils. On peut diminuer le risque d’alopécie en diminuant l’apport de sang (vascularisation*) et des médicaments qu’il contient au cuir chevelu, pendant et après l’injection intraveineuse du médicament : cela s’obtient par un garrot serré autour du crâne ou par un casque* réfrigéré ; l’un et l’autre sont peu confortables et d’une efficacité médiocre. Bernard Hœrni

  • Alphafoetoprotéine

    Isolée en 1956 chez l’homme, c’est une protéine* contenant une partie sucrée (glycoprotéine) qui peut être un marqueur* de cancer. Comme son nom l’indique, elle est fabriquée chez le fœtus, en particulier par le foie* et le tube digestif*. Son taux dans le sang* baisse rapidement à la naissance pour atteindre, à un an, un chiffre très bas (< 15 ng/ml) qui reste stable à l’âge adulte. Ce taux s’élève pendant une grossesse*, par passage de la protéine de l’enfant dans le sang de sa mère. Il s’élève aussi en cas de cancer du foie* ou de cancer embryonnaire, du testicule* ou d’un autre siège, chez l’enfant* ou l’adulte. Le dosage de l’alphafœtoprotéine contribue au diagnostic* de cancer si son taux est très élevé, car des maladies du foie, comme les hépatites* ou les cirrhoses*, n’entraînent que des augmentations modérées. Il permet surtout de suivre l’évolution s’il existe une augmentation initiale : le chiffre doit se normaliser après le traitement, il reste normal si le malade est guéri ou augmente à nouveau en cas de rechute.

  • Altrétamine

    Médicament* anticancéreux de synthèse, de la famille des éthylènes-imines, utilisé en clinique depuis 1964. Son action complexe et encore incertaine se fait comme alkylant* monofactoriel, en interférant avec la synthèse des acides nucléiques*, après activation dans le foie*. Il est rapidement absorbé par voie orale et diffuse dans tous les tissus ainsi que dans le liquide* céphalorachidien. Il s’administre à la dose de 150 à 250 mg/m²/j en cycles* de 2 à 3 semaines par mois. Comme tous les agents alkylants*, il possède une toxicité* digestive* forte mais inconstante (vomissements* nécessitant l’arrêt du traitement une fois sur deux) ; il entraîne une diminution des globules blancs* et des plaquettes*, des atteintes des nerfs* périphériques (réversibles), des réactions allergiques* de la peau* (rash, prurit*). Il est utilisé pour traiter les adénocarcinomes* de l’ovaire*, du sein et les cancers des bronches* à petites cellules. Jacques Chauvergne

  • Amaigrissement

    Les malades atteints d’un cancer perdent souvent du poids*. Ce phénomène s’observe avant même le diagnostic* de la tumeur, si elle a longtemps évolué avant d’être reconnue, car il est proportionnel à son développement (volume*, étendue). Les cellules* cancéreuses entraînent des désordres du métabolisme, par exemple en produisant la cachectine*, d’autant plus importants que cette sécrétion* est abondante ; elles peuvent aussi réduire l’appétit* (anorexie) en troublant le goût* ou provoquer une gêne mécanique à la déglutition (dysphagie*). La perte de poids doit être rapportée au poids normal du sujet : si elle dépasse 10 %, elle constitue un indice défavorable. Une fois le traitement terminé, la disparition du cancer s’accompagne d’une reprise de poids. Le traitement peut aggraver temporairement les troubles alimentaires, en accentuant l’anorexie ou la dysphagie et en entraînant des nausées* ou des vomissements*. Cela s’observe avec la chimiothérapie* qui s’administre en cycles* répétés toutes les trois ou quatre semaines : dans les jours suivant chaque traitement, le malade mange moins et maigrit, puis il se remet à manger et reprend du poids, parfois de façon excessive, par un phénomène de « rebond », avant le traitement suivant. Ces excès alimentaires – de « rattrapage » ou favorisés par l’anxiété*, un sevrage tabagique*, une ménopause* simultanée – peuvent aboutir, après plusieurs mois de traitement, à un poids excessif qui doit être limité par des mesures diététiques*. À l’inverse, si le traitement n’est pas assez efficace et si le cancer s’aggrave, le malade continue à maigrir sous l’influence des mêmes facteurs qui s’accentuent et s’additionnent et il peut évoluer vers la cachexie*. Bernard Hœrni

  • Amazones

    Ce peuple mythique, probablement inspiré de peuplades où les femmes jouaient un rôle social prépondérant, est parfois pris comme ancêtres symboliques des femmes subissant une ablation ou amputation* du sein* (mastectomie*) pour un cancer. Elles avaient le sein droit détruit avant son développement, par brûlure ou compression durable. Ainsi pouvaient-elles tirer à l’arc plus commodément ; comme l’écrit Hippocrate*, toute la force et le développement musculaire se portaient plutôt sur l’épaule et le bras. Au xvie siècle, les explorateurs européens de l’Amérique du Sud (Francisco de Orellana en 1541) auraient entrevu de telles troupes de guerrières sur les bords d’un fleuve qu’on appela l’Amazone. Le nom vient de la particularité anatomique : en gr. a-mazos, sans mamelle. Une interprétation psychologique suggère qu’en les privant de leur sein, on les privait de cœur. Les associations d’anciennes malades qui ont subi l’ablation du sein (Vivre* comme avant) préfèrent se donner pour patronne Sainte Agathe*, dont le martyre fut une mutilation de la poitrine, plutôt que de se ranger sous la bannière des Amazones. Bernard Hœrni

  • Ambulatoire

    Par contraste avec l’hospitalisation* traditionnelle, la prise en charge ambulatoire d’un malade, du diagnostic* au traitement* et à la surveillance*, le maintient le plus possible à son domicile*, au sein de son environnement humain et matériel habituel. Ce système est particulièrement justifié pour des personnes gardant un état suffisamment bon, conservant leur autonomie* et ne résidant pas trop loin d’un centre de soins spécialisés. La personne malade continue à résider chez elle tout en se rendant périodiquement, pour une ou quelques heures, dans une clinique ou un hôpital où elle voit un médecin spécialiste* en consultation, subit une exploration ou un traitement (injection de chimiothérapies*, séance quotidienne de radiothérapie*). Cette prise en charge permet parfois de conserver une activité professionnelle, à temps complet ou partiel, en général aménagée, selon ses contraintes et son intérêt. Elle suppose une bonne coordination entre le milieu hospitalier et le médecin généraliste* ou l’infirmière* intervenant à domicile, pour un geste moins spécialisé ou en cas d’urgence*. Bernard Hœrni