• Lettre W
  • Page 1 sur 1
  • Waldenström

    (Jan, 1906-1996). Né dans une famille de médecins, cet hématologiste* suédois se consacre à une approche biochimique* de la médecine clinique, ce qui lui permet d’individualiser plusieurs maladies nouvelles. Il étudie les anémies* puis décrit en 1944 deux cas de maladies qui se rapprochent du myélome* mais sont caractérisées par une protéine* de poids moléculaire élevé : ce sera la macroglobulinémie ou maladie de Waldenström*. La suite de sa carrière sera consacrée à de nombreux travaux sur les gammapathies*. Il citait volontiers à ses étudiants une inscription tombale : « J’étais bien, mais je voulais être mieux ; c’est pourquoi je suis ici ».

  • Waldenström (maladie de)

    Décrite en 1944 par le médecin suédois Jan Waldenström* dont elle a pris le nom, cette maladie est un cancer des lymphocytes* proche des leucémies* et des myélomes*. Elle se caractérise par un anticorps* monoclonal* que l’on trouve dans le sang* et qui est un marqueur* de la tumeur lymphoïde : elle entre ainsi dans le cadre des dysglobulinémies*. Elle est rare (un cas annuel pour 100 000 personnes) et survient après 50 ans, deux fois plus souvent chez l’homme que chez la femme. Aucune cause n’est reconnue mais quelques cas familiaux sont mentionnés. Dans les années 1970, cette maladie a frappé plusieurs chefs d’État (Pompidou*, Boumediene*, Muhammad Reza*) par coïncidence, sans rapport avec leurs activités. On la découvre dans deux conditions : le malade présente une fatigue*, une anémie* et le médecin qui l’examine découvre qu’il a une grosse rate* ; ou bien c’est une analyse de sang* faite à titre systématique qui révèle des anomalies, notamment une augmentation importante de la vitesse* de sédimentation. L’examen clinique peut constater une tuméfaction de quelques ganglions* ou des amygdales*. L’examen des protéines* du sang par une électrophorèse montre une importante élévation des gammaglobulines (dysglobulinémie*) et précise qu’elle est due à une augmentation homogène, monoclonale, d’immunoglobulines* ou anticorps de la classe µ, produits par les cellules cancéreuses : ce sont des anticorps lourds composés par la réunion de cinq molécules (pentamère) d’anticorps ordinaires, sécrétés par exemple dans un myélome ; cette sécrétion fait encore donner à cette maladie le nom de macrogobulinémie. Un prélèvement (biopsie*) de moelle* osseuse montre qu’elle est envahie par des cellules lymphoïdes, intermédiaires entre lymphocytes* et plasmocytes*, qui fabriquent cet anticorps ; cette infiltration étouffe les cellules sanguines normales et entraîne dans le sang une anémie* et une diminution des autres globules* blancs et des plaquettes*. L’immunoglobuline en excès trouble la viscosité et la circulation du sang et peut se déposer dans différents organes en y provoquant des anomalies variées mais rares. L’évolution de la maladie est très lente. Si aucun trouble n’est observé, le patient peut être dispensé de tout traitement, du moins jusqu’à ce que des manifestations gênantes apparaissent. Le traitement repose sur une chimiothérapie* générale, légère et bien supportée mais prolongée. Les médicaments* les plus utilisés sont les hormones* corticoïdes*, le chlorambucil* et le cyclophosphamide*. Après une dizaine d’années d’évolution bien contrôlée, l’affection s’aggrave, devient moins sensible au traitement, se complique d’insuffisance importante des globules* sanguins normaux, d’infections* ou d’hémorragies* ou présente une transformation* aiguë en lymphome* malin. Ces complications se répètent, s’aggravent et entraînent le décès. Bernard Hœrni

  • Waldeyer

    (Wilhelm, 1836-1921). Anatomiste et biologiste allemand qui individualise l’anneau* de tissu lymphatique* situé dans la gorge* qui prendra son nom. Étudiant le système nerveux, il crée le terme de neurone pour désigner les cellules des nerfs* et celui de chromosome* en 1888. Il reprend la théorie de Virchow* pour l’origine des cancers à partir d’une cellule* transformée* et la nuance : alors que Virchow soutenait que la plupart des cancers trouvaient leur origine dans des cellules du tissu conjonctif* (sarcomes*), Waldeyer soutient que le plus souvent ils viennent de la dégénérescence* de cellules d’un épithélium* (carcinomes*), ce qui sera confirmé. Bernard Hœrni

  • Warburg

    (Otto Heinrich, 1883-1970). Biochimiste allemand qui a consacré la plupart de ses travaux à la respiration et au métabolisme* des cellules*. S’intéressant plus spécialement à leur consommation d’oxygène, il constate que les cellules cancéreuses ont un métabolisme* anaérobie (sans oxygène) préférentiel et développe ses idées dans un ouvrage Sur le métabolisme des tumeurs, publié à Berlin en 1926. Lauréat du prix Nobel* de chimie en 1931, il poursuivra ses études en isolant une enzyme* importante, la cytochrome-oxydase, et en définissant le rôle de co-enzyme de l’acide nicotinique. Bernard Hœrni

  • Warthin

    (Tumeur de). Voir Adénolymphome*.

  • Watelet

    Voir Bastien*-Lepage.

  • Watson

    (James Dewey, 1928- ). Biochimiste et généticien américain venu en stage à Cambridge dans le laboratoire de Francis Crick* avec lequel il propose le modèle de la double hélice pour la structure de l’ADN*, jetant les bases de la biologie* moléculaire et permettant une compréhension plus fine des cancers. C’est dans deux articles parus dans la revue Nature les 25 avril et 30 mai 1953 que les deux auteurs proposent pour l’ADN des chromosomes* une structure hélicoïdale qui permet de comprendre comment le matériel génétique se reproduit et se dédouble au moment de la division cellulaire (mitose*). Ce schéma qui sera confirmé par la suite et vaudra à ses auteurs le prix Nobel* de médecine en 1962 – partagé avec le chimiste Wilkins qui les a aidés par ses analyses de cristallographie par rayons* X de la molécule d’ADN – explique la pérennité de l’information génétique et l’hérédité* et comment elle est perturbée au cours des cancers, par l’intermédiaire des gènes* correspondants (oncogènes*, gènes suppresseurs*). Devenu en 1956 professeur de biologie à Harvard, Watson crée en 1968 à Cold Spring Harbor un laboratoire qui devient fameux. Il est nommé en 1989 directeur adjoint de l’Institut national de santé américain pour promouvoir le programme international Génome humain, mais démissionne de ce poste en avril 1992 pour s’opposer à la décision de breveter des fragments d’ADN. Il continue à travailler sur les gènes inducteurs et suppresseurs de cancers. Bernard Hœrni

  • Wayne

    (John, 1907-1979). Acteur de cinéma, héros de nombreux westerns, il présente à la fin de sa vie un cancer qui le tuera. Après un premier traitement et pendant une rémission* il tourne Le dernier des géants, film* où il joue le rôle d’un gunfighter blessé à mort par un cancer, mêlant la réalité à la fiction. Son nom sera donné à l’institut du cancer de Santa Monica en Californie.

  • Wenner

    (Prix Robert). Prix de la Ligue suisse contre le cancer, fondé à sa mort en 1979 par le professeur de gynécologie et d’obstétrique de Bâle dont il a pris le nom. Décerné pour la première fois en 1983, il distingue des chercheurs suisses ou travaillant en Suisse, de moins de 45 ans, s’étant illustrés en recherche fondamentale ou appliquée de cancérologie.

  • Wertheim

    (Ernst, 1864-1920). Gynécologue autrichien qui met au point et propose en 1900 une intervention étendue (hystérectomie* élargie) pour traiter les cancers de l’utérus* en enlevant, avec l’organe malade, les tissus et ganglions* lymphatiques voisins.

  • Wilms

    (Tumeur de). Autre nom du néphroblastome* individualisé en 1899 par le médecin allemand Max Wilms (1867-1918).

Résultats 1 - 11 sur 11.