• Lettre U
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  • UICC

    (Union Internationale Contre le Cancer). Après le premier congrès international sur le cancer en 1906 et la création par la Société des Nations d’une Commission du Cancer en 1925, l’Union Internationale Contre le Cancer a été fondée en 1934 par les Ligues* anticancéreuses de 34 pays unissant leurs efforts et tenant un premier congrès la même année à Madrid. Une des rares institutions internationales qui a gardé son nom français, cette organisation non gouvernementale (ONG) a pour objectif de favoriser la recherche*, les échanges scientifiques et la lutte médico-sociale contre les cancers. Elle a pris de nombreuses initiatives en matière d’éducation sanitaire, en particulier à l’intention des jeunes, ou en faveur de mesures de Santé* publique, notamment pour le dépistage* des cancers ou contre le tabac*. L’UICC organise un congrès international tous les quatre ans (le seizième à New Delhi en 1994) ainsi que de nombreuses réunions régionales et des ateliers de travail autour d’un thème particulier. À partir de ces réunions l’UICC diffuse des manuels de cancérologie, par exemple pour vulgariser la classification TNM* des tumeurs, des ouvrages techniques et de nombreuses brochures. Elle publie aussi l’International Journal of Cancer, revue scientifique bimensuelle, et des bulletins d’information périodiques. Elle édite un annuaire des institutions consacrées à la lutte contre le cancer dans le monde, régulièrement mis à jour. Son action est coordonnée avec celle de l’OMS*. Bernard Hœrni

  • Ulcère

    Un ulcère correspond à une plaie ouverte sur la peau* ou une muqueuse* qui peut correspondre à un cancer. Il y a beaucoup d’ulcères bénins, par exemple sur des varices. Certains d’entre eux peuvent persister et devenir à la longue des cancers, sur la muqueuse de l’estomac* ou comme un ulcère* phagédénique. Un ulcère malin est souvent indolore, entouré d’une base dure. Il peut s’infecter s’il est exposé à un environnement bactérien* : dans la bouche* ou sur le côlon*, au contact des matières fécales. Il peut saigner, de façon inapparente s’il siège sur un viscère : les saignements (hémorragies*) discrets mais répétés finissent par entraîner une anémie* et une fatigue* qui peuvent être la première cause d’une consultation médicale. Dans d’autres cas, l’ulcère cancéreux entraîne un saignement plus important à cause de la proximité d’un vaisseau*, artère ou veine, de bon calibre. Bernard Hœrni

  • Ulcère Phagédénique

    Cet ulcère tropical est la cause du deuxième cancer statistiquement recensé en Afrique*, après le cancer du foie*. On peut en rapprocher celui de Philoctète, héros de la guerre de Troie. Dépositaire de l’arc d’Héraclès et un des prétendants d’Hélène, il part avec les autres combattants grecs. À une escale, il est piqué au pied par un serpent : la blessure s’infecte et l’odeur* qui s’en dégage devient insupportable ; à l’instigation d’Ulysse, Philoctète est abandonné sur l’île de Lemnos. Les Grecs viendront l’y rechercher une dizaine d’années plus tard pour contribuer de façon décisive à la prise de Troie. Avant ou après cette victoire selon les légendes, son ulcère finit par guérir à la suite d’une excision des chairs putrides et de l’application sur la plaie d’emplâtre végétal. Commençant par une blessure accidentelle, l’ulcère phagédénique siège habituellement à la jambe ou au pied, là où l’os est recouvert par une peau fragile. Il s’étend en surface et en profondeur : c’est un ulcère qui « dévore ». Il est entretenu par une pullulation microbienne de germes ordinaires comme les streptocoques, les staphylocoques ou les colibacilles. Il débute par une bulle séro-sanguinolente (phlyctène) qui crève en laissant une surface à vif, cruentée. Puis apparaît une nécrose* liée à une thrombose* favorisée par les germes. Des épisodes de cicatrisation précaire alternent avec des rechutes. Un mucilage putrilagineux favorise la prolifération des microbes* anaérobies en dégageant une odeur nauséabonde. Il faut des années, souvent même des décennies pour que la dégénérescence* maligne se produise. Elle est signalée par la diminution des complications infectieuses et la constitution, autour de l’ulcère, d’un rebord saillant qui saigne au moindre contact. Des ganglions* (adénopathies*) qui apparaissent à l’aine signent une extension. Durant ces longues années de misère le squelette est également atteint. L’ensemble contraint à une amputation*, si nécessaire accompagnée d’un évidement* ganglionnaire. La prévention de cette évolution cancéreuse est possible, mais elle nécessite une mise au repos qui est difficilement acceptée par les patients pour des raisons économiques. Ils préfèrent dissimuler la lésion ou la traiter par des méthodes empiriques, avec applications d’emplâtres : c’est « le cautère sur une jambe de bois ». À l’époque où l’objectif de l’OMS* est « la santé pour tous en l’an 2000 » par des soins infirmiers* de base, une alimentation* plus équilibrée, de meilleures conditions de travail et surtout un effort d’éducation* sanitaire, le cancer sur ulcère phagédénique devrait disparaître. Jean Plessis

  • Ultrasonographie

    Voir Échographie*.

  • Ultraviolets

    Les rayons ultraviolets (UV) sont des rayonnements* proches de la lumière visible, dont la longueur d’onde est un peu plus courte. Ils se distinguent en ultraviolets A, B ou C : ces derniers, émis par le soleil*, sont arrêtés par la couche d’ozone de l’atmosphère, qui retient aussi une grande partie des UV B. Ceux-ci sont très énergétiques mais ils ne représentent que 2 % des UV (98 % d’UV A) et sont arrêtés par le verre ou la couche superficielle de la peau* (épiderme). Les UV A parviennent au derme mais sont beaucoup moins actifs. La pigmentation des individus noirs ou bruns diminue la pénétration des ultraviolets tandis que les sujets à peau claire (blonds ou roux) sont vulnérables (phototype*). Ces rayonnements entraînent un épaississement de la peau* et peuvent y provoquer des transformations* à l’origine de cancers. Cela justifie une protection vis-à-vis du soleil, en particulier pour les individus les plus sensibles. Des rayons ultraviolets artificiels sont aussi utilisés pour un bronzage en chambre ainsi que pour le traitement de certaines maladies de la peau comme le psoriasis (puvathérapie*). L’utilisation de ces rayonnements est potentiellement dangereuse, elle doit être prudente selon l’appareillage, le type de rayons émis, leur intensité et les durées d’exposition. Bernard Hœrni

  • Union Internationale Contre le Cancer

    Voir UICC*

  • Unités

    On utilise en cancérologie de nombreuses mesures et leurs unités correspondantes. Celles-ci découlent du système SI (Système International), seul système d’unités légal, depuis un décret du 3 mai 1961, en France qui avait été aussi le premier pays à adopter le système métrique, près de deux cents ans plus tôt. Les unités de bases sont le mètre, le kilogramme, la seconde et l’ampère… (MKSA) dont dérivent les autres de façon cohérente. La quantité de matière est exprimée en moles (mol ; 6,02 x 1023 molécules) et en ses sous-multiples millimoles (mmol) et micromoles (mol). Les dimensions d’une tumeur sont habituellement données en centimètres (cm) ou millimètres (mm), son volume* en litres (l), son poids, évalué après son ablation* chirurgicale, en grammes (g) ou kilogrammes (kg). Les caractéristiques d’un malade comportent son poids* en kg et sa taille en mètre (m) ou centimètres (cm), qui permettent de calculer sa surface* corporelle en mètres carrés (m²) pour fixer des doses* de médicaments* en milligrammes (mg) ou grammes par m² (mg/m² ou g/m²). De nombreuses substances sont dosées dans le sang* ou le sérum* et leur concentration est donnée en grammes (g) ou milligrammes (mg), moles, millimoles ou micromoles, par litre (l), millilitre (ml) ou microlitre (µl) ou encore en unités arbitraires, reconnues ou non comme unités internationales (UI). La radiothérapie utilise de nombreuses unités pour définir l’énergie d’un rayonnement en volts (V) ou électron-volts (eV), en becquerels* (Bq) ou curies* (Ci), la dose administrée en sieverts* (Sv) ou rems*, ou la dose absorbée, en grays* (Gy) ou rads* (1 Gy = 100 rads). Toutes ces unités comportent des multiples ou des fractions selon la règle générale (Tableau). L’abréviation des unités commence par une majuscule si elle est dérivée d’un nom propre comme Curie, Gray, Volt ; une abréviation n’est pas suivie de point et ne se met pas au pluriel : 100 grammes mais 100 g ; les sous-multiples commencent par un zéro suivi d’une virgule en français, d’un point en anglais. Bernard Hœrni

    MULTIPLES ET SOUS-MULTIPLES DES UNITÉS

    VALEUR

    Préfixe

    Symbole

    1024 1021 1018 1015 1012 109 106 103 102 101 100 10–1 10–2 10–3 10–6 10–9 10–12 10–15 10–18 10–21 10–24

    ou 1 000 000 000 000 000 000 000 000 ou 1 000 000 000 000 000 000 000 ou 1 000 000 000 000 000 000 ou 1 000 000 000 000 000 ou 1 000 000 000 000 ou 1 000 000 000 ou 1 000 000 ou 1 000 ou 100 ou 10 ou 1 ou 0,1 ou 0,01 ou 0,001 ou 0,000 001 ou 0,000 000 001 ou 0,000 000 000 001 ou 0,000 000 000 000 001 ou 0,000 000 000 000 000 001 ou 0,000 000 000 000 000 000 001 ou 0,000 000 000 000 000 000 000 001

    yotta zetta exa péta téra giga méga kilo hecto déca – déci centi milli micro nano pico femto atto zepto yocto

    Y Z E P T G M k h da – d c m µ n p f a z y

  • Université

    Voir Enseignement*.

  • Urée

    Produit de dégradation du métabolisme* des protéines*, l’urée s’élimine dans les urines. En cas d’insuffisance* rénale due au cancer, son taux augmente dans le sang*. Son dosage permet donc d’apprécier la fonction rénale mais on tend à le remplacer par celui de la créatinine*, plus précis. L’urée est présente en petite quantité dans les aliments, accompagnant les protéines, en particulier dans la viande. Son goût* amer devient très perceptible chez certains malades et explique le dégoût pour les viandes qui accompagne l’évolution de certains cancers. Bernard Hœrni

  • Uretère

    (Cancer de l’). De rares tumeurs malignes* frappent l’un des deux conduits qui véhiculent l’urine du rein* à la vessie* (Figure in Appareil Urinaire*). Ces cancers sont révélés par la présence de sang dans les urines (hématurie). Leur identification est possible par un examen radiographique (urographie* intra-veineuse ou scanographie*). Ils se traitent principalement par chirurgie*, complétée par une radiothérapie* si la tumeur ne peut être enlevée complètement. Le pronostic* dépend de l’étendue de la tumeur. Bernard Hœrni

  • Urétérostomie

    Abouchement d’un ou des deux uretères* à la peau de l’abdomen (stomie*) pour permettre l’évacuation des urines en cas d’obstacle situé plus bas.

  • Urètre

    (Cancer de l’). Cette tumeur maligne* intéresse le canal qui évacue l’urine de la vessie* vers l’extérieur. Elle est rare et se présente différemment chez l’homme et chez la femme suivant l’anatomie des organes génitaux externes. Le cancer de l’urètre se manifeste par une gêne pour uriner ou d’autres troubles locaux (tuméfaction, douleur*, saignement). L’examen clinique suffit à reconnaître la tumeur qu’on confirme par une biopsie*. Le traitement est principalement chirurgical. Le pronostic* dépend de l’étendue de la tumeur qui conditionne les possibilités de traitement. Bernard Hœrni

  • Urgence

    Les cancers sont rarement révélés par un trouble subit qui menace immédiatement la vie et nécessite une mesure rapide pour éviter la mort*. Quelques-uns peuvent toutefois se manifester brutalement par une compression* dans le crâne ou des voies respiratoires, entraînant une asphyxie, par une hémorragie* importante, une occlusion* intestinale, une compression de la moelle* épinière qui nécessitent des traitements urgents pour éviter des complications graves irréversibles. L’urgence peut être psychologique quand une femme découvre une boule dans son sein* qui lui fait immédiatement craindre une tumeur avec ses conséquences (mutilation, mort* possibles) : elle n’aura pas de repos avant de voir un médecin et d’être rassurée ou du moins renseignée. Quand le cancer est connu, les mêmes complications peuvent apparaître ou d’autres, comme une hypercalcémie* ou une douleur* très intense. Certaines sont dues au traitement : aplasie* médullaire et infection* grave, complication postopératoire. La plupart de ces manifestations sont assez importantes pour motiver une consultation médicale rapide. Il est souvent nécessaire de procéder à une hospitalisation* d’urgence pour des soins intensifs, éventuellement après un premier traitement fait immédiatement à domicile*. Bernard Hœrni

  • Urinaire

    (Appareil). L’appareil urinaire est un ensemble d’organes qui assure la production et l’élimination de l’urine (Figure). Tous peuvent être atteints par un cancer avec une fréquence inégale. Les cancers du rein* sont fréquents, y compris chez l’enfant* (voir Néphroblastome*) de même que ceux de la vessie*, favorisés par le tabac*. Plus rares sont les tumeurs des conduits unissant les reins et la vessie (uretères*) puis évacuant l’urine de la vessie à l’extérieur (urètre*). L’urine permet l’élimination de produits toxiques comme l’urée*, certains dérivés de médicaments* ou de la fumée de tabac (ce qui explique les cancers de la vessie des fumeurs*). Elle est élaborée par les reins et sa production est altérée en cas d’insuffisance* rénale. L’appareil urinaire peut être modifié par un cancer voisin (de l’abdomen* ou du petit bassin*, de ganglions*, des ovaires*, du tube digestif*, de la prostate*) qui s’accompagne d’une compression* gênant l’écoulement de l’urine. Bernard Hœrni

  • Urographie

    Radiographie* de l’appareil urinaire*, reins* et voies urinaires (uretères*, vessie*), elle se fait grâce à l’injection intra-veineuse (d’où le nom usuel d’urographie intra-veineuse ou UIV) d’un produit opaque aux rayons* X qui s’élimine par l’urine dans l’heure suivant l’injection. Cet examen a perdu de son importance depuis la pratique de la scanographie*, qui permet la même opacification et des coupes radiographiques des organes urinaires à différentes hauteurs du corps. Bernard Hœrni

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