COVID-19 au quotidien

Nous mettons à jour cette page quotidiennement. Si vous avez des demandes particulières, indiquez-les en commentaires plus bas.

 

1/ Recommandations et outils de sociétés savantes et organismes:

En préambule, il faut rappeler que la situation sanitaire et les connaissances évoluent d’heure en heure. Les contextes varient également entre chaque établissement et régions. Il est donc extrêmement difficile d’émettre des recommandations. Celles-ci sont amenées à évoluer, nous vous conseillons de surveiller les sites des sociétés savantes pour avoir les mises à jour.
Au final, notre principal conseil est de se reposer sur les RCP locales au temps donné, au cas par cas et de partager les questions les plus difficiles avec vos collègues des hôpitaux avoisinants si difficultés.

  • La page dédiée de l’INCa
  • La page dédiée de l’ESMO
  • La page dédiée l’ASCO

2/ Epidémiologie en direct

  • En France, le site de Santé Publique France et en particulier l’outil GEODES (en bas de la page) vous permet de suivre l’évolution en nombre de cas, de places en réanimation etc…
  • Le site des Décodeurs du Monde
  • Situation épidémiologique mise à jour au quotidien par l’European Centre for Disease Prevention and Control
  • De même avec le dashboard du John Hopkins ou cet autre site
  • Le suivi de la situation en Italie. On notera qu’au 26/03, 85% des décès en Italie ont toujours lieu dans le nord, en Lombardie, Emilie-Romagne et Vénétie. L’âge médian de décès est de 78 ans. 98% présentaient des co-morbidités (attention au biais de sélection des patients réanimatoires). Parmi les plus fréquentes chez les patients décédés on retrouve l’HTA chez 73%, diabète 31%, IDM 28%, AC/FA 24%, I Rénale Chronique 22%. 30% des patients étaient sous IEC, 17% sous sartans (possiblement sous-estimé par un biais de mémoire).
  • Concernant le calcul du CFR (case-fatality ratio, risque de décès si cas symptomatique) et IFR (infection-fatality ratio, risque de décès si infection symptomatique ou non), plusieurs équipes ont exploitées les données provenant du Diamond Princess. Vous trouverez une discussion intéressante sur le sujet dans Nature. Et une pré-publication estimant le CFR et l’IFR autour de respectivement 1.1-2.3% et 0.5-1.2% environ.

3/ Revues de la littérature et newsletters

 

4/ Publications COVID-19 chez les patients atteints de cancer :

Très peu de données sont disponibles à l’heure actuelle, aucune conclusion n’est possible à l’heure actuelle.

Voici le premier article sur 18 patients COVID-19 avec un antécédent de cancer et les réponses associées :

Une cohorte de 12 malades:

Une réflexion sur comment nous devrions prioriser nos prises en charge.

Les données épidémiologiques aux EUA retrouvent parmi le 74 439 patients COVID+ étudiés seulement 29 avec un cancer ou un antécédent de cancer soit 0.04%.

 

5/ COVID-19 resource centers (articles gratuits sur la pandémie) :

 

6/ Autres articles :

Biologie

  • Un article sur la stabilité du virus. La demi-vie médiane du SARS-CoV-2 était d’environ 1 heure sous forme d’aérosol. Aucun virus viable n’a été détecté après 4 heures sur cuivre, 24 heures sur carton et 72 heures sur plastique et acier inoxydable.
  • Un site bien fait analysant la génomique des échantillons de SARS-CoV-2 prélevés à travers le monde (>1000 déjà) et donc son évolution. Cette analyse permet de suivre l’épidémie et de caractériser la vitesse d’évolution génétique du virus. Avec des rapports réguliers en français. Un article commentant l’évolution génomique de ce virus qui deviendra vraisemblablement le cinquième coronavirus endémique humain.
  • Un article sur son origine animale, l’article de Science montrant la très forte homologie avec des coronavirus récemment identifiés chez les pangolins de Malaisie et du Guangdong ainsi qu’une entrevue du Pr Sicard sur l’importance de mieux comprendre le réservoir animal.
  • Des données montrant un temps d’incubation d’environ 5 jours ici ou
  • Un papier intéressant montrant la vitesse de décroissance du portage du virus dans la bouche, la cinétique d’apparition des IgM/IgG. Le taux le plus élevé de virus était dans la première semaine puis décroissait doucement pendant 3 semaines. Les taux étaient plus élevés avec l’âge. Quant aux sérologies, elles se positivaient en une dizaine de jours. Autour de 17-20 jours dans cet autre papier. Deux autres papiers sur les sérologies ici et .
  • Le SARS-CoV-2 provoque une lymphopénie, notée par de nombreuses publications, ciblant les CD4+ et les CD8+.

Epidémiologie et aspects radiologiques

Réflexions globales

  • Un article intéressant de John Ioannidis, alertant sur les risques liés aux informations imprécises, voire erronées, obtenues dans l’urgence et sur le risque consécutif de réaction inadaptée. Son article est polémique car il semble sous-estimer la pandémie qui nous frappe mais la réflexion globale sur la disparition de l’evidence-based medicine en cette période est intéressante. La réponse contradictoire de Marc Lipsitch dans STATnews, et son article préalable en Février dans lequel il prédisait que la moitié de l’humanité sera infectée.
  • La modélisation de l’Imperial College de la courbe des cas graves nécessitant une place en réanimation en fonction des mesures de confinement
  • Une proposition de mise en place d’une stratégie systématique de dépistage généralisé dans la population du SARS-CoV-2 afin de contrôler l’épidémie (et applicable à de futures épidémies).
  • Un article sur le retard au diagnostic des infarctus à Hong Kong en période de coronavirus (et donc aussi le risque de retard au diagnostic des cancers dans notre pratique). Il faut 4 fois plus de temps entre le début des symptômes et le 1er contact médical en période de COVID-19.

Thérapeutique

  • La page de notre partenaire, Medscape.
  • Résultats négatifs de l’essai clinique ritonavir/lopinavir. Environ 200 adultes hospitalisés en Chine avec le COVID-19 et soit (i) une saturation en oxygène de <=94%, soit (ii)un ratio PaO2/FiO2 < 300. Randomisés entre soins standard seuls et soins standards + lopinavir/ritonavir. Le critère de jugement principal était le délai avant l’amélioration clinique. Pas de différence entre les groupes (médiane, 16 jours). La mortalité à 28 jours était inférieure avec le lopinavir – ritonavir mais non statistiquement significative (19% avec le lopinavir – ritonavir versus 25%). Le temps à amélioration clinique semblait légèrement plus court avec le lopinavir – ritonavir d’une journée. Un taux d’arrêt du traitement de 14% pour toxicités (digestives principalement).
    Le lopinavir – ritonavir n’est peut-être pas inefficace. Les auteurs ont choisi une population à très haut risque, avancée, avec une fonction pulmonaire déjà réduite comme le montre la mortalité de 25% dans le groupe témoin. A un stade aussi avancé, difficile pour une drogue de montrer son efficacité. Malheureusement, un autre petit essai contrôlé, randomisé du ritonavir/lopinavir, encore une fois décevant, cette fois-ci chez des patients pauci-symptomatiques. Des essais se poursuivent.
  • Les données hydroxychloroquine +/- azithromycine de Marseille en pré-publication. Il ne s’agit pas d’un essai contrôlé ni randomisé. Il s’agit d’une petite cohorte de patients de Marseille comparée à une cohorte de patients non traité par hydroxychloroquine d’autres hôpitaux. De plus, le critère d’évaluation rapporté est le suivi de la PCR SARS-CoV-2 et non la morbi/mortalité ou le temps à amélioration clinique. Une autre cohorte a été publiée. Les résultats d’un essai en Chine sont en pré-publication. L’essai apparait positif mais il reste des écueils à régler en particulier sur les tests statistiques utilisés, l’utilisation d’un placebo et le critère d’évaluation composite avec une composante subjective (toux).
  • Plusieurs essais de validation indépendants sont en cours entre autres à Lille et Barcelone avec des résultats probablement en avril. L’avis des académies de Médecine et de Pharmacie.
    Quant au remdesivir de Gilead, les résultats des essais seront pour mi avril vraisemblablement. Avec des données in vitro positives contre le SARS-CoV-2 pour le remdesivir comme la chloroquine. Une comparaison de l’activité in vitro du remdesivir, du ritonavir, du lopinavir et de l’interféron bêta sur le MERS-CoV. Des données chez le Singe rhésus sont intéressantes pour le remdesivir contre le MERS-CoV.
    Rappelons que l’essai européen adaptatif en cours auquel participe le réseau français REACTing (DISCOVERY) randomise 5 bras : soins actifs vs remdesivir vs lopinavir/ritonavir vs lopi/rito/intereferon beta vs hydroxy-chloroquine. Un autre essai (SOLIDARITY) évalue les mêmes drogues dans les autres régions du monde.
  • Une cohorte concernant le meplazumab, un Ac anti-CD147 qui permettrait une clearance virale plus rapide.
  • Une piste intéressante: la thérapie par plasmas de patients guéris. Une courte revue sur le procédé ainsi qu’un édito dans JAMA. Une méta-analyse sur la place de la plasmathérapie dans le SRAS et la grippe. 245 malades ont été traités en Chine (non publié). Une cohorte de 10 malades COVID-19 traités en pré-publication et une de 5 publiée dans JAMA. Cette procédure reste très lourde.
  • Après avoir rapporté la structure de la principale protéase du SARS-CoV-2, des chercheurs chinois ont développé inhibiteur puissant de cette protéase, qui peut être administré par inhalation ou par voie intra-veineuse avec un tropisme pulmonaire significatif. Néanmoins, il s’agit de données in vitro et chez la Souris, le chemin jusqu’à un large essai clinique est encore long.
  • Facteurs de risque de SDRA avec le COVID-19. Dans cette série, il apparaissait que l’âge avancé (≥ 65 ans), la fièvre élevée (≥ 39 ° C), les comorbidités (par exemple, hypertension, diabète), l’augmentation des neutrophiles, la lymphopénie, les anomalies biologiques d’organes (cytolyse, urémie, LDH), les signes biologiques d’inflammation (CRP, ferritine) et élévation des D-dimères étaient associés à des risques plus élevés de développement de SDRA. Idem avec une autre publication qui retrouve comme facteurs associés au risque de décès l’âge avancé, la dyspnée, un satO2 plus basse, une leucocytose, une lymphopénie, une CRP élevée.
  • Une revue du NEJM sur la question de la place des IEC et ARA2 dans la prise en charge des patients COVID-19.
  • Et un numéro de JAMA Cardiology avec plusieurs articles sur les complications cardiaques du COVID-19.

 

5/ Appels à projets :

 

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